Cet été, le PSG version qatarie fêtait ses dix ans. Un anniversaire fêté en grande pompe le 14 août. En marge du match contre Strasbourg, le PSG a présenté ses nouveaux jouets : sur un podium illuminé de mille feux, Achraf Hakimi, Gianluigi Donnarumma, Georginio Wijnaldum, Sergio Ramos et Lionel Messi embrasent le Parc des Princes, faisant passer la rencontre au second plan.

C'est que les années filent et la saison apparaît aux dirigeants qataris comme la dernière possibilité de parader avec la Ligue des Champions lors de la propagande politico-sportive qu'est la Coupe du Monde 2022. Plus encore que les autres recrues, Messi était celui qui devait définitivement faire entrer le PSG dans l'histoire. Sept mois plus tard, les prestations de l'Argentin de 34 ans suscitent plus de doutes que de louanges. Le huitième de finale est aussi crucial que symbolique face au Real Madrid, figure du star-system du football moderne.

Le ballon dort

L'amas de stars, principalement dans le secteur offensif, c'est ce qui faisait craindre un déséquilibre de l'équipe avec une défense trop exposée. De manière assez contradictoire, c'est l'attaque parisienne qui peine à convaincre et à emballer les matchs. L'adaptation de Messi est plus délicate que prévue. Depuis le début de la saison, difficile de reconnaître l'homme aux sept Ballons d'or. Ses deux petits buts inscrits en Ligue 1 ne sont que la face émergée de ses débuts hésitants.

La complicité avec ses compères offensifs semble avoir du mal à prendre, c'est ainsi qu'on le voit souvent descendre dans le jeu pour faire ronronner les combinaisons parisiennes au milieu de terrain. C'était déjà le cas au FC Barcelone mais cette fois-ci, le coup de rein pour se projeter vers l'avant dans la foulée semble moins incisif. Depuis le début de la saison, Messi ne réussit que 2,3 dribbles en championnat, son total le plus bas en carrière. Ses tentatives au but (3,6 par match) suivent la même courbe.

La complicité avec ses compères offensifs semble avoir du mal à prendre, c'est ainsi qu'on le voit souvent descendre dans le jeu pour faire ronronner les combinaisons parisiennes au milieu de terrain. , iStock
La complicité avec ses compères offensifs semble avoir du mal à prendre, c'est ainsi qu'on le voit souvent descendre dans le jeu pour faire ronronner les combinaisons parisiennes au milieu de terrain. © iStock

Malgré un talent qui devait le voir s'adapter en un temps record, les embûches étaient pourtant là dès le début. Il y a d'abord eu une Copa America éprouvante, remportée en juillet sous la pression du peuple argentin et de l'histoire, celle de finir sa carrière internationale sans jamais avoir mené son Albiceleste à un titre majeur. Ensuite, il y a eu le feuilleton de son départ du Barca, clos après un mois de négociations avec Joan Laporta et Nasser al-Khelaïfi.

Son transfert enfin finalisé, il a fallu s'adapter à un nouvel environnement, à de nouveaux coéquipiers, pour la première fois depuis qu'il a rejoint le Barca en 2000. D'autant que même avec l'aura qui est la sienne, le PSG est moins dépendant de lui que ne l'était le Barca. C'est le revers du star-system poussé à sa version ultime : quand l'équipe n'est plus composée que de stars achetées à leur prime, le jeu n'est plus autant centré sur leurs qualités propres.

Machine grippée

Début janvier, c'est le coronavirus qui s'y est mis. En quarantaine pendant deux semaines, la Pulga en est sortie très affaiblie. A son retour, le sélectionneur argentin Lionel Scaloni l'a laissé au repos pour la trêve du début du mois de février. Il confirme : "Messi a eu la souche la plus dure, ça l'a beaucoup affecté". Profitant de ses quelques jours de congé, l'attaquant du PSG s'est rendu à Barcelone et y a rejoint Jordi Alba, Sergio Busquets et Xavi pour l'anniversaire de ce dernier. Il n'en fallait pas plus pour enflammer les médias espagnols, toujours prêts à l'annoncer de retour en Catalogne.

L'arrivée de Xavi sur le banc et le retour de l'éternel Dani Alves risquent bien d'intensifier les rumeurs. C'est d'ailleurs tout sauf innocent de voir El Confidencial révéler le spleen de Messi à Paris la veille du match face au Real, entre nostalgie de Barcelone, installation difficile à Paris et réticence à jouer avec ses coéquipiers.

La réalité n'est pourtant pas aussi sombre. Depuis son retour du covid, Messi a enchaîné deux matchs complets et plutôt convaincants d'abord face à Lille (un but et un assist) puis contre Rennes samedi dernier avec l'assist sur le but victorieux de Kylian Mbappé à la dernière minute. Avec sa garde rapprochée à chaque match, il permet également d'ouvrir des espaces tant recherchés par les autres attaquants du PSG. Face à la solide défense du Real, personnifiée par l'axe Alaba-Militao, le PSG aura besoin d'un Messi en mode Ligue des Champions (5 buts en C1 cette saison). Si c'est effectivement dans les grands matchs que l'on voit les grands joueurs, on ne devrait pas être déçus.

