En début d'année civile, personne n'imaginait voir Kristoffer Olsson sortir du onze de base anderlechtois. Les Mauves avaient terminé l'année 2021 en boulet de canon et le Suédois semblait le complément parfait de Josh Cullen dans l'animation en 4-4-2 chorégraphiée par Vincent Kompany.
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En début d'année civile, personne n'imaginait voir Kristoffer Olsson sortir du onze de base anderlechtois. Les Mauves avaient terminé l'année 2021 en boulet de canon et le Suédois semblait le complément parfait de Josh Cullen dans l'animation en 4-4-2 chorégraphiée par Vincent Kompany. Dans cette animation, les Michael Murillo et Sergio Gomez se projettaient au large à la moindre occasion, les Lior Refaelov et Yari Verscharen rentraient dans le jeu depuis leurs positions d'ailiers. Autant dire qu'il valait mieux que les milieux axiaux protègent un peu l'équipe en perte de balle pour permettre à cet afflux offensif de se concentrer sur le soutien de la paire d'attaquants composée de Christian Kouamé et Joshua Zirkzee. Mais le Clasico de reprise contre le Standard a commencé à mettre en péril l'animation mauve, sans doute analysée pendant la trêve des confiseurs par les adversaires. Malgré une domination outrageante, Anderlecht n'avait pas réussi à faire le break contre un rival liégeois pourtant à la peine. Le derby bruxellois contre le leader Unioniste, où la bande à Vince The Prince s'était heurtée sans inspiration sur le rideau défensif des pensionnaires de la butte du Parc Duden, aura eu raison de la présence assurée d'Olsson dans le onze de base anderlechtois.Pour redonner de la surprise dans son jeu et trouver une autre clé afin d'ouvrir les portes menants aux cages adverses, Kompany a décidé de remettre plus de verticalité dans son couloir axial. Josh Cullen, le travailleur irlandais de l'ombre, étant vital malgré des pieds moins brillants que ceux de velours d'Olsson, c'est donc ce dernier qui a fait les frais du nouveau plan de bataille bruxellois. Propre sur lui, ne prenant jamais la mojndre once de risque, il ne faut pas compter sur l'ancien joueur d'Arsenal et de Krasnodar pour tenter de casser les lignes comme essaie de le faire un Majeed Ashimeru. Le Suédois semble différent sur cet aspect de celui qu'avait présenté le directeur sportif du RSCA Peter Verbeke lors de son arrivée. "Il aime être en possession du ballon, il pense vite, il est créatif et il essaie toujours de jouer dans la verticalité. Il correspond à notre philosophie de jeu", expliquait-il. Manifestement, son T1 ne semble pas du même avis pour le côté vertical.Pour le moment, les adversaires d'Anderlecht n'ont pas encore vraiment trouvé la parade, même si La Gantoise a donné un sérieux coup de frein ce dimanche. Cependant, la qualité globale de la prestation des Mauves, qui auraient mérité un meilleur résultat, ne va pas changer la situation d'Olsson dans l'immédiat. Le Suédois n'est pas monté au jeu dimanche et n'était même pas repris le week-end précédent contre l'Antwerp. Depuis la fin janvier et cette défaite dans le derby de la capitale, il n'a plus joué que... 27 minutes. Avant cela, il avait disputé 1838 minutes et n'avait pas été aligné dans le onze initital anderlechtois que lors du déplacement à Eupen de la 2e journée de compétition. Le sélectionneur suédois ne s'attendait certainement pas à voir l'une des certitudes de équipe de départ perdre ainsi son statut à l'ombre de Saint-Guidon. Sous le maillot jaune et bleu des Scandinaves, Olsson est devenu une valeur sûre aux yeux de Jarne Andersson.Lors des éliminatoires pour la Coupe du monde, il n'a manqué que 22 minutes de jeu à l'occasion du duel contre la Géorgie remporté à domicile le 25 mars dernier, voici tout juste un an. Après avoir reçu une carte jaune dix minutes plus tôt, Andersson a préféré sortir Olsson au profit d'Albin Ekdal, le milieu de terrain de la Sampdoria. Lors des sept autres matches, l'Anderlechtois a disputé à chaque fois l'intégralité des 90 minutes, alors que son partenaire de charnière changeait pratiquement à chaque fois. Sebastian Larsson, le capitaine suédois a officié à deux reprises à ses côtés, Ekdal était son complément à quatre reprises et enfin, Mattias Svanberg de Bologne, a été associé par deux fois. Lors de l'Euro, Kristoffer Olsson a disputé 339 minutes sur les 390 possibles. Il en a joué 84 contre l'Espagne lors du premier match avant de sortir à la 64e du duel remporté péniblement contre la Slovaquie. Présent 90 minutes contre les Polonais, il n'a cédé sa place qu'à la 101e lors du 1/8e de finale contre l'Ukraine où la Suède sera éliminée on the buzzer sur une tête de l'improbable Artem Dovbyk. Dans une Blågult reposant clairement plus sur ses valeurs collectives