Par Bernard JEUNEJEAN

Sortir d'un avion à midi pour être enfermés dans un hôtel jusqu'à l'heure du match, disputer celui-ci, puis quitter le stade pour regagner l'aéroport une douzaine d'heures plus tard: vie un peu étriquée pour des galactiques, non? Après ça, on s'étonnera que nos stars du ballon limitent leurs loisirs à la belote et au foot sur PES...

Les stars du Real ne savent pas ce qu'elles ont raté, ayant quitté Liège sans avoir vu ni le Palais des Prince-Evêques, ni le Carré, ni la gare des Guillemins, ni les Coteaux de la Citadelle, ni Saint-Jacques, ni rien du tout d'ardent dans la Cité... Sauf Sclessin, heureusement! Sclessin comble, ardent comme jamais pour un match sans enjeu... ma main au feu que plus d'un Madrilène n'avait jamais disputé pareil gala pour du beurre dans pareille fournaise!

Sur un tel match, les deux coaches n'ont pas le même but. Celui de Dominique D'Onofrio était d'abord de faire en sorte que la fête soit réussie, elle le fut doublement. D'abord parce que le public a vu évoluer les stars madrilènes sans que ses favoris subissent une de ces corrections jamais marrantes. Ensuite parce que D'Ono a su éviter cet écueil, non en alignant ce qu'il avait de plus costaud, mais en osant donner du souvenir à tout son noyau: allez savoir si dans vingt ans, ces minutes jouées face aux Merengues n'auront pas été l'heure de gloire d'une carrière pour un Srdjan Blazic, un Eric Bokanga ou un Gicu Grozav... je ne leur souhaite pas, mais vous me comprenez!

Accessoirement, le coach rouche en a sûrement profité pour se faire quelque idée plus précise sur tel ou tel de son noyau: par exemple que son secteur médian gagne en niaque avec les nombreux poumons d'Eliaquim Mangala, qui aime trop la chasse et la traque pour être cantonné en défense; ou que Kristof Van Hout, qui s'est chiqué un coup franc sur lequel il n'eut pas l'air d'un gardien, est trop grand pour être bon sur les frappes basses; ou que Daniel Opare a autant de potentiel que de déchet par précipitation... Reginal Goreux ferait bien de croire qu'il pourrait compliquer la concurrence entre le Ghanéen et Laurent Ciman! J'dis ça...

Do D'O donnait du plaisir, José Mourinho ne donnait qu'entraînement: m'est avis que ce match devait lui servir à mieux savoir ce qu'il faudra encore éjecter d'un effectif pléthorique. Au Real, c'est kif que l'an dernier, d'abord on achète du neuf, puis on tâche d'élaguer: en août 2009, Wesley Sneijder, Klaas Jan Huntelaar, Ruud van Nistelrooy et Arjen Robben étaient encore Madrilènes... Cette année, Sami Khedira va au moins faire virer du noyau un des deux Diarra, voire Fernando Gago; Rafael van der Vaart pourrait préférer la poudre d'escampette à la proximité de Mesut Ozil; et je ne serais pas surpris que Karim Benzema soit prié d'aller se faire voir, à Paris ou ailleurs, pour cause d'achat de buteur d'élite inattendu...

Tout ce cirque d'allers et venues me désole: les dirigeants madrilènes espèrent que l'effectif 2010-2011 sera plus performant, n'empêche qu'il ne s'agit que d'un effectif différent... et va-t-en te mêler d'affirmer dès maintenant qu'il est intrinsèquement supérieur! Et si cet effectif casse effectivement la baraque et le Barça, sera-ce qu'il l'était ou sera-ce l'effet Mourinho? Justement, celui-là, pour prouver définitivement qu'il est vraiment Special et vraiment One, pourquoi n'a-t-il pas relevé un défi bien plus excitant: exiger que ne soit pas changé d'un iota l'effectif qui presta en 2009-2010 (en n'échouant quand même qu'à trois points de Barcelone), rechaper le vieux Raul qui n'a que 33 piges, garder même le vieux Guti pour réussir ce que nul n'a réussi (c'est-à-dire en faire un doué pas pourri), donner de la consistance à Kaká et des méninges à Benzema, etc... Et faire mieux que le prédécesseur, mais pile poil avec les mêmes gars! José, tu rates quelque chose avant de commencer: y'avait pas plus belle opportunité de démontrer, une bonne fois pour toutes, que t'es le plus fortiche de ta corporation.

