Le 30 avril est une date qui marquera à jamais la carrière de Monica Seles. En bien tout d'abord : en 1989, alors qu'elle n'a encore que quinze ans, la joueuse originaire de Novi Sad prend la mesure de l'ancienne numéro 1 mondiale américaine Chris Evert au tournoi de Houston et décroche son premier succès sur le circuit pro. Un titre qui marque le véritable départ d'une ascension fulgurante. Quelques semaines plus tard, pour son premier tournoi du Grand Chelem, elle atteint la demi-finalede Roland-Garros où elle est battue par Steffi Graf, qui deviendra sa grande rivale. L'Allemande sur laquelle elle prendra sa revanche douze mois plus tard, toujours à Paris, empochant son premier succès majeur. 1991 est pour Seles l'année de la consécration avec trois Grands Chelems à son palmarès (l'Australian Open, Roland-Garros et l'US Open), une performance qu'elle réédite dès l'année suivante.

Monica Seles lors de la remise du trophée de Roland-Garros, en 1992., belga
Monica Seles lors de la remise du trophée de Roland-Garros, en 1992. © belga

En 1993, Monica Seles, qui n'a encore que 19 ans, est donc la véritable reine du circuit féminin et sa rivalité sportive avec Steffi Graf, qu'elle vient de battre en finale de l'Australian Open, prenant sa revanche sur la finale de Wimbledon (la seule levée du Grand Chelem que Seles n'a jamais gagnée) 1992, est à son apogée. Le 30 avril, la Yougoslave est Hambourg où elle est opposée à la Bulgare Magdalena Maleeva en quart de finale du tournoi local. Alors qu'elle mène tranquillement (6-4, 4-3), sa carrière bascule. Les caméras allemandes sont figées sur une image de son adversaire du jour et affichent les scores quand deux cris successifs se font soudain entendre. On aperçoit ensuite un homme se faire maîtriser par des spectateurs et, sur le court, Seles grimace avant de s'asseoir et d'être évacuée vers l'hôpital. Günter Parche, un ouvrier au chômage de 38 ans, vient de sauter le muret de sécurité et d'enfoncer un couteau de cuisine entre les deux omoplates de la Yougoslave.

Si la thèse d'un attentat politique lié aux origines yougoslaves de Seles est d'abord évoquée, il s'avère finalement que Parche, décrit comme confus et déséquilibré, est un admirateur de Steffi Graf. Il explique son geste par la volonté d'aider sa favorite à récupérer sa place de n°1 mondiale. Déclaré déficient mental par des experts lors de son procès, il sera finalement condamné à une peine de deux ans de prison avec sursis, assortie de l'obligation de suivre des soins psychiatriques, par le tribunal de Hambourg. Seles, de son côté, ne souffre que d'une blessure mineure : ni sa colonne vertébrale ni ses poumons ne sont endommagés et elle s'en sort avec une cicatrice superficielle dans le haut du dos.

Günter Parche., belga
Günter Parche. © belga

Si la championne ne souffre guère de séquelles physiques, l'agression la marquera à jamais sur le plan psychologique et elle ne retrouvera les courts qu'après 28 mois de dépression. Un come-back réussi puisqu'elle remportera encore l'Australian Open 1996 et se hissera en finale de l'US Open la même année et de Roland-Garros en 1998. Mais Seles, entretemps naturalisée américaine, ne retrouvera cependant jamais la totale plénitude de ses moyens. Faisant face à des problèmes de désordre alimentaire et à la concurrence de nouvelles joueuses arrivées sur le circuit comme Martina Hingis, Lindsay Davenport ou les soeurs Williams, elle ne dominera plus jamais le circuit féminin comme elle le faisait avant ce funeste jour d'avril 1993.

Le 30 avril est une date qui marquera à jamais la carrière de Monica Seles. En bien tout d'abord : en 1989, alors qu'elle n'a encore que quinze ans, la joueuse originaire de Novi Sad prend la mesure de l'ancienne numéro 1 mondiale américaine Chris Evert au tournoi de Houston et décroche son premier succès sur le circuit pro. Un titre qui marque le véritable départ d'une ascension fulgurante. Quelques semaines plus tard, pour son premier tournoi du Grand Chelem, elle atteint la demi-finalede Roland-Garros où elle est battue par Steffi Graf, qui deviendra sa grande rivale. L'Allemande sur laquelle elle prendra sa revanche douze mois plus tard, toujours à Paris, empochant son premier succès majeur. 1991 est pour Seles l'année de la consécration avec trois Grands Chelems à son palmarès (l'Australian Open, Roland-Garros et l'US Open), une performance qu'elle réédite dès l'année suivante. En 1993, Monica Seles, qui n'a encore que 19 ans, est donc la véritable reine du circuit féminin et sa rivalité sportive avec Steffi Graf, qu'elle vient de battre en finale de l'Australian Open, prenant sa revanche sur la finale de Wimbledon (la seule levée du Grand Chelem que Seles n'a jamais gagnée) 1992, est à son apogée. Le 30 avril, la Yougoslave est Hambourg où elle est opposée à la Bulgare Magdalena Maleeva en quart de finale du tournoi local. Alors qu'elle mène tranquillement (6-4, 4-3), sa carrière bascule. Les caméras allemandes sont figées sur une image de son adversaire du jour et affichent les scores quand deux cris successifs se font soudain entendre. On aperçoit ensuite un homme se faire maîtriser par des spectateurs et, sur le court, Seles grimace avant de s'asseoir et d'être évacuée vers l'hôpital. Günter Parche, un ouvrier au chômage de 38 ans, vient de sauter le muret de sécurité et d'enfoncer un couteau de cuisine entre les deux omoplates de la Yougoslave. Si la thèse d'un attentat politique lié aux origines yougoslaves de Seles est d'abord évoquée, il s'avère finalement que Parche, décrit comme confus et déséquilibré, est un admirateur de Steffi Graf. Il explique son geste par la volonté d'aider sa favorite à récupérer sa place de n°1 mondiale. Déclaré déficient mental par des experts lors de son procès, il sera finalement condamné à une peine de deux ans de prison avec sursis, assortie de l'obligation de suivre des soins psychiatriques, par le tribunal de Hambourg. Seles, de son côté, ne souffre que d'une blessure mineure : ni sa colonne vertébrale ni ses poumons ne sont endommagés et elle s'en sort avec une cicatrice superficielle dans le haut du dos.Si la championne ne souffre guère de séquelles physiques, l'agression la marquera à jamais sur le plan psychologique et elle ne retrouvera les courts qu'après 28 mois de dépression. Un come-back réussi puisqu'elle remportera encore l'Australian Open 1996 et se hissera en finale de l'US Open la même année et de Roland-Garros en 1998. Mais Seles, entretemps naturalisée américaine, ne retrouvera cependant jamais la totale plénitude de ses moyens. Faisant face à des problèmes de désordre alimentaire et à la concurrence de nouvelles joueuses arrivées sur le circuit comme Martina Hingis, Lindsay Davenport ou les soeurs Williams, elle ne dominera plus jamais le circuit féminin comme elle le faisait avant ce funeste jour d'avril 1993.