Footballeur, cycliste, tennisman, nageur, basketteur, hockeyeur, boxeur... Le sportif de haut niveau fait rêver. Richesse, succès, célébrité... contribuent à faire du sport un idéal "professionnel". Mais à l'instar du rêve américain auquel de nombreuses personnes espèrent un jour participer, le sport de haut niveau est bien loin d'être un long fleuve tranquille. Non seulement parce que celui-ci n'est accessible qu'à une élite, dotée d'un talent, acquis via un dur labeur. Entraînements, entraînements, entraînements... Il n'y a que cela de vrai tandis le doute s'installe toujours dans les esprits, aux moments les plus difficiles. Provoqués par de multiples sacrifices, financiers (à l'inverse de ce que l'on peut penser) et familiaux notamment, nombreux sont les abandons de ce rêve.

Au final, ils sont peu, très peu, à atteindre leur "idéal de vie" dans le sport.

Alors il est vrai qu'il est possible de faire d'une pratique du football ou du tennis , une profession grassement rémunérée. Mais à côté, de cela, énormément de sportifs de haut niveau ont des difficultés à régler leurs fins de mois. Beaucoup n'ont même pas droit à un statut de professionnel et aux avantages qui y sont liés. Dès lors, il est courant qu'au-delà d'une participation intensive aux entraînements et compétitions, les sportifs se voient dans l'obligation de décrocher un emploi sur le côté. Consciente du problème, la Défense a mis en place un programme visant à recruter des athlètes de haut niveau (Sportif d'élite à la Défense, SED). Fin 2015, elle en possèdait 28 en son sein, issus d'une quinzaine de disciplines. "C'est notamment le cas de Toma Nikiforov qui a décroché l'unique médaille belge aux championnats du monde de judo d'Astana en remportant le bronze dans la catégorie des moins de 100 kg", a indiqué le ministre de la Défense, Steven Vandeput à Belga. Si cette possibilité s'offre aux sportifs, elle leur permet non seulement de continuer à concourir en toute viabilité (financière) mais également de bénéficier d'une reconversion en cas de grave blessure, d'abandon ou simplement de retraite.

Les instances d'aide aux sportifs comportent également la Fédération Wallonie-Bruxelles qui, via l'ADEPS, soutient les athlètes accomplis ou en devenir. Elle leur accorde différents aides et services tels que l'accès gratuit aux infrastructures, des avantages financiers mais propose également un programme d'aménagements scolaires. Le Ministre des Sports, René Collin, peut accorder des contrats d'élites sportives, au cas par cas. Les sportifs qui s'en voient dotés bénéficient alors d'une rémunération mensuelle et d'un accès à certaines aides à la performance. "En contrepartie, les sportifs s'engagent à atteindre des objectifs sportifs définis, à adopter une attitude professionnelle (fair-play, dopage) et à promouvoir l'image des sports", peut-on lire sur le site de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Mais au-delà des problèmes financiers, élitistes et de difficulté de vie, un autre souci vient ternir l'image idéalisée du sport de haut niveau. Sasha Yengoyan, champion de boxe en Belgique depuis 4 ans, est soumis à un avis d'expulsion d'après la Dernière Heure. L'Arménien a quitté son pays natal en 2004 pour l'Espagne. Quatre ans plus tard, il a rejoint la Belgique pour y devenir champion de boxe. Problème : il ne peut être naturalisé que s'il trouve un travail. "Mais il est boxeur", allez-vous me dire. C'est vrai mais la boxe n'est pas dotée d'un statut "professionnel". Et donc, "la condition pour être naturalisé en Belgique était de trouver un emploi dans un secteur en pénurie", explique Sasha dans la DH. Il est alors devenu aide cuisinier dans un restaurant de son sponsor. Aujourd'hui, ce métier n'est plus en pénurie et Sasha a reçu un avis d'expulsion.

Pourtant, il a combattu pour les couleurs de notre pays, faisant même retentir la Brabançonne. Au point, d'en recevoir les félicitations royales. "La loi est la loi" diront certains. Quoi qu'il advienne, cette réalité témoigne à nouveau de la difficulté de vie d'une grande majorité des sportifs de haut niveau... et du surréalisme à la belge. Les salaires mirobolants de certains d'entre eux (peu nombreux) ne sont que l'exception qui confirme la règle.

