Par Pierre BILIC

Vendredi 20 août 2010, dimanche 30 août 2009. Deux dates maudites dans l'histoire du Standard. Un peu moins de 365 jours les séparent. Douze mois pour expliquer des différences colossales. Il y a un an, les Rouches se déplaçaient à Anderlecht avec les talents nécessaires pour défendre leur titre. Cette écurie attirait le regard de l'Europe entière. C'était l'âge d'or d'un effectif que rien ne pouvait arrêter. Hélas, ce fut un point d'arrêt...

Y a-t-on songé la semaine passée en assistant à la chute de la maison rouche à Saint-Trond? Après avoir reçu les seigneurs du Real Madrid, les Liégeois ont étalé leurs faiblesses: défense friable, attaque muette, milieu de terrain surmonté par de longs ballons imprécis, jeu approximatif, etc. Avec un bilan de cinq points sur douze, il faut remonter à août 2006 (Johan Boskamp) pour trouver un plus mauvais bulletin. Un parfum de crise flotte sur Sclessin, même si l'heure est à la reconstruction. Il y a un an, le Standard ne comptait qu'un point de plus mais l'équipe pouvait contrer la critique en passant (rarement) à la vitesse européenne. Ce n'est plus le cas.

Des supporters ont réclamé le renvoi de Dominique D'Onofrio, accusé de tous les péchés de la terre. C'est le plus facile. Et c'est oublier que les Liégeois ont changé d'époque pour en préparer une autre. Le Standard avait des Ferrari dans son garage mais ne pouvait pas les garder ou en acheter d'autres sans chambouler sa trésorerie. Lucien D'Onofrio sait que le titre n'est pas à sa portée. Ce bâtisseur vise une place dans le top 6 pour cette saison, mise sur le duo Axel Witsel-Steven Defour, attend le retour de Franck Berrier et les débuts de Tom De Mul. Après le top 6, il essayera en 2011-2012 de se glisser à nouveau dans le débat pour le titre. Avant cela, D'Onofrio mettra la pression sur son staff technique: le Standard disputera ses deux prochains matches à domicile et doit absolument battre Courtrai et le Cercle.

Ah, le tableau est moins ambitieux que le 30 août 2009! Un an déjà. Triste anniversaire d'un Clasico... culte pour des raisons qu'on aurait préférées tellement différentes. Un homme au sol, un autre dépassé par une intervention qui aurait dû être bannie depuis longtemps. Marcin Wasilewski et Witsel: tout les séparait mais ils sont désormais unis par ce match maudit. Cette scène fait partie à jamais de leur carrière et de leur vie. Pour eux, plus rien n'est plus comme avant; pour Anderlecht et le Standard non plus car, depuis lors, leur mésentente est plus profonde que jamais. Quand ces deux porte-drapeaux tourneront-ils vraiment la page? Les arbitres sont-ils décidés à lutter contre les semelles? Les footballeurs ont-ils retenu la leçon ou les souffrances de Wasilewski sont-elles déjà oubliées?

Pour bien comprendre l'importance de cette soirée du début d'automne 2009, Sport/Foot Magazine en a déroulé tout le film. Avec le recul et des témoignages intéressants, ce flash-back offre une lecture plus complète et plus humaine de cette rencontre maudite. Et quel est l'avenir de Wasilewski? Ce premier anniversaire du tackle de l'horreur ne pouvait pas passer inaperçu car, à la longue, à force de tempérer les avis, la violence se banalise sur les pelouses. Un artiste comme Mbark Boussoufa ne l'a-t-il pas prouvé à Belgrade en séchant, pied en avant, Almami Moreira? L'Anderlechtois affirma qu'il "était arrivé en retard". On ne fera même pas semblant de le croire. C'était aussi scandaleux que la faute de Defour contre Lokeren. Un an après le 30 août 2009, le Standard est rentré dans le rang mais il y a plus grave: les semelles ne sont toujours pas fermement combattues. C'est comme dans la chanson: "On n'oublie rien, on n'oublie rien du tout, on n'oublie rien de rien, on s'habitue c'est tout". C'est aussi pour ne pas s'habituer à l'insupportable qu'il fallait revenir sur ce triste 30 août 2009...

