La rédac' de Sport/Foot Mag n'a accordé des notes qu'aux joueurs qui étaient vraiment nouveaux cet été. Les joueurs U18 n'ont pas été évalués car jugés trop jeunes pour l'être.
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Cet été, nous avons sciemment opté pour un autre type de transferts. Moins de valeurs confirmées et un peu plus de jeunes joueurs, auxquels il faut pouvoir laisser un peu plus de temps, mais qui peuvent par contre permettre de faire des plus-values à terme. On s'est aussi contenté d'un seul joueur en prêt, Ally Samatta. Concrètement, ça signifie qu'on a attiré sept joueurs de moins de 23 ans, quelques autres un peu plus âgés, mais toujours dans la vingtaine, et Radja Nainggolan comme unique trentenaire. Notre noyau est désormais plus équilibré, il y a de la qualité et de la concurrence à presque tous les postes, parfois même trop dans certaines zones du terrain. Tout ça fait qu'on n'aborde pas l'hiver avec le couteau sous la gorge. Si une opportunité se présente, on sera prêts à la saisir, mais on ne doit pas absolument bouger en janvier. La qualité du noyau est élevée, ce qui fait que plusieurs jeunes comme Michel-Ange Balikwisha ou Johannes Eggestein ne peuvent pas très souvent montrer en match les bonnes choses qu'on voit à l'entraînement. Les médias et les supporters pourraient ainsi penser qu'au vu du rapport qualité-prix, Balikwisha apporte trop peu, mais on est très contents de lui. Ce n'est que sa deuxième année en D1A, sa première avec des supporters et il vient de débarquer dans un autre club, où on parle une autre langue. Des joueurs comme Benson Manuel, Martin Hongla ou Didier Lamkel Zé avaient aussi eu besoin de temps pour s'adapter. Il faut le voir comme un investissement à long terme. "Nous n'avons pas besoin de directeur sportif", entendait-on dans les couloirs du Bosuil à l'aube d'un mercato qui, pour la première fois depuis le retour au sein de l'élite, allait se dérouler sans le concours de LucienD'Onofrio. Le tout avec un chantier énorme à boucler, étant donné les nombreux prêts qui composaient le noyau du Great Old. Treize nouvelles têtes ont endossé la tunique rouge du matricule 1, venus d'horizons épars et avec un succès aléatoire. Il y a d'abord les noms ronflants, celui de RadjaNainggolan en tête. Plus souvent blessé que performant, le Ninja et son salaire XXL n'ont pas encore le goût de la réussite, pas plus qu'un AllySamatta qui commence seulement à se montrer décisif ou qu'un BjörnEngels loin de l'époque où on en faisait un Diable rouge potentiel. Dans cette catégorie, seul ViktorFischer émerge actuellement au rang des réussites. Si aucun ne fait actuellement figure de titulaire indiscutable, les jeunes Michel-AngeBalikwisha, SamVines, JelleBataille, PierreDwomoh ou AlhassanYusuf grattent du temps de jeu, sans toujours briller, mais laissent envisager un avenir plus ou moins radieux dans la Métropole. Des investissements qui restent en tout cas plus rationnels que les millions excessifs dépensés pour s'offrir les services de DorianDessoleil en bout de mercato, transfert aux relents de panique aux antipodes d'un MichaelFrey attiré très tôt, et devenu contre toute attente l'un des coups les plus fumants du grand marché d'été. Pourquoi n'avons-nous effectué que six transferts entrants? La pandémie ne nous a évidemment pas aidés mais surtout, nous possédions déjà un bon noyau et nous avons donc décidé de ne renforcer que certains postes spécifiques. Je suis très satisfait de leur apport. Intégrer des joueurs à un championnat aussi dur que le nôtre demande du temps, mais ils ont tous eu l'occasion de fouler la pelouse et ont tous inscrit au moins un but cette saison, apportant leur quote-part à nos résultats. Ils ont des qualités très différentes. Il m'est donc difficile d'en sortir un du lot. En fait, ils m'ont tous agréablement surpris. Leistner