Cinq choses à savoir sur Anders Dreyer, la première recrue hivernale d’Anderlecht

Anders Dreyer dans son nouveau maillot. © rsca.be

Alors qu’il devrait perdre l’une de ses grandes pépites, Anouar Aït El Hadj qui devrait rejoindre Genk, Anderlecht a officialisé l’arrivée de son premier renfort de l’hiver. Et manifestement, si le jacuzzi ne fonctionne plus du côté de Saint-Guidon, c’était aussi pour payer la clause libératoire de cet ailier danois qui pourrait s’avérer une très belle affaire à plus d’un titre pour les Mauves.

La Belgique sera son cinquième championnat étranger

On ira certainement pas jusqu’à comparer Anders Dreyer à Lionel Messi, mais on dira qu’ils se ressemblent sur certains points. Une taille assez modeste (1m74) même si le nouvel anderlechtois est cinq centimètres plus grand que l’Argentin. Un gaucher évoluant de préférence sur le flanc droit. La comparaison s’arrête cependant là. A 24 ans, la première recrue hivernale du RSCA a déjà pas mal bourlingué dans sa carrière. Formé à Esbjerg, il a été repéré par Brighton, où il ne percera jamais. Il sera prêté à deux reprises par les Seagulls. D’abord à Saint Mirren dans le championnat écossais, ensuite à Heerenveen, chez nos voisins du nord. Il ne jouera à chaque fois qu’une dizaine de rencontres dans ces deux formations.

Après un retour au pays en janvier 2020, il repart à l’aventure à la fin du mercato d’été 2021. Rubin Kazan le recrute pour sept millions d’euros, mais son aventure en Russie, dans l’ancien club de Cédric Roussel ou Maxime Lestienne, sera abrégée par les conséquences du conflit en Ukraine. D’abord loué à son ancien club du FC Midtjylland, il est définitivement acheté, cet été, pour cinq millions d’euros par ce dernier. Dreyer ne sera finalement pas resté longtemps dans son pays natal avant de refaire ses valises pour un cinquième championnat étranger différent.

Une valeur marchande estimée à 9 millions d’euros

Anderlecht a-t-il frappé un grand coup sur le marché des transferts en mettant le grappin sur l’ailier international danois (2 sélections) ? Selon les médias locaux, le club bruxellois ne devrait dépenser que 4,25 millions d’euros pour s’attacher ses services, grâce à une clause qui figurait dans son contrat lorsqu’il s’était réengagé définitivement cet été avec le FC Midtjylland. En Russie, sa cote atteignait déjà les 7 millions à son arrivée mais son retour tonitruant dans son pays natal a encore amélioré sa valeur sur le marché.

Anders Dreyer a marqué 8 fois en 16 matches dans la compétition danoise. Et notamment ce but contre le FC Copenhague dont les buts étaient défendus par Mat Ryan, l’ancien gardien du FC Bruges et de Genk. (Photo by Lars Ronbog / FrontZoneSport via Getty Images)

Cette saison, il a marqué 8 fois en 16 matches (sans compter un assist) dans la Superligaen. En Europa League, où est engagé le dernier vainqueur de la Coupe du Danemark, Anders Dreyer a trouvé la faille à deux reprises et a délivré une passe décisive, au cours de ses six apparitions sur la pelouse.

C’est donc un homme a priori en forme, en plus d’être potentiellement une bonne affaire, qui pose ses valises à Saint-Guidon. Il ne reste plus qu’à espérer que, grâce aux connections de son nouveau directeur sportif danois Jesper Fredberg et son entraîneur du même pays Brian Riemer, Anderlecht connaîtra plus de succès qu’avec Bubacarr Sanneh et Mustapha Bundu. Un duo de flops à 11 millions qui a provoqué beaucoup de rires jaunes au vu de ses prestations sous la vareuse mauve et blanche.

Très performant sous les ordres d’un ancien entraîneur de l’Antwerp

Si Brian Priske n’a pas réussi à imposer ses idées à l’Antwerp, le Danois que l’on avait aussi connu comme joueur à Genk et au FC Bruges, avait attiré l’attention des décideurs du matricule 1 grâce aux performances qu’il réalisait à la tête du FC Midtjylland. Lors de la saison 2019-20, il avait mené les Ulvele au titre national et Anders Dreyer était l’un de ses joueurs, mais ne sera déterminant que lors de la deuxième partie d’exercice.

Lors de la première, il était encore loué à Heerenveen et n’a été cédé par Brighton à Midtjylland que lors du mois de janvier 2020. Dans la phase classique, interrompue par la trêve sanitaire mondiale, il ne joue que six fois pour 2 buts et 2 assists à la clé. C’est vraiment lors Championship round pour attribuer les lauriers nationaux qu’il va s’avérer décisif en marquant à deux reprises et surtout en délivrant quatre passes décisives lors des dix duels de ce mini-championnat. Il contribue ainsi largement à la conquête du troisième titre national du FC Midtjylland.

Sous la direction de Brian Priske, Dreyer a réalisé les meilleures saisons de sa carrière. Ou du moins les plus productives. (Photo by Henning Bagger / Ritzau Scanpix / AFP) / Denmark OUT

Lors de la deuxième saison sous les ordres de Priske, Anders Dreyer va confirmer ses belles prestations en rendant une feuille de statistiques riche de huit réalisations et de huit passes décisives en 31 sorties en championnat, Championship round compris. Cette fois, pas de nouveau titre au bout et au cours de l’été 2021, Priske part s’installer sur le banc de l’Antwerp. Pour sa part, Dreyer quittera Midtjylland pour la Russie quelques semaines plus tard, non sans avoir réussi un début de saison tonitruant avec 3 buts et 5 assists lors de ses six derniers apparitions, toutes disputées dans le cadre de la saison 2021-22.

