Par John Baete

MPH aurait proposé l'inacceptable : continuer à coacher Al Shabab tout en se libérant pour les Diables. Eric Gerets aurait eu ses propos déformés par la presse et donné l'impression de défendre ses acquis marocains. On aimerait que l'un des deux prenne la charge à bras le corps mais ce n'est pas d'actualité.

Quand on propose à Willy de suppléer Georges Leekens le déserteur pendant deux matches en attendant mieux, il a une réaction tout à fait logique : "J'ai un contrat de T2. Si vous voulez que je fasse un boulot de T1, donnez-moi un contrat de T1". Bon sens paysan, les pieds bien posés sur terre. Du Willy pur jus. La réponse de l'UB est tout aussi prévisible : "Gnagnagna..." Décryptage : la fédé n'est pas sûre qu'il soit l'homme de la situation. Et comme les idiots ne changent pas d'avis, Willy réfléchit et accepte finalement de reprendre l'équipe contre le Monténégro et l'Angleterre. Tout à son honneur, car c'est risqué. S'il se plante, c'est retour T2 dans le meilleur des cas. Avec une inconnue : quel nouveau T1 voudrait d'un T2 qui n'a pas assuré ?

Mon prono, cependant, est que Wilmots ne se plantera pas. Pourquoi serait-il pire coach qu'un autre ? A Schalke 04, en 2003, il débute comme T1 alors qu'il finit comme joueur. A Saint-Trond, la saison d'après, il se fait torpiller par le deus-ex-machina local, Guy Mangelschots, DT faisant fonction qui s'est vu en partie dégommer par l'arrivée de l'ancien centre-avant local. Même Roland Duchâtelet l'a reconnu par la suite.

Mais c'est aussi la période où Willy est séduit par les ors de la politique et est élu sénateur. Difficile à concilier avec le coaching ! Et comme Willy n'est pas un imposteur, il sort du milieu comme d'une mêlée devant le but, pas élégamment mais radicalement. Mettons ces erreurs de trajectoires sur le vide qui se présente devant le footballeur retraité. Certains dépriment mais pas Willy : il a préféré une boulimie d'actions. Après les Canaris, il disparaît de la scène publique et on entend qu'il est tenté par le management de joueurs. Et puis, forcément, l'odeur du gazon frais coupé et le bruit des studs sur le carrelage lui manquent : il accepte de devenir le T2 de Dick Advocaat, autre déserteur bien connu.

Bref, voici Willy T1. S'il accepte pour ces deux matches, c'est parce qu'il sait qu'il n'est jamais aussi bon que quand il est seul maître à bord. Ce qu'il n'a jamais été à Saint-Trond comme T1 ou chez les Diables comme T2. Comme joueur, c'est autre chose. A Schalke, il est le symbole de l'équipe qui remporte la C3 en 1997, et en équipe nationale, il devient un monument sous Robert Waseige. Encore tendre sous Paul Van Himst, Willy râle et refuse un tas de sélections. Il est revenu parce que Waseige lui donne les rênes de l'équipe. Et avec quel succès, notamment au Mondial asiatique 2002.

Wilmots n'a pas eu de faille comme joueur : un tiers de technique, un tiers de physique et un tiers de mental. L'archétype des Diables qui ont forcé des qualifications jusqu'à dix ans d'ici. Il se retrouve tout naturellement dans des internationaux comme Vincent Kompany mais un peu moins facilement dans d'autres, comme Eden Hazard. Mais ne commettons pas l'erreur de croire qu'il ne voit pas clair. Il n'est pas seul responsable de certaines erreurs de communication, comme dans l'affaire Hazard, ou de tous les choix footballistiques; n'oublions pas qui était son T1 ! Avec lui, deux choses vont changer : le football des Diables sera plus généreux mais pas question que le nouveau T1 joue à la marionnette comme le précédent.

Et l'équipe ? En tenant compte de ce que Wilmots a dit à Sport/Foot Mag, voici une interprétation de onze : Courtois; Vertonghen, Kompany, Vermaelen; Witsel, Fellaini, Simons, Chadli; Hazard ; Mertens, Mirallas.