par son leadership sur le terrain et en dehors, Bauer par son don naturel, qui lui permet de bien jouer à plusieurs postes, le jeune Reitz par sa maturité. Hara, que je connais depuis qu'il a quinze ans et qu'il fréquentait l'académie du FC Tokyo, s'est rapidement développé. Hayashi est un travailleur et déborde d'énergie. Quant à Koita, il peut être imprévisible. Koita doit-il apporter encore plus? Il a dû s'adapter à une nouvelle équipe, à un autre environnement. À son arrivée, il était en plus handicapé par une légère blessure. Il progresse de jour en jour et a montré ce dont il était capable contre l'Antwerp. Il a parcouru la moitié du terrain ballon au pied, a dribblé les défenseurs et a joliment conclu son action. Depuis qu'ils sont aux mains de DMM.com, les Trudonnaires avaient coutume d'ouvrir grand les portes du Stayen en été, pour quiconque pouvait leur rapporter de l'argent par la suite. Contrairement aux années précédentes, le STVV n'a pas fait de folies lors du dernier mercato. Le management a changé de stratégie depuis le passage de PeterMaes: il transfère des jeunes talents susceptibles d'être revendus avec bénéfice, mais aussi des joueurs dénués de plus-value à l'avenir. Il faut dire que cet été, le STVV a été particulièrement intelligent dans ses emplettes. Grâce au réseau de BerndHollerbach, le club a pu enrôler gratuitement les Allemands Bauer et Leistner et louer Reitz gratuitement pour une saison au Borussia Mönchengladbach. Reitz ne s'est pas encore vraiment imposé, mais tant Bauer que Leistner sont des réussites. Il serait prématuré de classer Koita, le seul footballeur pour lequel le STVV a dépensé une forte somme, selon ses normes, mais son transfert ne peut pas non plus être qualifié de réussite jusqu'à présent. Par contre, Hara et Hayashi jouent bien et devraient encore améliorer leurs statistiques. Le meilleur transfert du management japonais est toutefois celui de l'entraîneur, Hollerbach, et de ses adjoints allemands DennisSchmitt, assistant, et SebastianKlein, préparateur physique. Quand on dresse le bilan d'un mercato après si peu de temps, il faut être prudent et prendre en compte le fait que de nouveaux joueurs qui débarquent dans un nouvel environnement ont besoin d'un temps d'acclimatation. Dans tous les cas, je trouve que nos transferts cette saison sont des succès car tous se sentent pleinement concernés. Ils se soucient du club, de leurs coéquipiers, du coach. Et bien sûr, ils ont apporté leurs qualités à notre noyau et ce même si certains doivent encore se montrer patients étant donné que l'équipe fonctionne bien actuellement. Les plus grandes satisfactions? Je ne préfère pas citer de noms, ce ne serait pas un bon message à envoyer, c'est dangereux. Après, il est évident que certains se sont déjà plus mis en valeur que d'autres et ont obtenu plus de temps de jeu. Mais tout le monde continue de bien travailler et nos sessions d'entraînement sont très compétitives. Chacun des nouveaux venus a déjà été utilisé, que ce soit en Coupe ou évidemment en championnat. Ceux qui jouent moins doivent toutefois encore se montrer patients puisque nous avons été éliminés en Coupe et qu'il ne nous reste plus que la D1A. Il est possible que d'autres joueurs arrivent prochainement, mais nous ne ferons pas de transferts juste parce que c'est le mercato d'hiver. Il faudra que ces éventuels nouveaux soient à même de nous apporter un plus, soit immédiatement, soit à plus long terme. Felice Mazzù n'est pas un grand adepte de la rotation et seuls 17 joueurs différents ont déjà entamé une rencontre de D1A cette saison. Parmi les nouveaux, le Japonais Mitoma, débarqué mi-septembre en prêt de Brighton & Hove, a fait forte impression, même s'il n'a été titularisé qu'à quatre reprises. Il a fait basculer à lui le seul le match contre Seraing en inscrivant un triplé et