C'est à peine si on s'est demandé, pendant les matches de qualification, si le football développé méritait ces qualificatifs. Après une traversée du désert de douze ans, on avait perdu tout sens de la nuance. Puis il y a eu cette Coupe du Monde aux nombreux scénarios, vécue par la rue dans une euphorie qui n'était pas en rapport avec le jeu étalé, initialement. Car au premier tour, le football a été lent, léthargique, hormis quelques sursauts. La presse nationale était critique mais pas trop. Elle a laissé le frein à main, laissant pointer un ennui contrôlé, modéré, sachant que cette collection de talents restait largement en-deçà de sa valeur. Contrairement aux journaux étrangers, qui ont procédé à des analyses pointues et qui ont taillé en pièces le jeu des Diables Rouges : assoupissant, dépourvu de couleur, brouillon, pour ne citer que quelques termes.

En football, les propos de ce genre peuvent être très vite balayés. En 120 minutes contre les Etats-Unis, tous les doutes se sont envolés. Naturellement, l'Amérique ne possède pas une équipe d'envergure mondiale mais l'Algérie, la Russie et la Corée du Sud non plus. D'un coup, les Belges ont joué avec panache et enthousiasme, leur talent a ressurgi. Le travail défensif accompli par un Eden Hazard déchaîné illustre la différence de vécu. Il y a également eu la précision de Toby Alderweireld, la métamorphose de Jan Vertonghen, hésitant jusque-là, la confirmation de Divock Origi, le labeur, la classe et l'opportunisme de Kevin De Bruyne et la renaissance de Romelu Lukaku, le énième remplacement en or effectué par Marc Wilmots, qui a résolu l'incident provoqué par l'avant avec tact et diplomatie et qui s'avère être un maître-tacticien, une qualité que peu de gens lui accordaient.

A l'issue du match, c'est Lukaku qui a insisté sur l'impact de la brillante tactique élaborée par Wilmots. C'est un signal clair : toute rancoeur s'est évanouie. Wilmots a fait du bon travail en maintenant son unité au groupe et en contrôlant tous les joueurs qui trouvaient mériter leur place dans l'équipe de base. Le sélectionneur a dit que pendant sa formation d'entraîneur à Cologne, c'est le cours de psychologie qui lui avait appris le plus. Il a mis la théorie en pratique au Brésil. Mardi soir, la Belgique a sombré dans un énième délire. Tout le monde était fier d'être belge. Mais cette victoire ne peut pas entraîner d'euphorie : l'équipe a gaspillé trop d'occasions et elle aurait dû plier le match avant les prolongations. Le sang-froid dans le rectangle est un élément du football. Or, après le but américain, la Belgique a tremblé.

Samedi, la Belgique affronte l'Argentine en quarts de finale. Jusqu'à présent, l'équipe formée autour de Lionel Messi n'a pas fait forte impression mais ce tournoi au déroulement capricieux, dominé par les pays d'Amérique du Sud, peut prendre n'importe quelle tournure. Sans Messi, l'Argentine est une équipe très moyenne, comme le Brésil privé de Neymar se confondrait dans la médiocrité. Les deux super stars ont camouflé les faiblesses de leur équipe, même si beaucoup continuent à croire en une finale latino.

Il n'empêche que pour les Diables Rouges, tout devient subitement possible. Ils ont joué les matches les plus ennuyeux du premier tour, ils n'ont guère trouvé d'ouverture mais en huitièmes de finale, disposant de beaucoup plus d'espaces, ils ont assuré le duel le plus passionnant. On commence déjà à rêver d'une demi-finale contre les Pays-Bas, qui sont hachés menu par les critiques de leurs compatriotes mais qui alignent en Arjen Robben leur joueur décisif du tournoi. Un derby des Plats Pays en terre brésilienne, ce serait inédit.

C'est à peine si on s'est demandé, pendant les matches de qualification, si le football développé méritait ces qualificatifs. Après une traversée du désert de douze ans, on avait perdu tout sens de la nuance. Puis il y a eu cette Coupe du Monde aux nombreux scénarios, vécue par la rue dans une euphorie qui n'était pas en rapport avec le jeu étalé, initialement. Car au premier tour, le football a été lent, léthargique, hormis quelques sursauts. La presse nationale était critique mais pas trop. Elle a laissé le frein à main, laissant pointer un ennui contrôlé, modéré, sachant que cette collection de talents restait largement en-deçà de sa valeur. Contrairement aux journaux étrangers, qui ont procédé à des analyses pointues et qui ont taillé en pièces le jeu des Diables Rouges : assoupissant, dépourvu de couleur, brouillon, pour ne citer que quelques termes. En football, les propos de ce genre peuvent être très vite balayés. En 120 minutes contre les Etats-Unis, tous les doutes se sont envolés. Naturellement, l'Amérique ne possède pas une équipe d'envergure mondiale mais l'Algérie, la Russie et la Corée du Sud non plus. D'un coup, les Belges ont joué avec panache et enthousiasme, leur talent a ressurgi. Le travail défensif accompli par un Eden Hazard déchaîné illustre la différence de vécu. Il y a également eu la précision de Toby Alderweireld, la métamorphose de Jan Vertonghen, hésitant jusque-là, la confirmation de Divock Origi, le labeur, la classe et l'opportunisme de Kevin De Bruyne et la renaissance de Romelu Lukaku, le énième remplacement en or effectué par Marc Wilmots, qui a résolu l'incident provoqué par l'avant avec tact et diplomatie et qui s'avère être un maître-tacticien, une qualité que peu de gens lui accordaient. A l'issue du match, c'est Lukaku qui a insisté sur l'impact de la brillante tactique élaborée par Wilmots. C'est un signal clair : toute rancoeur s'est évanouie. Wilmots a fait du bon travail en maintenant son unité au groupe et en contrôlant tous les joueurs qui trouvaient mériter leur place dans l'équipe de base. Le sélectionneur a dit que pendant sa formation d'entraîneur à Cologne, c'est le cours de psychologie qui lui avait appris le plus. Il a mis la théorie en pratique au Brésil. Mardi soir, la Belgique a sombré dans un énième délire. Tout le monde était fier d'être belge. Mais cette victoire ne peut pas entraîner d'euphorie : l'équipe a gaspillé trop d'occasions et elle aurait dû plier le match avant les prolongations. Le sang-froid dans le rectangle est un élément du football. Or, après le but américain, la Belgique a tremblé. Samedi, la Belgique affronte l'Argentine en quarts de finale. Jusqu'à présent, l'équipe formée autour de Lionel Messi n'a pas fait forte impression mais ce tournoi au déroulement capricieux, dominé par les pays d'Amérique du Sud, peut prendre n'importe quelle tournure. Sans Messi, l'Argentine est une équipe très moyenne, comme le Brésil privé de Neymar se confondrait dans la médiocrité. Les deux super stars ont camouflé les faiblesses de leur équipe, même si beaucoup continuent à croire en une finale latino. Il n'empêche que pour les Diables Rouges, tout devient subitement possible. Ils ont joué les matches les plus ennuyeux du premier tour, ils n'ont guère trouvé d'ouverture mais en huitièmes de finale, disposant de beaucoup plus d'espaces, ils ont assuré le duel le plus passionnant. On commence déjà à rêver d'une demi-finale contre les Pays-Bas, qui sont hachés menu par les critiques de leurs compatriotes mais qui alignent en Arjen Robben leur joueur décisif du tournoi. Un derby des Plats Pays en terre brésilienne, ce serait inédit.