"Nous essayons de mettre les joueuses dans les meilleures conditions", explique Cédric Godart, organisateur de l'Open International Féminin de Wallonie. Pourtant, quand on arrive au club du TC Baulet, on se croirait en tournoi AFT. Pas de tribune, des supporters qui parlent et qui font du bruit, pas très pro comme ambiance. Même le terrain fait des siennes, au plus grand bonheur d'Alizé Lim qui ne se prive pas de s'en plaindre durant son quart de finale.

"C'est un passage obligé", déclare Séverine Beltrame, ancienne joueuse du Top 40 redescendue au-delà de la 200e place au classement. "Je fais abstraction du cadre de jeu sinon c'est impossible de bien se sentir sur le terrain." An-Sophie Mestach, jeune espoir belge qui revient de blessure a également profité du tournoi de Baulet pour s'expliquer sur les conditions de jeu et de vie sur le circuit ITF. "C'est très spécial par rapport aux grands tournois. Ici, c'est chouette car c'est en Belgique, mais quand tu dois te taper des compétitions à l'étranger c'est compliqué."

Seule et sans argent

"Il y a des jours où c'est plus difficile que d'autres", poursuit Beltrame. "À l'étranger, tu te sens déraciné. Tu es souvent seul dans des hôtels un peu pourris. On vit en solitaire. À la WTA, c'est autre chose ! Tu es chouchoutée et tout est pris en charge." Mais bon, il n'y a pas que des mauvais côtés à vivre sur le circuit ITF. "On est souvent avec les autres filles du circuit, c'est une chouette ambiance", expose Mestach. "Il y a des moments de solitude, mais il faut en profiter pour lire ou se reposer."

La solitude ou les conditions de jeu minent le moral des joueuses émanant au bas du classement WTA pourtant, le manque d'argent pèse encore plus dans la balance. "Parfois, je perds de l'argent en jouant un tournoi ITF", avoue tristement Séverine Beltrame. "Avec tous nos frais de trajets et d'hôtel, le prize money ne rembourse parfois pas tout. Les gens pensent souvent qu'on gagne l'entièreté de la dotation alors qu'ici par exemple, la gagnante empoche 3000 €. Si tu es sortie au premier tour, tu ne rembourses pas ton billet d'avion avec tes gains."

La solution est toute simple, il faut un financement venu d'ailleurs. Sponsors et mécènes font partie du lot. Certains sont même pris en charge par leur fédération nationale. "Je n'ai pas été assez talentueuse dans ma jeunesse pour passer par la fédé", plaisante Beltrame. Mestach, quant à elle, a reçu le soutien de la fédération néerlandophone. La jeune joueuse de 18 ans est considérée comme l'un des espoirs du pays. D'autres, moins chanceuses, doivent sortir l'argent de leur poche ou de celle de leurs parents.

Ne pas s'éterniser dans les méandres des ITF

"Heureusement les sponsors nous aident", explique l'ex-34e mondiale. "Ils ne nous donnent pas d'argent ou presque, mais nous fournissent du matériel. Mon équipementier me donne tout ce dont j'ai besoin des chaussures au bandana. Je suis également sous contrat pour ma raquette et mes cordages. Chez les filles il faut faire partie du Top 50 pour que ton sponsor te donne de l'argent en plus de ce qu'ils fournissent. Ou alors il faut être très jolie ! Sans plaisanter, ça aide vraiment. Pour être riche grâce au tennis il faut être au minimum parmi les 50 meilleures."

Il faut donc s'accrocher si on veut survivre dans le monde du tennis. L'aspect financier est une chose, l'envie de traîner toute sa vie dans de petits tournois autour du monde en est un autre. "Je ne resterai pas éternellement en ITF", explique Beltrame qui a déjà goûté aux joies des Grands Chelems. "Je suis là pour me relancer, pas pour traîner ! Je ne m'éterniserais pas ici. Le but c'est d'atteindre le top et de retrouver les grandes structures de la WTA. Ça, c'est le bonheur. Tu vis de ta passion."

