Tu as été déçu lorsque le manager de Chelsea t'a dit qu'il valait mieux que tu sois prêt

IKE UGBO: Le manager, c'était Antonio Conte. Je me suis entraîné quelques fois avec le noyau A, mais je sentais que le moment était venu de franchir une étape. Être prêté, c'est tout à fait normal en Angleterre, lorsqu'on a 18 ans. Ça permet de devenir adulte plus rapidement. Le hic, c'est que j'ai toujours atterri dans une équipe qui luttait pour son maintien. Là où on ne connaît pas le mot patience et où je devais absolument marquer. Ma confiance en a pris un coup, car je marquais trop peu. D'un autre côté, ces trois expériences ont fait de moi un homme.

Tu as grandi avec Mason Mount, Tammy Abraham, Dominic Solanke, Reece James. Leur progression a-t-elle été difficile à supporter pour toi?

UGBO: Non, je suis content pour eux. On était ensemble à l'école, on s'entraînait ensemble, on assistait aux matches ensemble. Je ne peux pas être jaloux de leur succès. Chacun suit son chemin. On est heureux pour celui qui réussit, car on a aussi grandi avec d'autres qui ont complètement disparu de la circulation.

Kevin De Bruyne n'a pas réussi à Chelsea non plus, ni Romelu Lukaku dans un premier temps. Une carrière est parfois étrange.

UGBO: Oui, effectivement. Je m'en rends compte aujourd'hui. Mon chemin à moi passe par le continent, par des prêts dans les divisions inférieures anglaises.

C'est toi qui choisissais les clubs, ou c'était du ressort de Chelsea?

UGBO: Michael Emenalo était le responsable sportif à l'époque. Il m'a proposé une liste de clubs et je pouvais choisir. Je sortais d'une bonne saison, j'avais le choix. Mon agent avait aussi son mot à dire et j'ai beaucoup discuté avec mon père. Il aurait d'ailleurs préféré que je parte à l'étranger.

Comme l'a fait Mason Mount, avec Vitesse Arnhem.

UGBO: Oui. Et comme je l'ai fait plus tard, avec Roda JC et la saison dernière au Cercle. Mon père me voyait bien aux Pays-Bas. Mais dans ma tête, la seule option était l'Angleterre: Championship puis Premier League, c'était la voie que je m'étais tracée. Elle me semblait la plus logique. Comme pour beaucoup de jeunes, à l'époque, mais c'est en train de changer. De plus en plus de jeunes footballeurs anglais tentent leur chance sur le continent. Après Scunthorpe, j'ai senti le besoin de tout remettre à zéro. J'ai aussi changé d'agent. Je devais me vider la tête.

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Tu as demandé conseil à un psychologue ?

UGBO: (Il acquiesce) Jamie Edwards. Il s'occupait aussi de Joe Hart. Il nous a emmené en stage, loin de Londres, loin de tout. Ce n'était pas un stage de football, c'était un stage sans chaussures à crampons, un stage psychologique, quelque part dans un hôtel. Avec d'autres gars, on a essayé de se préparer mentalement à la nouvelle saison. Joe était présent. Gareth Bale et Luke Shaw consultaient aussi Jamie, mais ils n'étaient pas là lors de ce week-end. Chacun a raconté ce qu'il avait vécu. J'ai essayé d'oublier les mauvaises expériences et de revenir à ce que je fais de mieux : marquer. Je me suis dit: "Là où j'irai maintenant, je vais marquer".

Cet été, pourquoi as-tu opté pour Genk et pas pour Marseille ?

UGBO: Surtout en raison des joueurs qui ont fait leur trou ici dans le passé. Lorsque je vois où ils sont arrivés... Quand on est jeune, on ne prête pas trop attention à ce genre de choses, sinon je serais venu plus tôt. J'ai discuté avec le club en fin de saison dernière et ils avaient un beau projet pour moi. D'autres équipes se sont manifestées, mais je sentais que je pourrais trouver ici ce dont j'avais besoin à ce moment-ci de ma carrière. C'est le projet qui m'a séduit. Je ne suis pas encore arrivé au niveau où je peux envisager de gagner la Ligue des Champions, ou de jouer un rôle majeur ailleurs. Je dois me montrer plus malin dans mes choix. Le jeune Ugbo aurait peut-être opté pour Marseille: un grand club, dans le sud de la France, près de la famille. La perspective de jouer contre Lionel Messi... Mais le Ugbo d'aujourd'hui pense que ça aurait peut-être été une erreur. Après le Cercle, Genk me semble être l'étape idéale pour franchir un pas supplémentaire.

