Par Bernard JEUNEJEAN

Je crois qu'à jamais, même si la formule bizarre se maintient, ce championnat 2009-2010 restera à part de deux points de vue.

Que 50% des clubs de départ terminent en ayant fêté quelque chose, c'est ahurissant! Anderlecht est champion. La Gantoise a décroché in extremis une deuxième place synonyme de Champions League. Courtrai, Saint-Trond et Zulte-Waregem avaient été fous de joie d'accéder aux play-offs 1. Le Cercle Bruges se savait européen dès avant la finale de la Coupe. Genk s'est offert l'occasion de coiffer Saint-Trond en barrage pour l'Europe, en dépit d'une phase classique décevante. Et Westerlo, 12e, a fêté comme un titre sa victoire en play-offs 2A. Que du bonheur pour 8 clubs sur 16, ça n'arrivera plus jamais! Et on pourrait même ajouter Roulers qui, grâce à la mort de Mouscron, ne fut pas lanterne rouge condamnée d'office à dégringoler... Ceci sans prétendre que nous y avons gagné en équité: le maintien d'une équité sportive et l'invention de suspense supplémentaire sont difficilement compatibles! Et en concluant par une pensée compatissante pour Malines, cocu méritant, 7e sans vrai bonheur...

Deuzio, 15+0=15 et 13+3=16, c'est du calcul de première primaire: ainsi Romelu Lukaku figurera-t-il dans les palmarès en tant que meilleur buteur officiel du championnat 2009-2010, alors que Dorge Kouemaha est le meilleur buteur véritable. Ajoutons en passant qu'un Christian Benteke (comme Mbark Boussoufa d'ailleurs... mais lui n'en est plus à une distinction près!) figurera dans les tablettes avec 9 buts alors qu'il en a planté 14, c'est moche pour lui!

Soyons sérieux: Anderlecht et le Club ont joué le même nombre de matches face aux mêmes adversaires, et notre statisticien Claude Henrot a bien précisé que l'IFFHS (Fédération Internationale de l'Histoire et des Statistiques de Football) était formelle en pareil cas: si des play-offs servent à déterminer un champion national, le meilleur buteur national n'est déterminé qu'à l'issue de ces play-offs!

D'accord, si Kouemaha avait dépassé Lukaku en jouant les play-offs 2, on aurait pu comprendre: le Camerounais aurait alors buté face à des adversaires en principe moins forts. Mais ce ne fut pas le cas, ce fut même l'inverse: c'est Lukaku qui se mit àêtre muet en play-offs 1... face à une opposition théoriquement supérieure à celle de la phase classique! Encore heureux que ces deux-là aient eu la bonne idée de planter un seul même petit but face à Mouscron, pour ne pas accentuer le ridicule de cette distinction individuelle!

Soyons d'ailleurs clowns jusqu'au bout, et décernons à Jaycee Okwunwanne le titre de meilleur buteur-fantôme 2009-2010 (8 buts au classement, avec une équipe disparue des tablettes), et à Dawid Janczyk (11 buts) celui de meilleur buteur hybride: le Polonais a scoré pour le Germinal Beerschot, pour Lokeren contre le Germinal Beerschot, et contre Mouscron qui n'existe pas. Ne lui manque qu'un auto but pour rigoler complet...

Encore une remarque sur cette saison, au cours de laquelle un rude hiver et du n'importe quoi ont fait que les rencontres se sont parfois succédé à un rythme plus que soutenu: au point que les petits clubs se sont estimés désavantagés, n'ayant pas comme les grands un noyau qu'on peut faire tourner. "Notre effectif n'est pas taillé pour deux matches par semaine, par rapport à un Anderlecht disposant de deux équipes aussi fortes l'une que l'autre", pestait en hiver Roland Duchâtelet... qu'on peut comprendre mais qui n'a pas tellement raison: des caïds aux plus humbles, la différence de rotation n'est pas celle qu'on croit! Quand seront connus les temps de jeu de chaque joueur au sein des différents effectifs cette saison, totalisez pour chaque club le temps de jeu des 14 ou 15 joueurs ayant le plus joué: si ce dont se plaignaient le président de Saint-Trond et d'autres était exact, plus le club est un caïd, plus ce chiffre total serait bas, n'est-ce pas? Prenez alors votre calculette, et vous constaterez ne guère pouvoir établir de parallèle entre les gros budgets et les gros taux de rotation. Les noyaux qui tournent le plus sont d'abord et surtout liés aux blessures, à la fièvre du mercato d'hiver et au manque éventuel de résultats.

