Par Bernard JEUNEJEAN

D'abord parce que ces sommes folles sont répugnantes, imméritées, témoignages inflationnistes du coût des rêves de gloire : le prix d' Alexis Sanchez (38) ne rend pas raisonnable celui de Steven Defour (6m), celui d'un Eliaquim Mangala aujourd'hui (7m) ne transforme pas celui d'un Luis Oliveira en 1992 (3,5 vers Cagliari) en gentil petit deal artisanal. Nous sommes depuis des lustres au-delà de la décence, le foot/business a définitivement sacrifié le fair-play financier sur l'autel du résultat. Et Jean-Luc Dehaene ne changera pas la face de l'hydre, mais bon courage quand même.

Ensuite parce que ces montants de transferts ont beau faire les gros titres, ils ne traduisent pas une réalité évaluable tant existent d'autres paramètres... tous susceptibles de générer des sommes occultes. Je le répète, nous ne sommes pas au royaume du civisme ingénu ! Tout bien réfléchi, la valeur marchande d'un joueur n'est calculable qu'a posteriori : ce n'est qu'après son départ pour un autre club qu'on pourra un jour évaluer, mieux mais imparfaitement, ce que le gars a coûté au club quitté, c'est-à-dire ce que fut sa valeur marchande.

Sans négliger le black en latence, tentons une équation officielle via l'exemple d'Agüero. D'un côté, il y a la somme hier versée par l'Atletico Madrid à Independiente ( A) et aux agents ( B), l'éventuelle prime d'arrivée versée à Kun ( C), son salaire et ses primes ( D) tout au long de ses années de présence ( Z) à Madrid, et les incentives éventuels ( E) aujourd'hui dus à Independiente en cas de plus-value sur la revente à Man City.

De l'autre côté, il y a d'abord le montant aujourd'hui versé par Man City à l'Atletico ( F) : en soulignant qu'il n'est pas de facto plus-value par rapport à A, et que la durée de contrat qui restait éventuellement à prester à Madrid a joué un rôle dans la fixation du dit montant. Il peut aussi y avoir évaluation - mais elle est difficile - de ce qu'Agüero himself a amené à Madrid comme fric supplémentaire ( G) : maillots et abonnements vendus grâce à lui, voire apport personnel dans les performances collectives à incidences financières. Il y aura enfin les incentives éventuels ( H) s'il est prévu que l'Atletico touche sa part de magot en cas de revente future, encore plus chère, par Man City. Yesss, j'ai mon équation ! Elle représente ce qu'Agüero coûta annuellement, ce que fut donc sa valeur marchande annuelle, durant ses années à l'Atletico.

Tout ça permet de voir plus clair, mais faut pas prendre le tout pour argent comptant, le foot/business n'est pas une science exacte ! La valeur marchande d'un footballeur n'est pas proportionnelle à sa valeur footballistique pour une raison bien simple : plus un club est friqué, plus il lâche son fric à tort et à travers, Manchester City étant l'exemple actuel le plus dégoulinant d'incessant gaspillage !

Ainsi, un joueur a priori un peu meilleur qu'un autre va faire que ce fameux montant de transfert sera beaucoup plus élevé si le deal a lieu entre clubs plus riches. Exemple ? Opposons les 6 millions de Benfica pour Witsel aux 12 millions qu'a lâchés la Roma pour Bojan Krkic, grosso modo même âge qu'Axel,... et qui ne fut quand même pendant quatre ans qu'un espoir du Barça incapable de s'y imposer ! D'accord, ce n'était pas chose aisée d'arriver à déloger un Thierry Henry ou un Pedro, mais n'empêche : jamais je n'oserais jurer qu'en classe pure, Axel est inférieur à Bojan !

Si les clubs à fric gaspillent leur fric, logique que les joueurs s'y amènent pour le fric, et relèguent au second plan le désir d'y jouer, certains s'en fichant carrément. C'est moche pour l'esprit sportif mais c'est plus facile pour le coach à noyau pléthorique ! Car imaginons l'inverse : des stars qui, au lieu de fermer leur bouche because pognon, se fichent du pognon et ruent dans les brancards médiatiques dès qu'ils ne sont pas dans le onze ! Sera-ce le boxon ou le paradis ?

