A l'entrée des Alpes, la tension monte dans le Tour de France dont le porteur du maillot jaune, le Britannique Chris Froome, s'est adjugé pour quelques secondes la 17e étape, le contre-la-montre de Chorges. Ce jeudi s'ouvre l'ascension des Alpes avec une 18e étape qui relie Gap à l'Alpe d'Huez.

Au programme, un double passage par l'une des montées les plus difficiles du tour (12,3 kilomètres de montée à 8,4 % en moyenne) ainsi que la descente de Sarenne, qui effraie certains coureurs.

Sarenne, la descente en enfer

Après la première montée de l'Alpe d'Huez, l'étape comporte en effet une descente acrobatique, celle de Sarenne, aux premiers virages spectaculaires, au-dessus du vide. La route a déjà été empruntée début juin par le Critérium du Dauphiné... sans dommage. Mais la météo annonce cette fois des orages violents, des rafales de vent, du brouillard, peut-être de la grêle. Des conditions qui pourraient contraindre les organisateurs à renoncer à la boucle si la route s'avérait impraticable.

Interrogé sur l'éventualité d'une arrivée jugée au terme de la première ascension de l'Alpe d'Huez, Chris Froome a adopté une position prudente et raisonnable, conforme aussi à ses intérêts: "On sera tous dans les mêmes conditions. Mais la sécurité des coureurs est prioritaire". A l'approche de Gap, mardi, il a failli être entraîné par Alberto Contador dans sa chute. Le maillot jaune, qui avait cherché à suivre son rival, a estimé que son adversaire avait pris des risques inconsidérés, il a même utilisé le réseau twitter pour faire passer le message.

"Il (Froome) doit utiliser davantage ses freins s'il a peur dans les descentes" avait lancé de manière sarcastique le danois Bjarne Riis, manager de la Saxo, l'équipe de Contador.

Pour Nairo Quintana, de Movistar, ce 18e chapitre du Tour de France 2013 "est une étape décisive, excitante et difficile. Je ne connais pas du tout la montée, je n'y suis jamais allé. Mon objectif sera de défendre mon maillot blanc (de meilleur jeune) et lutter avec les favoris".

Aux prises avec les caprices du ciel, jusqu'à présent très clément avec le 100e Tour, le directeur de course, Jean-François Pescheux, a affirmé mercredi soir: "A cette heure, il n'y a aucune modification de parcours." Il ne lui reste plus qu'à croiser les doigts.

Une étape très attendue par le public

Entre 700.000 et un million de personnes devraient assister à cette 18e étape du Tour a indiqué mercredi l'office du tourisme de la station de l'Alpe d'Huez. "On sera au même niveau que le contre-la-montre de 2004, c'est-à-dire entre 700.000 et un million de personnes", a précisé Fabrice Hurth, directeur de l'office du tourisme. "A midi, on a compté 282 camping-cars dans la montée. En comptant les voitures, on doit être à 500 véhicules", a précisé Fabrice Hurth.

Dans la station elle-même, l'office du tourisme a dénombré 1.300 camping-cars au dernier comptage qui a eu lieu mardi après-midi. "Pour l'instant, ça se gère. C'est une bonne ambiance, assez bon enfant", a décrit le directeur, signalant seulement "quelques problèmes de stationnement". Pour faire face à l'afflux de spectateurs, 781 gendarmes ont été déployés sur l'ensemble du département de l'Isère ainsi que 157 pompiers et 16 membres du SAMU, a indiqué la préfecture.

Mercredi, Europe Écologie les Verts Isère a dénoncé dans un communiqué le "choix irresponsable" des organisateurs du Tour de France d'emprunter le col de Sarenne à l'occasion de la descente de l'Alpe d'Huez. Le parti écologiste estime que ce parcours va "à l'encontre de la sécurité des coureurs" et "de la protection d'un espace sauvage préservé".