que sur ses talents individuels, Olsson remplit son rôle de playmaker comme personne d'autre n'est capable de le faire dans une équipe où les qualités physiques sont prépondérantes. Il n'hésite pas à décrocher beaucoup pour récupérer les ballons et sa bonne lecture du jeu lui permet souvent de couper des trajectoires de passes et de ralentir le jeu de l'adversaire. Ses passes propres et précises soulagent une équipe souvent obligée d'allonger le jeu lorsqu'elle est mise sous pression sans que la précision y soit. Après, il faut bien admettre qu'il n'est pas le plus rapide et que lorsque son équipe est mise sous une forte pression comme c'était le cas contre l'Espagne, il est bien plus à la peine. La polyvalence d'Olsson reste aussi appréciée par Jarne Andersson, même si on le voit pas vraiment s'exiler sur un flanc dans une animation en 4-4-2.Le choix des automatismes ou du physique contre la République Tchèque ?Le sélectionneur Janne Andersson n'a de toute façon pas le temps des expérimentations alors que se profile cet important duel contre la République Tchèque qui décidera de la suite du parcours de son équipe dans la quête d'un billet qualificatif pour le prochain Mondial au Qatar. Le poste de milieu central est bien trop important dans son système que pour le confier au premier venu. Les autres joueurs capables d'évoluer à cette position, on l'a vu, doivent souvent se contenter du deuxième rôle aux côtés de l'ancien titulaire de Saint-Guidon. Mais jouent-ils forcément plus que Kristoffer Olsson pour le moment ? Albin Ekdal était titulaire lors de quatre des cinq derniers matches de la Sampdoria mais a été cantonné au banc pour des raisons tactiques à l'occasion du duel contre la Juventus. Mattias Svanberg était dans le onze de Bologne lors de trois des cinq dernières rencontres. Il a été suspendu lors de l'une d'entre elles et est monté au jeu lors de l'autre. Ces deux joueurs sont beaucoup plus grands que l'Anderlechtois puisqu'ils toisent du haut de leur mètre 85. Sebastian Larsson, l'ancien capitaine de la sélection, accuse déjà 36 ans sur sa carte d'identité et n'a plus joué depuis début décembre et la fin de la compétition en Suède. On imagine mal le voir lancé dans un duel aussi important face aux solides Tchèques après une absence bien plus longue que celle d'Olsson sur la pelouse du Lotto Park. Le même constat peut aussi s'appliquer au petit Oscar Lewicki (1m73). Le métronome de Malmö possède pas mal de qualités techniques, mais manquera aussi de rythme vu qu'il évolue à Malmö dans son pays natal. Dans ce contexte particulier, l'on imagine donc mal le sélectionneur suédois se passer des services de son playmaker mauve pour à peine un gros mois sans temps de jeu en club. Il faudrait qu'il estime que le très physique entrejeu tchèque nécessite d'apporter plus de muscles et de taille dans son milieu axial. Dans ce cas, la paire Albin Ekdal et Mattias Svanberg pourrait être privilégiée. En face, Antonin Barak, le milieu offensif mesure 1m90 et le capitaine Tomas Soucek, qui évolue à West Ham, 1m92. On peut aussi ajouter Alex Kral et son mètre 87 à cette armada de "géants". En principe, l'un des trois éléments de l'entrejeu tchèque est un peu plus petit. Tomas Holes n'affiche qu'1m80 sous la toise et Michal Sadilek ne dépasse pas le mètre 70. Pour la presse suédoise, il ne fait cependant aucun doute que Janne Andersson alignera la doublette Ekdal - Olsson au coup d'envoi. Un choix de continuité qui n'est pas contesté, même si Fotbollskanalen pense que Svanberg devrait avoir la préférence sur Olsson car le niveau de Bologne est plus élevé que celui d'Anderlecht. Ce média pense cependant aussi que le numéro 20 de la Blågultsera présent au coup d'envoi.Une chose est sûre, malgré leurs 65 et 35 apparitions, sous la liquette jaune et bleue, Ekdal et Olsson n'ont jamais trouvé le chemin des filets comme le rappelait le média suédois Offside.Interrogé sur ce fait, Janne Andersson explique cependant dans les colonnes de Sportbladet que secouer les filets n'est de toute façon pas la tâche principale des deux hommes. "Je n'y ai pas vraiment pensé. Mais je ne vois ni Albin ni Koffe (Olsson) comme des buteurs. Ce n'est pas leur tâche principale dans notre équipe. Albin a eu de bonnes occasions, notamment lors de la Coupe du monde, lors du match contre la Suisse je crois. Après, ce sont nos ailiers et nos attaquants qui devraient être en charge du jeu offensif en premier lieu. Ekdal et Olsson doivent apporter l'équilibre. Voilà pourquoi les buts ne tombent pas de leurs pieds", a-t-il poursuivi dans le journal suédois.Et s'il faut jouer proprement sans remplir la feuille de statistiques, on a appris depuis un moment que l'on pouvait faire confiance à Kristoffer Olsson.