Tu as été déçu lorsque le manager de Chelsea t'a dit qu'il valait mieux que tu sois prêt IKE UGBO: Le manager, c'était Antonio Conte. Je me suis entraîné quelques fois avec le noyau A, mais je sentais que le moment était venu de franchir une étape. Être prêté, c'est tout à fait normal en Angleterre, lorsqu'on a 18 ans. Ça permet de devenir adulte plus rapidement. Le hic, c'est que j'ai toujours atterri dans une équipe qui luttait pour son maintien. Là où on ne connaît pas le mot patience et où je devais absolument marquer. Ma confiance en a pris un coup, car je marquais trop peu. D'un autre côté, ces trois expériences ont fait de moi un homme. Tu as grandi avec Mason Mount, Tammy Abraham, Dominic Solanke, Reece James. Leur progression a-t-elle été difficile à supporter pour toi? UGBO: Non, je suis content pour eux. On était ensemble à l'école, on s'entraînait ensemble, on assistait aux matches ensemble. Je ne peux pas être jaloux de leur succès. Chacun suit son chemin. On est heureux pour celui qui réussit, car on a aussi grandi avec d'autres qui ont complètement disparu de la circulation. Kevin De Bruyne n'a pas réussi à Chelsea non plus, ni Romelu Lukaku dans un premier temps. Une carrière est parfois étrange. UGBO: Oui, effectivement. Je m'en rends compte aujourd'hui. Mon chemin à moi passe par le continent, par des prêts dans les divisions inférieures anglaises. C'est toi qui choisissais les clubs, ou c'était du ressort de Chelsea? UGBO: Michael Emenalo était le responsable sportif à l'époque. Il m'a proposé une liste de clubs et je pouvais choisir. Je sortais d'une bonne saison, j'avais le choix. Mon agent avait aussi son mot à dire et j'ai beaucoup discuté avec mon père. Il aurait d'ailleurs préféré que je parte à l'étranger. Comme l'a fait Mason Mount, avec Vitesse Arnhem. UGBO: Oui. Et comme je l'ai fait plus tard, avec Roda JC et la saison dernière au Cercle. Mon père me voyait bien aux Pays-Bas. Mais dans ma tête, la seule option était l'Angleterre: Championship puis Premier League, c'était la voie que je m'étais tracée. Elle me semblait la plus logique. Comme pour beaucoup de jeunes, à l'époque, mais c'est en train de changer. De plus en plus de jeunes footballeurs anglais tentent leur chance sur le continent. Après Scunthorpe, j'ai senti le besoin de tout remettre à zéro. J'ai aussi changé d'agent. Je devais me vider la tête.Tu as demandé conseil à un psychologue ? UGBO: (Il acquiesce) Jamie Edwards. Il s'occupait aussi de Joe Hart. Il nous a emmené en stage, loin de Londres, loin de tout. Ce n'était pas un stage de football, c'était un stage sans chaussures à crampons, un stage psychologique, quelque part dans un hôtel. Avec d'autres gars, on a essayé de se préparer mentalement à la nouvelle saison. Joe était présent. Gareth Bale et Luke Shaw consultaient aussi Jamie, mais ils n'étaient pas là lors de ce week-end. Chacun a raconté ce qu'il avait vécu. J'ai essayé d'oublier les mauvaises expériences et de revenir à ce que je fais de mieux : marquer. Je me suis dit: "Là où j'irai maintenant, je vais marquer". Cet été, pourquoi as-tu opté pour Genk et pas pour Marseille ? UGBO: Surtout en raison des joueurs qui ont fait leur trou ici dans le passé. Lorsque je vois où ils sont arrivés... Quand on est jeune, on ne prête pas trop attention à ce genre de choses, sinon je serais venu plus tôt. J'ai discuté avec le club en fin de saison dernière et ils avaient un beau projet pour moi. D'autres équipes se sont manifestées, mais je sentais que je pourrais trouver ici ce dont j'avais besoin à ce moment-ci de ma carrière. C'est le projet qui m'a séduit. Je ne suis pas encore arrivé au niveau où je peux envisager de gagner la Ligue des Champions, ou de jouer un rôle majeur ailleurs. Je dois me montrer plus malin dans mes choix. Le jeune Ugbo aurait peut-être opté pour Marseille: un grand club, dans le sud de la France, près de la famille. La perspective de jouer contre Lionel Messi... Mais le Ugbo d'aujourd'hui pense que ça aurait peut-être été une erreur. Après le Cercle, Genk me semble être l'étape idéale pour franchir un pas supplémentaire.