Cet été, le PSG version qatarie fêtait ses dix ans. Un anniversaire fêté en grande pompe le 14 août. En marge du match contre Strasbourg, le PSG a présenté ses nouveaux jouets : sur un podium illuminé de mille feux, Achraf Hakimi, Gianluigi Donnarumma, Georginio Wijnaldum, Sergio Ramos et Lionel Messi embrasent le Parc des Princes, faisant passer la rencontre au second plan. C'est que les années filent et la saison apparaît aux dirigeants qataris comme la dernière possibilité de parader avec la Ligue des Champions lors de la propagande politico-sportive qu'est la Coupe du Monde 2022. Plus encore que les autres recrues, Messi était celui qui devait définitivement faire entrer le PSG dans l'histoire. Sept mois plus tard, les prestations de l'Argentin de 34 ans suscitent plus de doutes que de louanges. Le huitième de finale est aussi crucial que symbolique face au Real Madrid, figure du star-system du football moderne. L'amas de stars, principalement dans le secteur offensif, c'est ce qui faisait craindre un déséquilibre de l'équipe avec une défense trop exposée. De manière assez contradictoire, c'est l'attaque parisienne qui peine à convaincre et à emballer les matchs. L'adaptation de Messi est plus délicate que prévue. Depuis le début de la saison, difficile de reconnaître l'homme aux sept Ballons d'or. Ses deux petits buts inscrits en Ligue 1 ne sont que la face émergée de ses débuts hésitants. La complicité avec ses compères offensifs semble avoir du mal à prendre, c'est ainsi qu'on le voit souvent descendre dans le jeu pour faire ronronner les combinaisons parisiennes au milieu de terrain. C'était déjà le cas au FC Barcelone mais cette fois-ci, le coup de rein pour se projeter vers l'avant dans la foulée semble moins incisif. Depuis le début de la saison, Messi ne réussit que 2,3 dribbles en championnat, son total le plus bas en carrière. Ses tentatives au but (3,6 par match) suivent la même courbe.Malgré un talent qui devait le voir s'adapter en un temps record, les embûches étaient pourtant là dès le début. Il y a d'abord eu une Copa America éprouvante, remportée en juillet sous la pression du peuple argentin et de l'histoire, celle de finir sa carrière internationale sans jamais avoir mené son Albiceleste à un titre majeur. Ensuite, il y a eu le feuilleton de son départ du Barca, clos après un mois de négociations avec Joan Laporta et Nasser al-Khelaïfi. Son transfert enfin finalisé, il a fallu s'adapter à un nouvel environnement, à de nouveaux coéquipiers, pour la première fois depuis qu'il a rejoint le Barca en 2000. D'autant que même avec l'aura qui est la sienne, le PSG est moins dépendant de lui que ne l'était le Barca. C'est le revers du star-system poussé à sa version ultime : quand l'équipe n'est plus composée que de stars achetées à leur prime, le jeu n'est plus autant centré sur leurs qualités propres. Début janvier, c'est le coronavirus qui s'y est mis. En quarantaine pendant deux semaines, la Pulga en est sortie très affaiblie. A son retour, le sélectionneur argentin Lionel Scaloni l'a laissé au repos pour la trêve du début du mois de février. Il confirme : "Messi a eu la souche la plus dure, ça l'a beaucoup affecté". Profitant de ses quelques jours de congé, l'attaquant du PSG s'est rendu à Barcelone et y a rejoint Jordi Alba, Sergio Busquets et Xavi pour l'anniversaire de ce dernier. Il n'en fallait pas plus pour enflammer les médias espagnols, toujours prêts à l'annoncer de retour en Catalogne. L'arrivée de Xavi sur le banc et le retour de l'éternel Dani Alves risquent bien d'intensifier les rumeurs. C'est d'ailleurs tout sauf innocent de voir El Confidencial révéler le spleen de Messi à Paris la veille du match face au Real, entre nostalgie de Barcelone, installation difficile à Paris et réticence à jouer avec ses coéquipiers. La réalité n'est pourtant pas aussi sombre. Depuis son retour du covid, Messi a enchaîné deux matchs complets et plutôt convaincants d'abord face à Lille (un but et un assist) puis contre Rennes samedi dernier avec l'assist sur le but victorieux de Kylian Mbappé à la dernière minute. Avec sa garde rapprochée à chaque match, il permet également d'ouvrir des espaces tant recherchés par les autres attaquants du PSG. Face à la solide défense du Real, personnifiée par l'axe Alaba-Militao, le PSG aura besoin d'un Messi en mode Ligue des Champions (5 buts en C1 cette saison). Si c'est effectivement dans les grands matchs que l'on voit les grands joueurs, on ne devrait pas être déçus.