Une gauchère portant un maillot du Barça avec un brassard de capitaine et un Ballon d'or, ça ne vous rappelle personne ? Si le Camp Nou est désormais orphelin de sa Pulga argentine qui a étrenné son septième Ballon d'Or, cette fois sous les couleurs du PSG, le Barça a pourtant célébré un profil identique lors de la cérémonie du trophée de France Football. On ne parle pas de Pedri, récompensé du Trophée Kopa remis au meilleur jeune de la saison, mais bien d'une jeune femme de 27 ans dont la saison 2021 n'est pas sans rappeler certaines de son ancien alter ego masculin au sein de la maison blaugrana.
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Une gauchère portant un maillot du Barça avec un brassard de capitaine et un Ballon d'or, ça ne vous rappelle personne ? Si le Camp Nou est désormais orphelin de sa Pulga argentine qui a étrenné son septième Ballon d'Or, cette fois sous les couleurs du PSG, le Barça a pourtant célébré un profil identique lors de la cérémonie du trophée de France Football. On ne parle pas de Pedri, récompensé du Trophée Kopa remis au meilleur jeune de la saison, mais bien d'une jeune femme de 27 ans dont la saison 2021 n'est pas sans rappeler certaines de son ancien alter ego masculin au sein de la maison blaugrana.Si elle n'évolue pas à la même position que Lionel Messi puisqu'elle occupe le poste de relayeuse sur le côté gauche du triangle médian du 4-3-3 du Barça dans un style plus proche de ceux de Xavi ou d'Iniesta, ses buts de la patte gauche sur coup franc ou pénalties ne sont pas sans rappeler ceux de l'ancienne icône albiceleste du Camp Nou. Catalane pure souche, Alexia Putellas a vu le jour le 4 février 1994 à une trentaine de kilomètres du Camp Nou et de la Masia. Son premier souvenir dans l'arène blaugrana remonte au 6 janvier 2000. Elle porte déjà le maillot du Barça sur ses épaules d'enfant de 6 ans. Elle est venue assister en ce jour des Rois Mages, toujours très important dans la péninsule, au derby contre l'Espanyol en compagnie d'un groupe de supporters de sa ville de naissance de Mollet del Vallès.Un an plus tard, elle effectue ses premiers dribbles à Sadabell à l'âge de 7 ans avant d'être repéré par le Barça qui la fait venir à 11 ans. La gamine réalise son rêve mais le club n'est pas convaincu. C'est ironiquement, l'autre club de son premier match de spectatrice au Camp Nou, qui lui accorde une chance et lui permet d'effectuer ses premiers pas en Primera Iberdrola, alors qu'elle n'est âgée que de 16 ans. Putellas et son équipe atteignent la finale de la Copa del Reina contre le grand voisin blaugrana, avec une défaite à la clé.Alexia décide alors de migrer vers le sud et Valence où elle se remet aux couleurs blaugrana sous la vareuse de Levante. Chez les Granotes, elle réalise une saison pleine et ses 15 buts permettent à son équipe de terminer à une très belle cinquième place en championnat. Ces prestations n'échappent pas au Barça qui n'a pas non plus manqué de suivre les performances de la relayeuse au sein des équipes d'âge de la Roja féminine. Championne d'Europe en 2010 et 2011 avec les U17 espagnoles, Putellas termine aussi à la troisième place du Mondial de 2010. Dans la catégorie supérieure des U19, elle décrochera le titre de vice-championne du Vieux Continent en 2012. C'est une joueuse plus affirmée et plus mature qui revient donc en grandes pompes à l'Estadi Johan Cruyff, l'antre des filles du côté du Barça.En club, son palmarès est pour l'instant plus vide qu'en sélection et le FC Barcelone va l'aider à garnir son armoire à trophée. Dès sa première saison, son équipe s'adjuge le championnat et la Copa de la Reina, dont elle sera élue meilleure joueuse en finale. Au total, Alexia remporte avec le Barça 4 titres de champion d'Espagne, 5 Coupes d'Espagne et une Supercoupe nationale. Tout ça avant une saison 2021 où la capitaine émérite va porter les Blaugranas sur les différents trônes possibles : la Primera Iberdrola (avec un bilan exceptionnel de 33 victoires et une seule défaite), la Copa del Reina et surtout la Champions League. En quarts, les Barcelonaises sortent Manchester City avant de s'offrir le PSG, pourtant tombeur des septuples