Le 3 avril de cette année, Valence s'est imposé 2-4 à Getafe : quatre buts de Roberto Soldado. Personne n'avait inscrit de quadruplé dans la Liga depuis le 12 novembre 2006, lorsque Ruud van Nistelrooy, alors au Real Madrid, avait réussi cet exploit contre Osasuna. Soldado était pourtant mal à l'aise : c'est sur le terrain de l'un de ses anciens clubs qu'il s'était surpassé. Et même si ses anciens supporters l'avaient acclamé, il s'était bien gardé de trop extérioriser sa joie. "C'est le premier quadruplé de ma carrière, mais j'aurais préféré le réaliser ailleurs qu'au Coliseum", déclara-t-il. "J'ai gardé beaucoup de tendresse pour ce club et ce public."

Il y a dix jours, pour la reprise du championnat d'Espagne après un week-end de grève, il a remis cela devant ses propres supporters de Valence contre Santander : quatre buts. Seul hic : il en a inscrit trois du bon côté et un du... mauvais côté. Mais comme son club l'a finalement emporté 4-3, il fut malgré tout le héros de la soirée.

La saison dernière, il lui est aussi arrivé d'inscrire quatre buts en une seule semaine... mais sur deux matches. Ce fut le cas lors de la plantureuse victoire 6-1 contre Bursaspor en Ligue des Champions, puis lors d'une autre victoire 2-1 contre Almeria en Liga. Ce "double doublé" lui avait valu d'être élu Joueur de la semaine en Espagne.

Il triomphe dans sa ville natale

Soldado est natif de Valence (le 27 mai 1985), mais il n'y joue que depuis la saison dernière. C'est au Real qu'il a fait toutes ses classes. Comme Javier Portillo, Esteban Granero, Javi Garcia, Adrian Gonzalez ou Ruben de la Red, il n'est pas parvenu à y percer. Il était pourtant très prometteur dans les équipes de jeunes, où il a fait exploser les statistiques de buts marqués. Il a poursuivi sur sa lancée lorsqu'il a intégré l'équipe B, avec 65 buts en trois saisons. Cela lui a valu d'être repris dans le noyau A en 2005, mais ni Wanderley Luxemburgo ni Juan Ramon Lopez Caro ne lui firent réellement confiance.

Lors de l'arrivée de Fabio Capello, il fut prêté à Osasuna en 2006-2007. Avec 11 buts en 30 matches, il fut l'un des artisans du maintien du club de Pampelune. Il est revenu au Bernabeu une saison plus tard, mais toujours sans succès : il joua à peine cinq matches et n'inscrivit pas le moindre but... En 2008, il quitta définitivement le centre de Madrid pour s'établir dans la banlieue, à Getafe, où il fut transféré pour cinq millions. Il y a débarqué en compagnie d' Esteban Granero, ailier talentueux, dans un club qui venait de réaliser une belle campagne européenne et où venait de débarquer un nouvel entraîneur, le célèbre Michel, ancien du... Real qui voyait en Soldado un attaquant très intéressant. Il ne s'était pas trompé, son talent éclata au grand jour : 13 buts la première saison, puis 16 buts la saison suivante. Cette efficacité n'était pas passée inaperçue aux yeux du Rubin Kazan qui s'était dit prêt à offrir à Soldado un salaire de quatre millions nets, mais il a préféré attendre.

En 2010, Valence, qui cherchait un remplaçant à David Villa, l'a acquis pour dix millions. "Je suis convaincu que Soldado peut remplacer Villa", annonça à l'époque le président Manuel Llorente. Arrivé en même temps qu'Aritz Aduriz qui avait explosé avec Majorque, Soldado avait l'avantage d'être moins cher qu' André- Pierre Gignac, le Toulousain (désormais à Marseille) sur qui Valence avait également des vues et qui coûtait 15 millions. L'investissement effectué pour Soldado s'est révélé rentable : la saison dernière, en 44 matches toutes compétitions confondues, il inscrivit 28 buts (dont 18 en championnat). Il a largement contribué à la conquête de la 3e place, donnant un accès à la Ligue des Champions.

Del Bosque songe à lui

En équipe nationale, c'est un peu la même histoire. En 2004, il remporta le Championnat d'Europe U19. Il fut aussi international Espoirs à 17 reprises (7 buts), mais son parcours au sein de la Roja s'est limité à deux petites apparitions sans le moindre but. Cela pourrait-il changer ? Vicente Del Bosque avoue qu'il songe à lui. S'il continue à trouver le chemin des filets avec une telle régularité, il n'y a pas de raison qu'il en aille autrement.

Soldado a aussi un grand coeur. Lorsqu'il était à Getafe, il a participé au tournoi Champions for Africa, organisé au profit d'une £uvre caritative. "Je trouve cela important", admet-il. "Beaucoup de gens nous suivent en tant que footballeur, et nous avons un exemple à donner. Nous avons la chance de mener un niveau de vie très élevé, et je trouve normal d'aider ceux qui n'ont pas eu cette chance, particulièrement en Afrique."

Valence sera le premier adversaire de Genk, mardi prochain à la Cristal Arena. Le club ché vient de perdre un autre de ses fleurons, Juan Mata, vendu à Chelsea pour 27 millions. "Nous avions tous envie que Mata continue avec nous, mais la direction de Valence a posé un acte responsable en le vendant", estime Soldado. "Le club a d'énormes dettes et lorsqu'une opportunité de céder un joueur pour une telle somme se présente, on ne peut pas la laisser passer. Pour Mata aussi, c'est un pas en avant."