Par Pierre BILICVendredi 20 août 2010, dimanche 30 août 2009. Deux dates maudites dans l'histoire du Standard. Un peu moins de 365 jours les séparent. Douze mois pour expliquer des différences colossales. Il y a un an, les Rouches se déplaçaient à Anderlecht avec les talents nécessaires pour défendre leur titre. Cette écurie attirait le regard de l'Europe entière. C'était l'âge d'or d'un effectif que rien ne pouvait arrêter. Hélas, ce fut un point d'arrêt... Y a-t-on songé la semaine passée en assistant à la chute de la maison rouche à Saint-Trond? Après avoir reçu les seigneurs du Real Madrid, les Liégeois ont étalé leurs faiblesses: défense friable, attaque muette, milieu de terrain surmonté par de longs ballons imprécis, jeu approximatif, etc. Avec un bilan de cinq points sur douze, il faut remonter à août 2006 (Johan Boskamp) pour trouver un plus mauvais bulletin. Un parfum de crise flotte sur Sclessin, même si l'heure est à la reconstruction. Il y a un an, le Standard ne comptait qu'un point de plus mais l'équipe pouvait contrer la critique en passant (rarement) à la vitesse européenne. Ce n'est plus le cas. Des supporters ont réclamé le renvoi de Dominique D'Onofrio, accusé de tous les péchés de la terre. C'est le plus facile. Et c'est oublier que les Liégeois ont changé d'époque pour en préparer une autre. Le Standard avait des Ferrari dans son garage mais ne pouvait pas les garder ou en acheter d'autres sans chambouler sa trésorerie. Lucien D'Onofrio sait que le titre n'est pas à sa portée. Ce bâtisseur vise une place dans le top 6 pour cette saison, mise sur le duo Axel Witsel-Steven Defour, attend le retour de Franck Berrier et les débuts de Tom De Mul. Après le top 6, il essayera en 2011-2012 de se glisser à nouveau dans le débat pour le titre. Avant cela, D'Onofrio mettra la pression sur son staff technique: le Standard disputera ses deux prochains matches à domicile et doit absolument battre Courtrai et le Cercle. Ah, le tableau est moins ambitieux que le 30 août 2009! Un an déjà. Triste anniversaire d'un Clasico... culte pour des raisons qu'on aurait préférées tellement différentes. Un homme au sol, un autre dépassé par une intervention qui aurait dû être bannie depuis longtemps. Marcin Wasilewski et Witsel: tout les séparait mais ils sont désormais unis par ce match maudit. Cette scène fait partie à jamais de leur carrière et de leur vie. Pour eux, plus rien n'est plus comme avant; pour Anderlecht et le Standard non plus car, depuis lors, leur mésentente est plus profonde que jamais. Quand ces deux porte-drapeaux tourneront-ils vraiment la page? Les arbitres sont-ils décidés à lutter contre les semelles? Les footballeurs ont-ils retenu la leçon ou les souffrances de Wasilewski sont-elles déjà oubliées? Pour bien comprendre l'importance de cette soirée du début d'automne 2009, Sport/Foot Magazine en a déroulé tout le film. Avec le recul et des témoignages intéressants, ce flash-back offre une lecture plus complète et plus humaine de cette rencontre maudite. Et quel est l'avenir de Wasilewski? Ce premier anniversaire du tackle de l'horreur ne pouvait pas passer inaperçu car, à la longue, à force de tempérer les avis, la violence se banalise sur les pelouses. Un artiste comme Mbark Boussoufa ne l'a-t-il pas prouvé à Belgrade en séchant, pied en avant, Almami Moreira? L'Anderlechtois affirma qu'il "était arrivé en retard". On ne fera même pas semblant de le croire. C'était aussi scandaleux que la faute de Defour contre Lokeren. Un an après le 30 août 2009, le Standard est rentré dans le rang mais il y a plus grave: les semelles ne sont toujours pas fermement combattues. C'est comme dans la chanson: "On n'oublie rien, on n'oublie rien du tout, on n'oublie rien de rien, on s'habitue c'est tout". C'est aussi pour ne pas s'habituer à l'insupportable qu'il fallait revenir sur ce triste 30 août 2009...