La couronne d'Angleterre tendait les bras à Liverpool avant que le nouveau coronavirus ne mette le football sur pause en Europe en mars. Les Reds comptaient 25 points d'avance sur leur dauphin Manchester City à l'issue d'une série jusqu'alors quasi-parfaite (1 défaite et 1 nul en 29 matches joués).

Comme les supporters de Liverpool, Jürgen Klopp s'est demandé si le destin n'allait pas, une fois de plus, venir tout gâcher.

"J'ai commencé à vraiment m'inquiéter quand des gens ont commencé à parler d'une saison annulée et blanche (...) Je le ressentais même physiquement, parce que cela aurait été vraiment, vraiment, vraiment dur", a admis récemment l'entraîneur de Liverpool.

"Quand cette idée a été définitivement abandonnée, j'ai été très soulagé", a-t-il ajouté.

Ce sacre gardera un goût doux-amer car il n'y avait personne dans les tribunes pour y assister, et personne dans les rues pour acclamer les héros.

Mais si la fête attendra, ce titre a permis de renvoyer certains souvenirs douloureux au rang de péripéties de l'Histoire.

La diatribe de Rafael Benitez

Quatorze ans avant Klopp, l'Espagnol Rafael Benitez a emmené Liverpool sur le toit de l'Europe, en 2005, et deux fois sur le podium national (troisième en 2006 et 2007).

Puis, lors de la saison 2008-2009, il a été toute la saison au coude à coude pour le titre avec le Manchester United d'Alex Ferguson, qui a fini par remporter cette guerre des nerfs.

En janvier, alors que Liverpool était en tête, le technicien espagnol s'était soudainement lancé dans une tirade enflammée contre son ennemi intime, égrenant des "faits" censés prouver l'attitude détestable de Ferguson à l'égard du corps arbitral et le calendrier accommodant des Red Devils.

"Je n'arrivais pas à en croire mes oreilles", a plus tard écrit dans une autobiographie Steven Gerrard, le capitaine à l'époque.

"Je m'agrippais à mon canapé, les doigts enfoncés dans les accoudoirs, j'avais honte pour lui".

La raison de ce dérapage en direct? L'Ecossais avait affirmé que les Reds craqueraient dans le sprint final.

Malheureusement pour Liverpool, la suite a donné raison à l'Ecossais matois: les Reds ont alors enchaîné trois nuls, redonnant l'ascendant à Manchester, et malgré 10 victoires sur leurs 11 derniers matches, dont un 4-1 à Old Trafford, ils ont fini à quatre points des Red Devils.

La glissade de Gerrard

Cinq ans plus tard, Liverpool a frôlé le Graal d'encore plus près.

Après 11 victoires de suite, le Liverpool de Brendan Rodgers avait cinq points d'avance sur son dauphin Chelsea au moment de le recevoir pour la 36e journée, avec Manchester City, qui comptait un match en retard, en embuscade.

L'entraîneur des Blues, José Mourinho, avait laissé ses cadres au repos avant la demi-finale retour en Ligue des champions contre l'Atlético Madrid. Mais le match, et la saison, ont basculé juste avant la pause.

Flashback: Gerrard laisse filer sous son pied une passe anodine de Mamadou Sakho au milieu du terrain et s'emmêle les crayons en essayant de rattraper son erreur. Demba Ba profite de l'aubaine et file tromper Simon Mignolet.

Ce match perdu (2-0) laisse à Liverpool un joker en poche, mais les Reds le gâchent la semaine suivante en dilapidant un avantage de 3-0 contre Crystal Palace.

Le 3-3 final permet à City de les dépasser et de remporter le titre pour deux points.

Quand 97 points ne suffisent pas

Enfin, l'an dernier, Liverpool a établi un record bien inutile: celui du plus grand nombre de points marqués sans être champion (97).

Il s'agit même du troisième meilleur total toutes positions confondues de l'histoire de la Premier League. Sauf que cette même saison, City a fait mieux, avec 98 unités.

Cette saison, les hommes de Jürgen Klopp n'ont rien lâché. Ils ont déjà 86 points après 31 journées. Il leur reste sept matches pour établir un nouveau record absolu.

