Par Stéphane Vande Velde

Le président Roland Dûchatelet s'est-il enfermé dans sa tour d'ivoire ? C'est ce que beaucoup de gens craignent. Pour beaucoup, le choix qu'il posera pour remplacer Ron Jans sera capitale et révèlera les ambitions présidentielles pour le Standard. Pourtant, l'ancien président de Saint-Trond a une vraie vision pour le Standard. Le tout est de savoir si elle peut s'appliquer au monde du football.

1. La loyauté

Quand Dûchatelet nomme un entraîneur, il est persuadé des compétences de celui-ci. Il ne le fait pas par défaut et tente toujours de choisir un homme avec lequel le courant passe. Il privilégie autant les qualités humaines que techniques. Jusqu'au bout, il a défendu Guido Brepoels, José Riga et Ron Jans. Il aurait certainement continué avec Riga, même si des dissensions internes minaient le travail de l'entraîneur liégeois. A cause de cette loyauté, on reproche souvent à Dûchatelet son incapacité à trancher et, donc, à licencier. Dans une société où la puissance d'une entreprise se mesure à son insensibilité, à cette capacité à licencier (l'exemple de Ford Genk en est une preuve), Dûchatelet apparait comme un chef vulnérable. Mais pourquoi reprocher au président du Standard ce qui ressemble à de l'humanité alors même que tout le monde vilipende le mode de fonctionnement des entreprises actuelles ? Comme si on admettait la voracité et la loi de la jungle du monde du football là où la rejette partout ailleurs.

2. Il sait écouter

On reproche à Dûchatelet de vivre dans sa tour d'ivoire mais aussi d'être influencé par ses collaborateurs. N'est-ce pas contradictoire ? Dûchatelet n'a jamais refusé la contradiction, ni le débat. Il ne refuse pas les interviews et prend le temps d'expliquer sa vision. Certes, il prend des décisions. Pas toujours populaires. Mais, toujours après avoir pesé le pour et le contre. C'est le propre d'un dirigeant. Sa loyauté, expliquée ci-dessus, démontre que se séparer de Ron Jans ne rentre pas dans ses plans initiaux. Pourtant, il l'a fait. Preuve qu'il sait aussi prendre le pouls de son club. Il y a une semaine, il nous disait : "Je ne pense pas que je vais virer un entraîneur sous la pression populaire mais il y a des problèmes objectifs (comme le fait d'encaisser trop de buts) qui peuvent me conduire à revoir ma position sur la qualité de l'entraîneur. Et ma position peut alors correspondre à celle des supporters. De la même manière, quand j'engage un entraîneur, j'essaye de me poser la question - Comment va-t-il passer auprès des supporters."

3. Le monde du foot est-il fait pour lui ?

Dûchatelet aborde le monde du foot de manière différente. Mais peut-on lui reprocher ce que d'aucuns appellent de l'inexpérience ou de la méconnaissance alors que ceux qui dirigent notre football depuis 20 ans ne l'ont pas fait progresser d'un pas ? Les personnes qui pointent ce milieu fermé et corrompu sont les mêmes qui conseillent au président du Standard de mieux s'entourer et de faire confiance à des gens du sérail. Là encore, n'est-ce pas contradictoire ?

Par Stéphane Vande VeldeLe président Roland Dûchatelet s'est-il enfermé dans sa tour d'ivoire ? C'est ce que beaucoup de gens craignent. Pour beaucoup, le choix qu'il posera pour remplacer Ron Jans sera capitale et révèlera les ambitions présidentielles pour le Standard. Pourtant, l'ancien président de Saint-Trond a une vraie vision pour le Standard. Le tout est de savoir si elle peut s'appliquer au monde du football.1. La loyauté Quand Dûchatelet nomme un entraîneur, il est persuadé des compétences de celui-ci. Il ne le fait pas par défaut et tente toujours de choisir un homme avec lequel le courant passe. Il privilégie autant les qualités humaines que techniques. Jusqu'au bout, il a défendu Guido Brepoels, José Riga et Ron Jans. Il aurait certainement continué avec Riga, même si des dissensions internes minaient le travail de l'entraîneur liégeois. A cause de cette loyauté, on reproche souvent à Dûchatelet son incapacité à trancher et, donc, à licencier. Dans une société où la puissance d'une entreprise se mesure à son insensibilité, à cette capacité à licencier (l'exemple de Ford Genk en est une preuve), Dûchatelet apparait comme un chef vulnérable. Mais pourquoi reprocher au président du Standard ce qui ressemble à de l'humanité alors même que tout le monde vilipende le mode de fonctionnement des entreprises actuelles ? Comme si on admettait la voracité et la loi de la jungle du monde du football là où la rejette partout ailleurs.2. Il sait écouter On reproche à Dûchatelet de vivre dans sa tour d'ivoire mais aussi d'être influencé par ses collaborateurs. N'est-ce pas contradictoire ? Dûchatelet n'a jamais refusé la contradiction, ni le débat. Il ne refuse pas les interviews et prend le temps d'expliquer sa vision. Certes, il prend des décisions. Pas toujours populaires. Mais, toujours après avoir pesé le pour et le contre. C'est le propre d'un dirigeant. Sa loyauté, expliquée ci-dessus, démontre que se séparer de Ron Jans ne rentre pas dans ses plans initiaux. Pourtant, il l'a fait. Preuve qu'il sait aussi prendre le pouls de son club. Il y a une semaine, il nous disait : "Je ne pense pas que je vais virer un entraîneur sous la pression populaire mais il y a des problèmes objectifs (comme le fait d'encaisser trop de buts) qui peuvent me conduire à revoir ma position sur la qualité de l'entraîneur. Et ma position peut alors correspondre à celle des supporters. De la même manière, quand j'engage un entraîneur, j'essaye de me poser la question - Comment va-t-il passer auprès des supporters."3. Le monde du foot est-il fait pour lui ? Dûchatelet aborde le monde du foot de manière différente. Mais peut-on lui reprocher ce que d'aucuns appellent de l'inexpérience ou de la méconnaissance alors que ceux qui dirigent notre football depuis 20 ans ne l'ont pas fait progresser d'un pas ? Les personnes qui pointent ce milieu fermé et corrompu sont les mêmes qui conseillent au président du Standard de mieux s'entourer et de faire confiance à des gens du sérail. Là encore, n'est-ce pas contradictoire ?