Par Bernard JEUNEJEANJe crois qu'à jamais, même si la formule bizarre se maintient, ce championnat 2009-2010 restera à part de deux points de vue. Que 50% des clubs de départ terminent en ayant fêté quelque chose, c'est ahurissant! Anderlecht est champion. La Gantoise a décroché in extremis une deuxième place synonyme de Champions League. Courtrai, Saint-Trond et Zulte-Waregem avaient été fous de joie d'accéder aux play-offs 1. Le Cercle Bruges se savait européen dès avant la finale de la Coupe. Genk s'est offert l'occasion de coiffer Saint-Trond en barrage pour l'Europe, en dépit d'une phase classique décevante. Et Westerlo, 12e, a fêté comme un titre sa victoire en play-offs 2A. Que du bonheur pour 8 clubs sur 16, ça n'arrivera plus jamais! Et on pourrait même ajouter Roulers qui, grâce à la mort de Mouscron, ne fut pas lanterne rouge condamnée d'office à dégringoler... Ceci sans prétendre que nous y avons gagné en équité: le maintien d'une équité sportive et l'invention de suspense supplémentaire sont difficilement compatibles! Et en concluant par une pensée compatissante pour Malines, cocu méritant, 7e sans vrai bonheur... Deuzio, 15+0=15 et 13+3=16, c'est du calcul de première primaire: ainsi Romelu Lukaku figurera-t-il dans les palmarès en tant que meilleur buteur officiel du championnat 2009-2010, alors que Dorge Kouemaha est le meilleur buteur véritable. Ajoutons en passant qu'un Christian Benteke (comme Mbark Boussoufa d'ailleurs... mais lui n'en est plus à une distinction près!) figurera dans les tablettes avec 9 buts alors qu'il en a planté 14, c'est moche pour lui! Soyons sérieux: Anderlecht et le Club ont joué le même nombre de matches face aux mêmes adversaires, et notre statisticien Claude Henrot a bien précisé que l'IFFHS (Fédération Internationale de l'Histoire et des Statistiques de Football) était formelle en pareil cas: si des play-offs servent à déterminer un champion national, le meilleur buteur national n'est déterminé qu'à l'issue de ces play-offs!D'accord, si Kouemaha avait dépassé Lukaku en jouant les play-offs 2, on aurait pu comprendre: le Camerounais aurait alors buté face à des adversaires en principe moins forts. Mais ce ne fut pas le cas, ce fut même l'inverse: c'est Lukaku qui se mit àêtre muet en play-offs 1... face à une opposition théoriquement supérieure à celle de la phase classique! Encore heureux que ces deux-là aient eu la bonne idée de planter un seul même petit but face à Mouscron, pour ne pas accentuer le ridicule de cette distinction individuelle!Soyons d'ailleurs clowns jusqu'au bout, et décernons à Jaycee Okwunwanne le titre de meilleur buteur-fantôme 2009-2010 (8 buts au classement, avec une équipe disparue des tablettes), et à Dawid Janczyk (11 buts) celui de meilleur buteur hybride: le Polonais a scoré pour le Germinal Beerschot, pour Lokeren contre le Germinal Beerschot, et contre Mouscron qui n'existe pas. Ne lui manque qu'un auto but pour rigoler complet... Encore une remarque sur cette saison, au cours de laquelle un rude hiver et du n'importe quoi ont fait que les rencontres se sont parfois succédé à un rythme plus que soutenu: au point que les petits clubs se sont estimés désavantagés, n'ayant pas comme les grands un noyau qu'on peut faire tourner. "Notre effectif n'est pas taillé pour deux matches par semaine, par rapport à un Anderlecht disposant de deux équipes aussi fortes l'une que l'autre", pestait en hiver Roland Duchâtelet... qu'on peut comprendre mais qui n'a pas tellement raison: des caïds aux plus humbles, la différence de rotation n'est pas celle qu'on croit! Quand seront connus les temps de jeu de chaque joueur au sein des différents effectifs cette saison, totalisez pour chaque club le temps de jeu des 14 ou 15 joueurs ayant le plus joué: si ce dont se plaignaient le président de Saint-Trond et d'autres était exact, plus le club est un caïd, plus ce chiffre total serait bas, n'est-ce pas? Prenez alors votre calculette, et vous constaterez ne guère pouvoir établir de parallèle entre les gros budgets et les gros taux de rotation. Les noyaux qui tournent le plus sont d'abord et surtout liés aux blessures, à la fièvre du mercato d'hiver et au manque éventuel de résultats.