>>> A lire également "Faire grandir l'Open International Féminn de Wallonie"

RVP (stg.), Sportfootmagazine.be

"Nous essayons de mettre les joueuses dans les meilleures conditions", explique Cédric Godart, organisateur de l'Open International Féminin de Wallonie. Pourtant, quand on arrive au club du TC Baulet, on se croirait en tournoi AFT. Pas de tribune, des supporters qui parlent et qui font du bruit, pas très pro comme ambiance. Même le terrain fait des siennes, au plus grand bonheur d'Alizé Lim qui ne se prive pas de s'en plaindre durant son quart de finale. "C'est un passage obligé", déclare Séverine Beltrame, ancienne joueuse du Top 40 redescendue au-delà de la 200e place au classement. "Je fais abstraction du cadre de jeu sinon c'est impossible de bien se sentir sur le terrain." An-Sophie Mestach, jeune espoir belge qui revient de blessure a également profité du tournoi de Baulet pour s'expliquer sur les conditions de jeu et de vie sur le circuit ITF. "C'est très spécial par rapport aux grands tournois. Ici, c'est chouette car c'est en Belgique, mais quand tu dois te taper des compétitions à l'étranger c'est compliqué."Seule et sans argent "Il y a des jours où c'est plus difficile que d'autres", poursuit Beltrame. "À l'étranger, tu te sens déraciné. Tu es souvent seul dans des hôtels un peu pourris. On vit en solitaire. À la WTA, c'est autre chose ! Tu es chouchoutée et tout est pris en charge." Mais bon, il n'y a pas que des mauvais côtés à vivre sur le circuit ITF. "On est souvent avec les autres filles du circuit, c'est une chouette ambiance", expose Mestach. "Il y a des moments de solitude, mais il faut en profiter pour lire ou se reposer." La solitude ou les conditions de jeu minent le moral des joueuses émanant au bas du classement WTA pourtant, le manque d'argent pèse encore plus dans la balance. "Parfois, je perds de l'argent en jouant un tournoi ITF", avoue tristement Séverine Beltrame. "Avec tous nos frais de trajets et d'hôtel, le prize money ne rembourse parfois pas tout. Les gens pensent souvent qu'on gagne l'entièreté de la dotation alors qu'ici par exemple, la gagnante empoche 3000 €. Si tu es sortie au premier tour, tu ne rembourses pas ton billet d'avion avec tes gains." La solution est toute simple, il faut un financement venu d'ailleurs. Sponsors et mécènes font partie du lot. Certains sont même pris en charge par leur fédération nationale. "Je n'ai pas été assez talentueuse dans ma jeunesse pour passer par la fédé", plaisante Beltrame. Mestach, quant à elle, a reçu le soutien de la fédération néerlandophone. La jeune joueuse de 18 ans est considérée comme l'un des espoirs du pays. D'autres, moins chanceuses, doivent sortir l'argent de leur poche ou de celle de leurs parents. Ne pas s'éterniser dans les méandres des ITF "Heureusement les sponsors nous aident", explique l'ex-34e mondiale. "Ils ne nous donnent pas d'argent ou presque, mais nous fournissent du matériel. Mon équipementier me donne tout ce dont j'ai besoin des chaussures au bandana. Je suis également sous contrat pour ma raquette et mes cordages. Chez les filles il faut faire partie du Top 50 pour que ton sponsor te donne de l'argent en plus de ce qu'ils fournissent. Ou alors il faut être très jolie ! Sans plaisanter, ça aide vraiment. Pour être riche grâce au tennis il faut être au minimum parmi les 50 meilleures." Il faut donc s'accrocher si on veut survivre dans le monde du tennis. L'aspect financier est une chose, l'envie de traîner toute sa vie dans de petits tournois autour du monde en est un autre. "Je ne resterai pas éternellement en ITF", explique Beltrame qui a déjà goûté aux joies des Grands Chelems. "Je suis là pour me relancer, pas pour traîner ! Je ne m'éterniserais pas ici. Le but c'est d'atteindre le top et de retrouver les grandes structures de la WTA. Ça, c'est le bonheur. Tu vis de ta passion.">>> A lire également "Faire grandir l'Open International Féminn de Wallonie" RVP (stg.), Sportfootmagazine.be