Au total, la collaboration entre Priske et Dreyer aura porté sur 61 duels avec 15 roses plantées et 17 passes décisives délivrées. Le nouvel ailier d’Anderlecht aura été décisif un match sur deux à cette époque. Saura-t-il l’être tout autant sous Brian Riemer ?

Il a connu moult anciens et actuels joueurs de Jupiler Pro League

En débarquant dans notre pays, Anders Dreyer n’arrivera pas en terrain inconnu. Dans sa jeune carrière, il a partagé le vestiaire avec de nombreux joueurs qui ont été actifs ou le sont encore dans notre Pro League. Sory Kaba, que l’on a connu à Louvain, et dont le nom est parfois évoqué aussi à Anderlecht comme renfort offensif, est celui qui l’a le plus souvent côtoyé avec 76 rencontres en commun, mais seulement 8 buts où ils sont impliqués en même temps. Alexander Scholz, que l’on a connu à Lokeren et au Standard, a disputé 59 matches en sa compagnie et Henrik Dalsgaard, passé par Zulte Waregem, a évolué 38 fois à ses côtés. Lors de son passage raté à Brighton, il jouera principalement avec les réserves où il évoluera une fois en compagnie de l’ancien Soulier d’or José Izquierdo, mais aussi en compagnie de Steven Alzate, désormais loué au Standard.

D’autres anciens de Pro League ont aussi été ses coéquipiers. L’ancien Louvaniste et Brugeois Dion Cools (35 matches), le flop anderlechtois Kristoffer Olsson (15 matches), Warner Hahn qui fut l’une des doublures d’Hendrik van Crombrugge (13 matches), Ricardo Van Rhijn, un latéral que l’on avait connu au FC Bruges entre 2016 et 2018 (12 matches), Alen Halilovic, l’ancienne future grande promesse croate passée sans trop de succès au Standard (11 matches) ou Robin Söder, un attaquant passé brièvement par Lokeren (9 matches),

Avec le Brugeois Raphaël Onyedika, Anders Dreyer a défendu les couleurs du FC Midtjylland à 29 reprises. Credit:Nicolai Berthelse / Avalon

Mais c’est aussi le cas d’éléments toujours actifs dans notre compétition comme Raphaël Onyedika, le joueur du FC Bruges, avec lequel il a remporté une Coupe du Danemark l’an dernier et a disputé 29 rencontres en commun. Mais aussi le coéquipier de ce dernier, Andreas Skov Olsen avec lequel Anders Dreyer a joué principalement avec les espoirs du Danemark (15 matches). C’est aussi dans le même cadre qu’il a fréquenté Jacob Bruun Larsen, passé par Anderlecht (14 matches) et Joakim Maelhe, l’ancien latéral droit à succès de Genk (6 matches). On espère qu’avec autant de possibilités pour se renseigner, aussi bien sur son nouvel environnement que sa nouvelle compétition, le nouvel ailier du club le plus titré de Belgique aura effectué son choix en âme et conscience.

Un seul triplé et 0,41 but par match de moyenne dans sa carrière

Anders Dreyer n’est évidemment pas un pur buteur, mais c’est un ailier capable de trouver la faille assez régulièrement. Dans sa carrière, il a déjà pris part à 236 rencontres au cours desquelles il a fait trembler les filets à 98 reprises et a délivré 50 assists. Autant dire qu’avec de telles statistiques, Anderlecht espère avoir mis le grapin sur un joueur qui va contribuer à régler une grande partie des soucis offensifs dont il souffre depuis l’entame de cet exercice.

Dans sa carrière, l’ailier danois n’a cependant marqué qu’un seul triplé et celui-ci n’est pas tombé dans le cadre de la compétition danoise, mais de la Russe. Lors de la 7e journée de la Premier League russe, la saison dernière, Rubin Kazan reçoit le FK Ural. Aligné d’entrée sur le côté droit, Dreyer va trouver trois fois le chemin des filets adverses. Sur le premier but, il conclut victorieusement un bon ballon d’un certain Khvicha Kvaratskhelia.

Anders Dreyer of Rubin looks on during the Russian Premier League match between FC Zenit Saint Petersburg and FC Rubin Kazan on February 28, 2022 at Gazprom Arena in Saint Petersburg, Russia. (Photo by Mike Kireev/NurPhoto via Getty Images)

L’ailier géorgien est l’une des révélations cette saison en Serie A et avait aussi choisi de rentrer dans son pays natal en raison du conflit en Ukraine. Quelques mois plus tard, Napoli s’attachait ses services pour seulement 10 millions d’euros, alors qu’il en valait 15. Aujourd’hui, Kvaratskhelia vaut six fois plus que son prix d’achat.

Etant donné les modalités annoncées du transfert d’Anders Dreyer, on ne peut souhaiter qu’un destin similaire à Anderlecht. Les caisses mauves tireraient sans doute moins la tronche si la valeur marchande de la nouvelle acquisition venait aussi à s’envoler dans les prochains mois.