Par Bernard JEUNEJEAND'abord parce que ces sommes folles sont répugnantes, imméritées, témoignages inflationnistes du coût des rêves de gloire : le prix d' Alexis Sanchez (38) ne rend pas raisonnable celui de Steven Defour (6m), celui d'un Eliaquim Mangala aujourd'hui (7m) ne transforme pas celui d'un Luis Oliveira en 1992 (3,5 vers Cagliari) en gentil petit deal artisanal. Nous sommes depuis des lustres au-delà de la décence, le foot/business a définitivement sacrifié le fair-play financier sur l'autel du résultat. Et Jean-Luc Dehaene ne changera pas la face de l'hydre, mais bon courage quand même. Ensuite parce que ces montants de transferts ont beau faire les gros titres, ils ne traduisent pas une réalité évaluable tant existent d'autres paramètres... tous susceptibles de générer des sommes occultes. Je le répète, nous ne sommes pas au royaume du civisme ingénu ! Tout bien réfléchi, la valeur marchande d'un joueur n'est calculable qu'a posteriori : ce n'est qu'après son départ pour un autre club qu'on pourra un jour évaluer, mieux mais imparfaitement, ce que le gars a coûté au club quitté, c'est-à-dire ce que fut sa valeur marchande. Sans négliger le black en latence, tentons une équation officielle via l'exemple d'Agüero. D'un côté, il y a la somme hier versée par l'Atletico Madrid à Independiente ( A) et aux agents ( B), l'éventuelle prime d'arrivée versée à Kun ( C), son salaire et ses primes ( D) tout au long de ses années de présence ( Z) à Madrid, et les incentives éventuels ( E) aujourd'hui dus à Independiente en cas de plus-value sur la revente à Man City. De l'autre côté, il y a d'abord le montant aujourd'hui versé par Man City à l'Atletico ( F) : en soulignant qu'il n'est pas de facto plus-value par rapport à A, et que la durée de contrat qui restait éventuellement à prester à Madrid a joué un rôle dans la fixation du dit montant. Il peut aussi y avoir évaluation - mais elle est difficile - de ce qu'Agüero himself a amené à Madrid comme fric supplémentaire ( G) : maillots et abonnements vendus grâce à lui, voire apport personnel dans les performances collectives à incidences financières. Il y aura enfin les incentives éventuels ( H) s'il est prévu que l'Atletico touche sa part de magot en cas de revente future, encore plus chère, par Man City. Yesss, j'ai mon équation ! Elle représente ce qu'Agüero coûta annuellement, ce que fut donc sa valeur marchande annuelle, durant ses années à l'Atletico. Tout ça permet de voir plus clair, mais faut pas prendre le tout pour argent comptant, le foot/business n'est pas une science exacte ! La valeur marchande d'un footballeur n'est pas proportionnelle à sa valeur footballistique pour une raison bien simple : plus un club est friqué, plus il lâche son fric à tort et à travers, Manchester City étant l'exemple actuel le plus dégoulinant d'incessant gaspillage ! Ainsi, un joueur a priori un peu meilleur qu'un autre va faire que ce fameux montant de transfert sera beaucoup plus élevé si le deal a lieu entre clubs plus riches. Exemple ? Opposons les 6 millions de Benfica pour Witsel aux 12 millions qu'a lâchés la Roma pour Bojan Krkic, grosso modo même âge qu'Axel,... et qui ne fut quand même pendant quatre ans qu'un espoir du Barça incapable de s'y imposer ! D'accord, ce n'était pas chose aisée d'arriver à déloger un Thierry Henry ou un Pedro, mais n'empêche : jamais je n'oserais jurer qu'en classe pure, Axel est inférieur à Bojan ! Si les clubs à fric gaspillent leur fric, logique que les joueurs s'y amènent pour le fric, et relèguent au second plan le désir d'y jouer, certains s'en fichant carrément. C'est moche pour l'esprit sportif mais c'est plus facile pour le coach à noyau pléthorique ! Car imaginons l'inverse : des stars qui, au lieu de fermer leur bouche because pognon, se fichent du pognon et ruent dans les brancards médiatiques dès qu'ils ne sont pas dans le onze ! Sera-ce le boxon ou le paradis ?