Par Bernard JEUNEJEANSortir d'un avion à midi pour être enfermés dans un hôtel jusqu'à l'heure du match, disputer celui-ci, puis quitter le stade pour regagner l'aéroport une douzaine d'heures plus tard: vie un peu étriquée pour des galactiques, non? Après ça, on s'étonnera que nos stars du ballon limitent leurs loisirs à la belote et au foot sur PES... Les stars du Real ne savent pas ce qu'elles ont raté, ayant quitté Liège sans avoir vu ni le Palais des Prince-Evêques, ni le Carré, ni la gare des Guillemins, ni les Coteaux de la Citadelle, ni Saint-Jacques, ni rien du tout d'ardent dans la Cité... Sauf Sclessin, heureusement! Sclessin comble, ardent comme jamais pour un match sans enjeu... ma main au feu que plus d'un Madrilène n'avait jamais disputé pareil gala pour du beurre dans pareille fournaise! Sur un tel match, les deux coaches n'ont pas le même but. Celui de Dominique D'Onofrio était d'abord de faire en sorte que la fête soit réussie, elle le fut doublement. D'abord parce que le public a vu évoluer les stars madrilènes sans que ses favoris subissent une de ces corrections jamais marrantes. Ensuite parce que D'Ono a su éviter cet écueil, non en alignant ce qu'il avait de plus costaud, mais en osant donner du souvenir à tout son noyau: allez savoir si dans vingt ans, ces minutes jouées face aux Merengues n'auront pas été l'heure de gloire d'une carrière pour un Srdjan Blazic, un Eric Bokanga ou un Gicu Grozav... je ne leur souhaite pas, mais vous me comprenez! Accessoirement, le coach rouche en a sûrement profité pour se faire quelque idée plus précise sur tel ou tel de son noyau: par exemple que son secteur médian gagne en niaque avec les nombreux poumons d'Eliaquim Mangala, qui aime trop la chasse et la traque pour être cantonné en défense; ou que Kristof Van Hout, qui s'est chiqué un coup franc sur lequel il n'eut pas l'air d'un gardien, est trop grand pour être bon sur les frappes basses; ou que Daniel Opare a autant de potentiel que de déchet par précipitation... Reginal Goreux ferait bien de croire qu'il pourrait compliquer la concurrence entre le Ghanéen et Laurent Ciman! J'dis ça... Do D'O donnait du plaisir, José Mourinho ne donnait qu'entraînement: m'est avis que ce match devait lui servir à mieux savoir ce qu'il faudra encore éjecter d'un effectif pléthorique. Au Real, c'est kif que l'an dernier, d'abord on achète du neuf, puis on tâche d'élaguer: en août 2009, Wesley Sneijder, Klaas Jan Huntelaar, Ruud van Nistelrooy et Arjen Robben étaient encore Madrilènes... Cette année, Sami Khedira va au moins faire virer du noyau un des deux Diarra, voire Fernando Gago; Rafael van der Vaart pourrait préférer la poudre d'escampette à la proximité de Mesut Ozil; et je ne serais pas surpris que Karim Benzema soit prié d'aller se faire voir, à Paris ou ailleurs, pour cause d'achat de buteur d'élite inattendu... Tout ce cirque d'allers et venues me désole: les dirigeants madrilènes espèrent que l'effectif 2010-2011 sera plus performant, n'empêche qu'il ne s'agit que d'un effectif différent... et va-t-en te mêler d'affirmer dès maintenant qu'il est intrinsèquement supérieur! Et si cet effectif casse effectivement la baraque et le Barça, sera-ce qu'il l'était ou sera-ce l'effet Mourinho? Justement, celui-là, pour prouver définitivement qu'il est vraiment Special et vraiment One, pourquoi n'a-t-il pas relevé un défi bien plus excitant: exiger que ne soit pas changé d'un iota l'effectif qui presta en 2009-2010 (en n'échouant quand même qu'à trois points de Barcelone), rechaper le vieux Raul qui n'a que 33 piges, garder même le vieux Guti pour réussir ce que nul n'a réussi (c'est-à-dire en faire un doué pas pourri), donner de la consistance à Kaká et des méninges à Benzema, etc... Et faire mieux que le prédécesseur, mais pile poil avec les mêmes gars! José, tu rates quelque chose avant de commencer: y'avait pas plus belle opportunité de démontrer, une bonne fois pour toutes, que t'es le plus fortiche de ta corporation.