La couronne d'Angleterre tendait les bras à Liverpool avant que le nouveau coronavirus ne mette le football sur pause en Europe en mars. Les Reds comptaient 25 points d'avance sur leur dauphin Manchester City à l'issue d'une série jusqu'alors quasi-parfaite (1 défaite et 1 nul en 29 matches joués).Comme les supporters de Liverpool, Jürgen Klopp s'est demandé si le destin n'allait pas, une fois de plus, venir tout gâcher."J'ai commencé à vraiment m'inquiéter quand des gens ont commencé à parler d'une saison annulée et blanche (...) Je le ressentais même physiquement, parce que cela aurait été vraiment, vraiment, vraiment dur", a admis récemment l'entraîneur de Liverpool. "Quand cette idée a été définitivement abandonnée, j'ai été très soulagé", a-t-il ajouté.Ce sacre gardera un goût doux-amer car il n'y avait personne dans les tribunes pour y assister, et personne dans les rues pour acclamer les héros.Mais si la fête attendra, ce titre a permis de renvoyer certains souvenirs douloureux au rang de péripéties de l'Histoire.La diatribe de Rafael BenitezQuatorze ans avant Klopp, l'Espagnol Rafael Benitez a emmené Liverpool sur le toit de l'Europe, en 2005, et deux fois sur le podium national (troisième en 2006 et 2007).Puis, lors de la saison 2008-2009, il a été toute la saison au coude à coude pour le titre avec le Manchester United d'Alex Ferguson, qui a fini par remporter cette guerre des nerfs.En janvier, alors que Liverpool était en tête, le technicien espagnol s'était soudainement lancé dans une tirade enflammée contre son ennemi intime, égrenant des "faits" censés prouver l'attitude détestable de Ferguson à l'égard du corps arbitral et le calendrier accommodant des Red Devils."Je n'arrivais pas à en croire mes oreilles", a plus tard écrit dans une autobiographie Steven Gerrard, le capitaine à l'époque."Je m'agrippais à mon canapé, les doigts enfoncés dans les accoudoirs, j'avais honte pour lui".La raison de ce dérapage en direct? L'Ecossais avait affirmé que les Reds craqueraient dans le sprint final.Malheureusement pour Liverpool, la suite a donné raison à l'Ecossais matois: les Reds ont alors enchaîné trois nuls, redonnant l'ascendant à Manchester, et malgré 10 victoires sur leurs 11 derniers matches, dont un 4-1 à Old Trafford, ils ont fini à quatre points des Red Devils.La glissade de GerrardCinq ans plus tard, Liverpool a frôlé le Graal d'encore plus près.Après 11 victoires de suite, le Liverpool de Brendan Rodgers avait cinq points d'avance sur son dauphin Chelsea au moment de le recevoir pour la 36e journée, avec Manchester City, qui comptait un match en retard, en embuscade.L'entraîneur des Blues, José Mourinho, avait laissé ses cadres au repos avant la demi-finale retour en Ligue des champions contre l'Atlético Madrid. Mais le match, et la saison, ont basculé juste avant la pause.Flashback: Gerrard laisse filer sous son pied une passe anodine de Mamadou Sakho au milieu du terrain et s'emmêle les crayons en essayant de rattraper son erreur. Demba Ba profite de l'aubaine et file tromper Simon Mignolet.Ce match perdu (2-0) laisse à Liverpool un joker en poche, mais les Reds le gâchent la semaine suivante en dilapidant un avantage de 3-0 contre Crystal Palace.Le 3-3 final permet à City de les dépasser et de remporter le titre pour deux points.Quand 97 points ne suffisent pasEnfin, l'an dernier, Liverpool a établi un record bien inutile: celui du plus grand nombre de points marqués sans être champion (97).Il s'agit même du troisième meilleur total toutes positions confondues de l'histoire de la Premier League. Sauf que cette même saison, City a fait mieux, avec 98 unités.Cette saison, les hommes de Jürgen Klopp n'ont rien lâché. Ils ont déjà 86 points après 31 journées. Il leur reste sept matches pour établir un nouveau record absolu.