Tout a débuté par un communiqué du Standard sur son site, priant ses propres supporters de ne pas effectuer le déplacement à Cracovie par mesure de sécurité. "Nous nous sommes renseignés à la cellule football de la police fédérale mais également auprès de la police polonaise. Nous avons reçu des réponses rassurantes qui affirmaient que les fans polonais n'auraient aucun comportement agressif vis-à-vis des Standardmen," explique Christian Hanon, responsable de la sécurité pour le Standard. Le direction Rouche est donc revenu sur sa position et 600 supporters liégeois devraient effectuer le voyage à Cracovie.


Cependant, si le message se veut rassurant, le phénomène du hooliganisme polonais s'apparente bien à un cancer qui gangrène le football local.


La violence touche tout le pays mais chaque région a ses codes bien précis. Les hooligans de Ruch Chorzow ou de Lech Poznan sont les plus brutaux mais ceux de Cracovie, partagés entre le Cracovia et le Wisla, sont les plus imprévisibles.


A Cracovie, pendant des années, les groupes les plus durs se sont affrontés. D'un côté les Sharks du Wisla, de l'autre les Judegang et les Anty-Wisla de Cracovia. Affrontements autour des deux stades, séparés seulement par un parc de 500 mètres, dans les rues mais surtout dans les tunnels.


En octobre 2006, las de se battre sans raisons et de perdre des membres, les associations de tous les clubs de Pologne ont signé un pacte de non-agression. Ils s'engageaient à ne plus utiliser d'armes blanches ni à feu dans leurs combats et à ne se battre qu'à mains nues. Pourtant Cracovia et le Wisla, loin d'être les plus virulents, ont refusé de signer ce pacte. Pourquoi ? "Cracovie a toujours eu la réputation d'être la ville du couteau", lance Bartosz Karcz, journaliste au quotidien La Gazeta Krakowska. "Ces deux groupes de supporters sont moins entraînés et moins durs dans les combats que ceux du Lech Poznan ou de Ruch Chorzow qui font de la musculation toute la journée", explique Mariusz Potaczek, membre de la cellule anti-hooliganisme de la police de Cracovie. "Ils ont eu peur qu'en abandonnant les armes, ils n'aient plus rien à dire."


Cela prend du temps de changer les mentalités mais les choses évoluent dans le bon sens. Les nouvelles lois (obligation d'acheter ses billets avec sa carte d'identité, durcissement des amendes et des peines pour les hooligans, interdiction de boire de l'alcool dans le stade et d'y entrer saoul) ont permis de faire reculer la violence mais le chemin est encore long. Il y a un an, un des leaders du Judegang de Cracovia a été tabassé à mort par des hooligans du Wisla. "On sait qu'ils n'ont pas voulu le tuer puisque les coups de couteaux ont été portés dans des organes secondaires mais il a perdu trop de sang et il est mort", explique Potaczek.

"Cette histoire a encore porté un coup à notre réputation", explique Robert Szimalski, président de l'association des supporters du Wisla. "Mais dites bien aux supporters du Standard que même si on n'est pas du même bord politique puisque nous, nous nous situons à droite, ils seront les bienvenus dans notre belle ville..."

Stéphane Vande Velde, à Cracovie, Sport/Foot Magazine

Tout a débuté par un communiqué du Standard sur son site, priant ses propres supporters de ne pas effectuer le déplacement à Cracovie par mesure de sécurité. "Nous nous sommes renseignés à la cellule football de la police fédérale mais également auprès de la police polonaise. Nous avons reçu des réponses rassurantes qui affirmaient que les fans polonais n'auraient aucun comportement agressif vis-à-vis des Standardmen," explique Christian Hanon, responsable de la sécurité pour le Standard. Le direction Rouche est donc revenu sur sa position et 600 supporters liégeois devraient effectuer le voyage à Cracovie. Cependant, si le message se veut rassurant, le phénomène du hooliganisme polonais s'apparente bien à un cancer qui gangrène le football local. La violence touche tout le pays mais chaque région a ses codes bien précis. Les hooligans de Ruch Chorzow ou de Lech Poznan sont les plus brutaux mais ceux de Cracovie, partagés entre le Cracovia et le Wisla, sont les plus imprévisibles. A Cracovie, pendant des années, les groupes les plus durs se sont affrontés. D'un côté les Sharks du Wisla, de l'autre les Judegang et les Anty-Wisla de Cracovia. Affrontements autour des deux stades, séparés seulement par un parc de 500 mètres, dans les rues mais surtout dans les tunnels. En octobre 2006, las de se battre sans raisons et de perdre des membres, les associations de tous les clubs de Pologne ont signé un pacte de non-agression. Ils s'engageaient à ne plus utiliser d'armes blanches ni à feu dans leurs combats et à ne se battre qu'à mains nues. Pourtant Cracovia et le Wisla, loin d'être les plus virulents, ont refusé de signer ce pacte. Pourquoi ? "Cracovie a toujours eu la réputation d'être la ville du couteau", lance Bartosz Karcz, journaliste au quotidien La Gazeta Krakowska. "Ces deux groupes de supporters sont moins entraînés et moins durs dans les combats que ceux du Lech Poznan ou de Ruch Chorzow qui font de la musculation toute la journée", explique Mariusz Potaczek, membre de la cellule anti-hooliganisme de la police de Cracovie. "Ils ont eu peur qu'en abandonnant les armes, ils n'aient plus rien à dire." Cela prend du temps de changer les mentalités mais les choses évoluent dans le bon sens. Les nouvelles lois (obligation d'acheter ses billets avec sa carte d'identité, durcissement des amendes et des peines pour les hooligans, interdiction de boire de l'alcool dans le stade et d'y entrer saoul) ont permis de faire reculer la violence mais le chemin est encore long. Il y a un an, un des leaders du Judegang de Cracovia a été tabassé à mort par des hooligans du Wisla. "On sait qu'ils n'ont pas voulu le tuer puisque les coups de couteaux ont été portés dans des organes secondaires mais il a perdu trop de sang et il est mort", explique Potaczek. "Cette histoire a encore porté un coup à notre réputation", explique Robert Szimalski, président de l'association des supporters du Wisla. "Mais dites bien aux supporters du Standard que même si on n'est pas du même bord politique puisque nous, nous nous situons à droite, ils seront les bienvenus dans notre belle ville..." Stéphane Vande Velde, à Cracovie, Sport/Foot Magazine