Quand il a fait de la Chine la principale source de revenus du circuit féminin, en signant notamment en 2018 un contrat juteux sur 10 ans avec Shenzhen pour l'organisation du Masters --rendez-vous bouclant traditionnellement la saison, qui compte neuf autres tournois dans ce pays--, pour une dotation totale de 30 millions de dollars (26,4 M EUR), Simon ne pensait certainement pas que cette stratégie était risquée.

Pourtant, trois ans plus tard, les intérêts financiers de la WTA dans "l'Empire du milieu" se trouvent considérablement fragilisés par de possibles conséquences liées à la disparition de Peng Shuai, ex-N.1 mondiale en double, qui a accusé début novembre un ancien haut responsable du Parti communiste chinois, Zhang Gaoli, de l'avoir contrainte à un rapport sexuel.

Pour une raison simple, mais dont la teneur est quasi-inédite dans les relations qu'entretiennent les différentes instances sportives mondiales avec ce pays au marché si lucratif: Steve Simon a menacé la Chine de ne plus figurer sur le circuit.

- "Leadership" -

"Nous sommes tout à fait prêts à retirer nos activités et à faire face à toutes les complications qui en découlent. Parce que c'est plus important que les affaires", a-t-il dit jeudi, à propos des accusations de Peng Shuai, pour lesquelles il a demandé une enquête "transparente et juste", et du sort qui lui est actuellement réservé et qui suscite les plus grandes inquiétudes jusqu'au sommet de la Maison Blanche.

Là où le Comité international olympique est pointé du doigt pour son silence, à trois mois des Jeux d'hiver de Pékin, la WTA fait preuve d'un "leadership" qui a rendu "fière" Billie Jean King, légende du tennis, fondatrice de l'instance en 1973 et infatigable militante pour l'égalité des sexes.

Pour ceux qui, comme elle, connaissent l'homme de 66 ans, nulle surprise. Car si ce Californien, entré de plain-pied dans le tennis en 1989 en tant que commercial pour le tournoi d'Indian Wells après six ans passés chez Adidas, avant d'en prendre la direction en 2004 et d'en faire le "5e Grand Chelem", est reconnu pour son savoir-faire et son penchant pour l'innovation (son tournoi fut le premier à adopter la technologie "hawkeye" sur tous les courts), il est surtout apprécié du microcosme qui l'entoure pour ses qualités humaines.

- "Réfléchi et respectueux" -

Ainsi Serena Williams les louait-elle, en novembre 2015 quand il fut nommé à la tête de la WTA, rappelant son rôle déterminant pour la convaincre de revenir jouer à Indian Wells quelques mois plus tôt, après 14 ans de boycott en raison du "racisme ressenti" lorsque sa soeur Venus et elle y jouèrent en 2001.

"Steve n'aurait pas pu être plus utile, professionnel et d'un aussi grand soutien. Je sais à quel point il se soucie de l'opinion des joueuses. Il est à l'écoute, il a nos meilleurs intérêts à l'esprit", affirmait-elle.

Billie Jean King estimait dans un même élan que Simon était "la bonne personne pour ce poste", louant un homme "réfléchi, respectueux".

S'exprimant sur sa nouvelle mission à la tête de la WTA, l'intéressé expliquait alors qu'"il ne s'agissait pas seulement de tennis, mais de sport féminin".

"L'une des choses qui doit se produire dans ce monde, c'est que des gens comme moi, de sexe masculin, doivent faire un pas en avant et prôner une véritable égalité, commencer à faire des changements parce que c'est la bonne chose à faire".

Quand il a fait de la Chine la principale source de revenus du circuit féminin, en signant notamment en 2018 un contrat juteux sur 10 ans avec Shenzhen pour l'organisation du Masters --rendez-vous bouclant traditionnellement la saison, qui compte neuf autres tournois dans ce pays--, pour une dotation totale de 30 millions de dollars (26,4 M EUR), Simon ne pensait certainement pas que cette stratégie était risquée.Pourtant, trois ans plus tard, les intérêts financiers de la WTA dans "l'Empire du milieu" se trouvent considérablement fragilisés par de possibles conséquences liées à la disparition de Peng Shuai, ex-N.1 mondiale en double, qui a accusé début novembre un ancien haut responsable du Parti communiste chinois, Zhang Gaoli, de l'avoir contrainte à un rapport sexuel.Pour une raison simple, mais dont la teneur est quasi-inédite dans les relations qu'entretiennent les différentes instances sportives mondiales avec ce pays au marché si lucratif: Steve Simon a menacé la Chine de ne plus figurer sur le circuit."Nous sommes tout à fait prêts à retirer nos activités et à faire face à toutes les complications qui en découlent. Parce que c'est plus important que les affaires", a-t-il dit jeudi, à propos des accusations de Peng Shuai, pour lesquelles il a demandé une enquête "transparente et juste", et du sort qui lui est actuellement réservé et qui suscite les plus grandes inquiétudes jusqu'au sommet de la Maison Blanche.Là où le Comité international olympique est pointé du doigt pour son silence, à trois mois des Jeux d'hiver de Pékin, la WTA fait preuve d'un "leadership" qui a rendu "fière" Billie Jean King, légende du tennis, fondatrice de l'instance en 1973 et infatigable militante pour l'égalité des sexes. Pour ceux qui, comme elle, connaissent l'homme de 66 ans, nulle surprise. Car si ce Californien, entré de plain-pied dans le tennis en 1989 en tant que commercial pour le tournoi d'Indian Wells après six ans passés chez Adidas, avant d'en prendre la direction en 2004 et d'en faire le "5e Grand Chelem", est reconnu pour son savoir-faire et son penchant pour l'innovation (son tournoi fut le premier à adopter la technologie "hawkeye" sur tous les courts), il est surtout apprécié du microcosme qui l'entoure pour ses qualités humaines.Ainsi Serena Williams les louait-elle, en novembre 2015 quand il fut nommé à la tête de la WTA, rappelant son rôle déterminant pour la convaincre de revenir jouer à Indian Wells quelques mois plus tôt, après 14 ans de boycott en raison du "racisme ressenti" lorsque sa soeur Venus et elle y jouèrent en 2001."Steve n'aurait pas pu être plus utile, professionnel et d'un aussi grand soutien. Je sais à quel point il se soucie de l'opinion des joueuses. Il est à l'écoute, il a nos meilleurs intérêts à l'esprit", affirmait-elle.Billie Jean King estimait dans un même élan que Simon était "la bonne personne pour ce poste", louant un homme "réfléchi, respectueux".S'exprimant sur sa nouvelle mission à la tête de la WTA, l'intéressé expliquait alors qu'"il ne s'agissait pas seulement de tennis, mais de sport féminin". "L'une des choses qui doit se produire dans ce monde, c'est que des gens comme moi, de sexe masculin, doivent faire un pas en avant et prôner une véritable égalité, commencer à faire des changements parce que c'est la bonne chose à faire".