Par John BaeteMPH aurait proposé l'inacceptable : continuer à coacher Al Shabab tout en se libérant pour les Diables. Eric Gerets aurait eu ses propos déformés par la presse et donné l'impression de défendre ses acquis marocains. On aimerait que l'un des deux prenne la charge à bras le corps mais ce n'est pas d'actualité. Quand on propose à Willy de suppléer Georges Leekens le déserteur pendant deux matches en attendant mieux, il a une réaction tout à fait logique : "J'ai un contrat de T2. Si vous voulez que je fasse un boulot de T1, donnez-moi un contrat de T1". Bon sens paysan, les pieds bien posés sur terre. Du Willy pur jus. La réponse de l'UB est tout aussi prévisible : "Gnagnagna..." Décryptage : la fédé n'est pas sûre qu'il soit l'homme de la situation. Et comme les idiots ne changent pas d'avis, Willy réfléchit et accepte finalement de reprendre l'équipe contre le Monténégro et l'Angleterre. Tout à son honneur, car c'est risqué. S'il se plante, c'est retour T2 dans le meilleur des cas. Avec une inconnue : quel nouveau T1 voudrait d'un T2 qui n'a pas assuré ? Mon prono, cependant, est que Wilmots ne se plantera pas. Pourquoi serait-il pire coach qu'un autre ? A Schalke 04, en 2003, il débute comme T1 alors qu'il finit comme joueur. A Saint-Trond, la saison d'après, il se fait torpiller par le deus-ex-machina local, Guy Mangelschots, DT faisant fonction qui s'est vu en partie dégommer par l'arrivée de l'ancien centre-avant local. Même Roland Duchâtelet l'a reconnu par la suite. Mais c'est aussi la période où Willy est séduit par les ors de la politique et est élu sénateur. Difficile à concilier avec le coaching ! Et comme Willy n'est pas un imposteur, il sort du milieu comme d'une mêlée devant le but, pas élégamment mais radicalement. Mettons ces erreurs de trajectoires sur le vide qui se présente devant le footballeur retraité. Certains dépriment mais pas Willy : il a préféré une boulimie d'actions. Après les Canaris, il disparaît de la scène publique et on entend qu'il est tenté par le management de joueurs. Et puis, forcément, l'odeur du gazon frais coupé et le bruit des studs sur le carrelage lui manquent : il accepte de devenir le T2 de Dick Advocaat, autre déserteur bien connu. Bref, voici Willy T1. S'il accepte pour ces deux matches, c'est parce qu'il sait qu'il n'est jamais aussi bon que quand il est seul maître à bord. Ce qu'il n'a jamais été à Saint-Trond comme T1 ou chez les Diables comme T2. Comme joueur, c'est autre chose. A Schalke, il est le symbole de l'équipe qui remporte la C3 en 1997, et en équipe nationale, il devient un monument sous Robert Waseige. Encore tendre sous Paul Van Himst, Willy râle et refuse un tas de sélections. Il est revenu parce que Waseige lui donne les rênes de l'équipe. Et avec quel succès, notamment au Mondial asiatique 2002. Wilmots n'a pas eu de faille comme joueur : un tiers de technique, un tiers de physique et un tiers de mental. L'archétype des Diables qui ont forcé des qualifications jusqu'à dix ans d'ici. Il se retrouve tout naturellement dans des internationaux comme Vincent Kompany mais un peu moins facilement dans d'autres, comme Eden Hazard. Mais ne commettons pas l'erreur de croire qu'il ne voit pas clair. Il n'est pas seul responsable de certaines erreurs de communication, comme dans l'affaire Hazard, ou de tous les choix footballistiques; n'oublions pas qui était son T1 ! Avec lui, deux choses vont changer : le football des Diables sera plus généreux mais pas question que le nouveau T1 joue à la marionnette comme le précédent. Et l'équipe ? En tenant compte de ce que Wilmots a dit à Sport/Foot Mag, voici une interprétation de onze : Courtois; Vertonghen, Kompany, Vermaelen; Witsel, Fellaini, Simons, Chadli; Hazard ; Mertens, Mirallas.