vainqueurs de la C1 lyonnaises qui avaient privées le Barça de la Coupe en 2019, en demi-finale. Pour l'apothéose à Göteborg, les Catalanes offrent un récital en douchant Chelsea (4-0). Autrice du second but des siens sur pénalty, Alexia Putellas s'illustre aussi grâce à sa vista, elle qui est l'incontestable plaque tournante du 4-3-3 des ses couleurs. Mais la victoire du Barça, c'est aussi celle d'une équipe de qualité. A ses côtés dans l'entrejeu, Alexia Putellas peut compter sur l'efficace Kheira Hamraoui (retournée depuis cet été au PSG et qui a défrayé la chronique judiciaire récemment dans une sombre histoire de règlement de compte) pour récupérer un paquet de ballons. Libre de certaines tâches, celle qui porte le numéro 11 peut alimenter deux attaquantes de grande qualité comme la Néerlandaise Lieke Martens (3e meilleure buteuse de cette édition de la C1), la Norvégienne Caroline Hansen (deuxième meilleure passeuse de cette C1) et sa compatriote Jennifer Hermoso, muette en finale, mais qui terminera meilleure réalisatrice de la compétition (avec Fran Kirby de Chelsea).En 2021, Alexia Putellas a été décisive à 52 reprises lors des 49 duels qu'elle a disputés. Elle a fait trembler les filets à 33 reprises et délivré 19 passes décisives. Un bilan plutôt impressionnant pour une joueuse dont le poste n'est pas le plus adapté à des statistiques ultra-prolifiques. la native de Mollet del Vallès est même revenue à six longueurs de la meilleure buteuse du Barça, Jennifer Hermoso, déjà âgée de 31 ans. Autant dire qu'elle risque certainement de la dépasser."Il a fallu faire des sacrifices pour être ici. Et ma famille aussi a dû en faire. Je ressens beaucoup de choses. Je suis privilégiée d'être ici et de représenter autant de personnes. Je suis sûre que je ne serai pas la dernière joueuse du Barça à le recevoir. Je dois continuer sur cette lancée. Mon rêve est de penser que lorsque je quitterai ce club, je laisserai un héritage, après avoir tout donné et gagné des trophées." , déclarait-elle après avoir reçu le Ballon d'or.Elle espère aussi que l'exemple donné par le football espagnol qui n'a pas hésité à organiser des rencontres dans des stades d'équipes masculines (avec de très belles assistances) se répande un peu partout ailleurs. "À Barcelone, il y a un vrai projet et le succès a suivi. Il n'y a pas d'excuses pour que tout le monde ne fasse pas pareil. On doit avoir de bonnes conditions pour travailler. Et pas seulement quelques clubs. Toutes les équipes de la Ligue.", explique la Catalane de 27 ans.Si l'Espagne est l'une des grandes nations européennes depuis plusieurs décennies, aucun de ses joueurs n'a réussi à inscrire son nom au Ballon d'Or depuis Luis Suarez (un milieu défensif comme Jorginho et qui n'a évidemment rien à voir avec l'attaquant uruguayen éponyme 17e du Ballon d'Or cette année), en... 1960. On se rappelle que Xavi et Iniesta avaient figuré sur le podium en 2010, mais s'étaient fait chiper le trophée par leur coéquipier Lionel Messi. Un vote qui avait déjà fait beaucoup parler à l'époque d'ailleurs.Le sacre d'Alexia Putellas représente beaucoup pour son pays, vexé de voir son voisin portugais accumuler les Ballons d'Or avec Cristiano Ronaldo ces dernières années. "Cela représentera un tournant pour tout le pays et un point de rupture dans l'histoire de notre football", clamait la milieue de terrain dans un entretien pour Vogue Espagne diffusé jeudi. Si elle a tout gagné en club, Alexia Putellas n'a plus rien remporté avec sa sélection depuis ses titres européens avec les U17. Elle aspire désormais à mener la Roja aux mêmes sommets que le Barça. Elle vient d'ailleurs de dépasser le nombre de sélections de sa coéquipière Marta Torrejón le 26 octobre dernier. Absente des JO de Tokyo l'été dernier, l'Espagne n'a encore jamais passé le cap des quarts de finale de l'Euro (2013, 2017) et encore moins en Coupe du monde (1er tour en 2015, huitièmes de finale face aux États-Unis en 2019). L'Euro pointe le bout de son nez en 2022 et la gauchère de Mollet del Vallés voudra certainement surfer sur cette vague positive pour écrire un nouveau beau chapitre l'histoire du football (féminin) espagnol.