ses montées au jeu ont été plusieurs fois déterminantes. Nieuwkoop est une autre satisfaction. Arrivé gratuitement de Feyenoord, où il était en fin de contrat, il a dû patienter jusqu'à la sixième journée pour figurer dans le onze de départ, mais est depuis indéboulonnable sur son flanc droit. Marcq, que le coach connaît sur le bout des doigts depuis leur passage commun à Charleroi, n'a pas non plus été titulaire immédiatement, mais le Français s'est peu à peu rendu indispensable par son travail de sape et son abnégation. Toujours dans l'entrejeu, Lazare, prêté par Charleroi, avait bien débuté avec un superbe but sur la pelouse d'Anderlecht. L'Ivoirien n'a toutefois pas su saisir sa chance: il a été bêtement exclu lors de sa seule titularisation contre Seraing. Avenatti n'a toujours pas retrouvé son niveau courtraisien et doit se contenter de brèves apparitions en fin de partie. Le jeune Sorinola, venu gratuitement de MK Dons en D3 anglaise, est logé à la même enseigne. Lewis, formé à Chelsea d'où il arrive, et le milieu italien Paolucci n'ont été alignés qu'en Coupe de Belgique. Tout le monde tend évidemment vers la perfection. Globalement, je suis positif quant aux transferts effectués. Tout le défi consistait à mettre en place une nouvelle défense, puisque nous avions perdu cinq éléments dans ce compartiment. Nous voulions les remplacer par des joueurs multifonctionnels. Sur base des statistiques, je constate que cette ligne a rapidement acquis une certaine stabilité. Nous sommes dans le premier peloton au classement des tirs cadrés concédés. La valeur marchande de Daland a déjà triplé. Utkus est prometteur. Il est devenu international lituanien et il progresse. Comme Popovic, Sousa s'est blessé, mais ils ont malgré tout prouvé leur potentiel. J'ai déjà reçu une proposition d'un club jouant la Ligue des Champions pour notre Brésilien. Nous attendions davantage de Miangue, qui a souffert d'un manque d'assurance. Je suis convaincu qu'un bel avenir attend Matondo. Rubio est malheureusement arrivé sans préparation et accusait donc un certain retard de condition mais comme Millan, il est source de buts et d'assists. Ils vont être précieux sous la houlette du nouvel entraîneur, Dominik Thalhammer. Celui-ci a la réputation de faire progresser les jeunes joueurs et en outre, il met en place un pressing élevé. C'est un jeu qui comporte des risques, mais nous voulons voir une équipe courageuse et agressive, qui sera une des meilleures de Belgique sur le plan physique. Une fois le maintien assuré in extremis, le Cercle a commis des erreurs de jugement. Les départs de joueurs talentueux ont laissé des traces, comme StrahinjaPavlovic (transféré par Monaco en janvier 2020 du Partizan Belgrade pour dix millions d'euros), JeanMarcelin (venu d'Auxerre pour le même montant) et IkéUgbo (finalement vendu pour 3,5 millions à Genk). En outre, le Cercle a été privé du solide défenseur DavidBates, du latéral droit GiulianBiancone et d' AnthonyMusaba, qui accélérait le jeu. Il a déboursé un million pour Daland et le défenseur norvégien vaut son investissement. Tous les autres nouveaux ont quant à eux été loués. Parmi eux, deux joueurs de la Principauté, Utkus, déjà convaincant, et Popovic, qui a bien commencé avant de se blesser. Après une période d'observation et un stage d'adaptation, le précédent staff technique ( YvesVanderhaeghe et ThomasBuffel) les a fait monter dans le noyau A. Miangue commet trop de fautes, Sousa est un défenseur costaud, Matondo s'appuie encore trop sur quelques éclairs, Rubio et Millan ne sont pas assez collectifs. Depuis sa reprise par l'ASM en 2017, le Cercle Bruges est avant tout une équipe formatrice, mais il doit trop souvent intervenir pendant la trêve hivernale pour sauver sa peau. Ces trois dernières saisons, il a donc successivement terminé treizième, quatorzième et seizième.