Quentin Droussin

Footballeur, cycliste, tennisman, nageur, basketteur, hockeyeur, boxeur... Le sportif de haut niveau fait rêver. Richesse, succès, célébrité... contribuent à faire du sport un idéal "professionnel". Mais à l'instar du rêve américain auquel de nombreuses personnes espèrent un jour participer, le sport de haut niveau est bien loin d'être un long fleuve tranquille. Non seulement parce que celui-ci n'est accessible qu'à une élite, dotée d'un talent, acquis via un dur labeur. Entraînements, entraînements, entraînements... Il n'y a que cela de vrai tandis le doute s'installe toujours dans les esprits, aux moments les plus difficiles. Provoqués par de multiples sacrifices, financiers (à l'inverse de ce que l'on peut penser) et familiaux notamment, nombreux sont les abandons de ce rêve. Au final, ils sont peu, très peu, à atteindre leur "idéal de vie" dans le sport.Alors il est vrai qu'il est possible de faire d'une pratique du football ou du tennis , une profession grassement rémunérée. Mais à côté, de cela, énormément de sportifs de haut niveau ont des difficultés à régler leurs fins de mois. Beaucoup n'ont même pas droit à un statut de professionnel et aux avantages qui y sont liés. Dès lors, il est courant qu'au-delà d'une participation intensive aux entraînements et compétitions, les sportifs se voient dans l'obligation de décrocher un emploi sur le côté. Consciente du problème, la Défense a mis en place un programme visant à recruter des athlètes de haut niveau (Sportif d'élite à la Défense, SED). Fin 2015, elle en possèdait 28 en son sein, issus d'une quinzaine de disciplines. "C'est notamment le cas de Toma Nikiforov qui a décroché l'unique médaille belge aux championnats du monde de judo d'Astana en remportant le bronze dans la catégorie des moins de 100 kg", a indiqué le ministre de la Défense, Steven Vandeput à Belga. Si cette possibilité s'offre aux sportifs, elle leur permet non seulement de continuer à concourir en toute viabilité (financière) mais également de bénéficier d'une reconversion en cas de grave blessure, d'abandon ou simplement de retraite. Les instances d'aide aux sportifs comportent également la Fédération Wallonie-Bruxelles qui, via l'ADEPS, soutient les athlètes accomplis ou en devenir. Elle leur accorde différents aides et services tels que l'accès gratuit aux infrastructures, des avantages financiers mais propose également un programme d'aménagements scolaires. Le Ministre des Sports, René Collin, peut accorder des contrats d'élites sportives, au cas par cas. Les sportifs qui s'en voient dotés bénéficient alors d'une rémunération mensuelle et d'un accès à certaines aides à la performance. "En contrepartie, les sportifs s'engagent à atteindre des objectifs sportifs définis, à adopter une attitude professionnelle (fair-play, dopage) et à promouvoir l'image des sports", peut-on lire sur le site de la Fédération Wallonie-Bruxelles.Mais au-delà des problèmes financiers, élitistes et de difficulté de vie, un autre souci vient ternir l'image idéalisée du sport de haut niveau. Sasha Yengoyan, champion de boxe en Belgique depuis 4 ans, est soumis à un avis d'expulsion d'après la Dernière Heure. L'Arménien a quitté son pays natal en 2004 pour l'Espagne. Quatre ans plus tard, il a rejoint la Belgique pour y devenir champion de boxe. Problème : il ne peut être naturalisé que s'il trouve un travail. "Mais il est boxeur", allez-vous me dire. C'est vrai mais la boxe n'est pas dotée d'un statut "professionnel". Et donc, "la condition pour être naturalisé en Belgique était de trouver un emploi dans un secteur en pénurie", explique Sasha dans la DH. Il est alors devenu aide cuisinier dans un restaurant de son sponsor. Aujourd'hui, ce métier n'est plus en pénurie et Sasha a reçu un avis d'expulsion. Pourtant, il a combattu pour les couleurs de notre pays, faisant même retentir la Brabançonne. Au point, d'en recevoir les félicitations royales. "La loi est la loi" diront certains. Quoi qu'il advienne, cette réalité témoigne à nouveau de la difficulté de vie d'une grande majorité des sportifs de haut niveau... et du surréalisme à la belge. Les salaires mirobolants de certains d'entre eux (peu nombreux) ne sont que l'exception qui confirme la règle. Quentin Droussin