Daniel Devos, Sport/Foot Magazine

Le 3 avril de cette année, Valence s'est imposé 2-4 à Getafe : quatre buts de Roberto Soldado. Personne n'avait inscrit de quadruplé dans la Liga depuis le 12 novembre 2006, lorsque Ruud van Nistelrooy, alors au Real Madrid, avait réussi cet exploit contre Osasuna. Soldado était pourtant mal à l'aise : c'est sur le terrain de l'un de ses anciens clubs qu'il s'était surpassé. Et même si ses anciens supporters l'avaient acclamé, il s'était bien gardé de trop extérioriser sa joie. "C'est le premier quadruplé de ma carrière, mais j'aurais préféré le réaliser ailleurs qu'au Coliseum", déclara-t-il. "J'ai gardé beaucoup de tendresse pour ce club et ce public." Il y a dix jours, pour la reprise du championnat d'Espagne après un week-end de grève, il a remis cela devant ses propres supporters de Valence contre Santander : quatre buts. Seul hic : il en a inscrit trois du bon côté et un du... mauvais côté. Mais comme son club l'a finalement emporté 4-3, il fut malgré tout le héros de la soirée. La saison dernière, il lui est aussi arrivé d'inscrire quatre buts en une seule semaine... mais sur deux matches. Ce fut le cas lors de la plantureuse victoire 6-1 contre Bursaspor en Ligue des Champions, puis lors d'une autre victoire 2-1 contre Almeria en Liga. Ce "double doublé" lui avait valu d'être élu Joueur de la semaine en Espagne. Il triomphe dans sa ville natale Soldado est natif de Valence (le 27 mai 1985), mais il n'y joue que depuis la saison dernière. C'est au Real qu'il a fait toutes ses classes. Comme Javier Portillo, Esteban Granero, Javi Garcia, Adrian Gonzalez ou Ruben de la Red, il n'est pas parvenu à y percer. Il était pourtant très prometteur dans les équipes de jeunes, où il a fait exploser les statistiques de buts marqués. Il a poursuivi sur sa lancée lorsqu'il a intégré l'équipe B, avec 65 buts en trois saisons. Cela lui a valu d'être repris dans le noyau A en 2005, mais ni Wanderley Luxemburgo ni Juan Ramon Lopez Caro ne lui firent réellement confiance. Lors de l'arrivée de Fabio Capello, il fut prêté à Osasuna en 2006-2007. Avec 11 buts en 30 matches, il fut l'un des artisans du maintien du club de Pampelune. Il est revenu au Bernabeu une saison plus tard, mais toujours sans succès : il joua à peine cinq matches et n'inscrivit pas le moindre but... En 2008, il quitta définitivement le centre de Madrid pour s'établir dans la banlieue, à Getafe, où il fut transféré pour cinq millions. Il y a débarqué en compagnie d' Esteban Granero, ailier talentueux, dans un club qui venait de réaliser une belle campagne européenne et où venait de débarquer un nouvel entraîneur, le célèbre Michel, ancien du... Real qui voyait en Soldado un attaquant très intéressant. Il ne s'était pas trompé, son talent éclata au grand jour : 13 buts la première saison, puis 16 buts la saison suivante. Cette efficacité n'était pas passée inaperçue aux yeux du Rubin Kazan qui s'était dit prêt à offrir à Soldado un salaire de quatre millions nets, mais il a préféré attendre. En 2010, Valence, qui cherchait un remplaçant à David Villa, l'a acquis pour dix millions. "Je suis convaincu que Soldado peut remplacer Villa", annonça à l'époque le président Manuel Llorente. Arrivé en même temps qu'Aritz Aduriz qui avait explosé avec Majorque, Soldado avait l'avantage d'être moins cher qu' André- Pierre Gignac, le Toulousain (désormais à Marseille) sur qui Valence avait également des vues et qui coûtait 15 millions. L'investissement effectué pour Soldado s'est révélé rentable : la saison dernière, en 44 matches toutes compétitions confondues, il inscrivit 28 buts (dont 18 en championnat). Il a largement contribué à la conquête de la 3e place, donnant un accès à la Ligue des Champions. Del Bosque songe à lui En équipe nationale, c'est un peu la même histoire. En 2004, il remporta le Championnat d'Europe U19. Il fut aussi international Espoirs à 17 reprises (7 buts), mais son parcours au sein de la Roja s'est limité à deux petites apparitions sans le moindre but. Cela pourrait-il changer ? Vicente Del Bosque avoue qu'il songe à lui. S'il continue à trouver le chemin des filets avec une telle régularité, il n'y a pas de raison qu'il en aille autrement. Soldado a aussi un grand coeur. Lorsqu'il était à Getafe, il a participé au tournoi Champions for Africa, organisé au profit d'une £uvre caritative. "Je trouve cela important", admet-il. "Beaucoup de gens nous suivent en tant que footballeur, et nous avons un exemple à donner. Nous avons la chance de mener un niveau de vie très élevé, et je trouve normal d'aider ceux qui n'ont pas eu cette chance, particulièrement en Afrique." Valence sera le premier adversaire de Genk, mardi prochain à la Cristal Arena. Le club ché vient de perdre un autre de ses fleurons, Juan Mata, vendu à Chelsea pour 27 millions. "Nous avions tous envie que Mata continue avec nous, mais la direction de Valence a posé un acte responsable en le vendant", estime Soldado. "Le club a d'énormes dettes et lorsqu'une opportunité de céder un joueur pour une telle somme se présente, on ne peut pas la laisser passer. Pour Mata aussi, c'est un pas en avant." Daniel Devos, Sport/Foot Magazine