Par Bernard JEUNEJEAN

Je ne vois guère ce qu'ils pourraient faire, sinon choisir de vivre en fonction de leurs moyens, se rapprocher du monde amateur, et seulement craindre tranquillement de se (ré)engouffrer en D3 : de même que les clubs de D3 redoutent le gouffre de la Promotion, et ainsi de suite jusqu'à la dernière Provinciale. La plus belle pyramide du monde ne peut donner que ce qu'elle a.

Les médias n'ont pas le pouvoir de faire du ramdam à tous les niveaux... et notre D2 n'est plus notre deuxième niveau, c'est bien là le changement ! Jadis, outre l'équipe de notre bled, nous suivions passionnément le top, c'est-à-dire notre D1 nationale. Et nous nous intéressions dans la foulée à son antichambre, même que la RTBF nous filait parfois des résumés de matches de D2 ! Aujourd'hui, les médias nous diffusent tous les matches de l'antichambre... sauf que l'antichambre du top, c'est devenu la D1 ! Une élite de proximité que nous suivons encore par tradition amoureuse (Anderlecht, Bruges, Standard, comment oublier Histoire et atavismes ! ?) : mais une élite de seconde zone que les meilleures individualités rêvent de quitter pour un de ces grands championnats... tout aussi télévisés chez nous, et nous aimons ça !

D'aucuns savourent la Premier League comme du petit lait, ils en connaissent les rebondissements mieux que ceux de la Jupiler League, surtout qu'évoluent là-bas des compatriotes ! Si tu es de Saint-Trond, y'a pas photo entre t'intéresser au Tirlemont voisin plutôt qu'au Sunderland de Simon Mignolet... Et sauf si tu es Carolo, rapport à l'excitation, y'a pas photo entre le Barça et Charleroi ! C'est comme ça, et la tendance va s'accentuer. On ne peut pas tout voir, la D2 est promise à nous intéresser autant que la D3, plus encore en Wallonie où les clubs y sont d'éternité minoritaires et transparents.

Depuis 1952-1953, saison où la D2 est redevenue à série unique, les clubs wallons y ont remporté cinq titres seulement sur 59 ! Merci à Verviers (1956), l'Olympic (1974), Seraing (1982 et 1993) et Mons (2006).

Gageons toutefois que le sixième titre est imminent, via Eupen ou Charleroi. Faudrait surtout que les Zèbres réintègrent leur D1 : et que le foot fourgue enfin quelque plaisir à Abbas Bayat, qui le mérite (si, si !) pour sa persévérance. L'Iranien mal rasé est énervant de prétention quand il s'érige en censeur tactique ou quand il considère le foot comme une version simplifiée des affaires. Mais quand il descend en flammes la corporation des entraîneurs (remember son - 80 % sont des incapables !), on devrait creuser la provoc au lieu de classer l'Abbas hurluberlu définitif.

Bayat a souvent limogé ? Bof, il n'est pas le seul. Mais rappelons-nous ses choix. En ouvrant (trop) grands yeux et oreilles, il a essayé de tout : belges ou étrangers, néophytes ou vieux renards, ex-joueurs du top ou plus obscurs. Aucun n'a propulsé les Zèbres au Septième Ciel. Mais surtout, Oncle Abbas n'a jamais pu déceler de différence, ou de supériorité, selon que le coach en place avait tel profil ou tel autre. Or, faut savoir que ce business-mec a étudié le management à l'Univ' de Columbia, et même choisi comme thèse de doctorat les comportements de leadership ! Alors, lorsque ça foire même en D2, lorsqu'un nom comme Jos Daerden n'arrive pas plus qu'un autre à leadershipper, normal que Bayat frôle la démence et se demande s'il est docteur ou toujours doctorant.

Se remettre en question ne pouvait alors être que tenter une expérience inhabituelle, celle d'un T2 qui sera T1 sans en avoir le statut maudit : Bayat décide de garder Tibor Balog tant que ça fonctionne... et ça fonctionne ! Dès lors, l'officialiser maintenant comme T1, ce serait rompre le charme (et l'efficacité) de l'inédit. Superstition ou expérimentation, mieux vaut ne rien bouleverser. En fait, plus bizarre que Balog-T1-Canada Dry, est le fait qu'Abbas vienne de modifier un staff performant en y greffant soudain un Alex Chteline qui n'est pourtant pas docteur en psycho/philo...

Par Bernard JEUNEJEANJe ne vois guère ce qu'ils pourraient faire, sinon choisir de vivre en fonction de leurs moyens, se rapprocher du monde amateur, et seulement craindre tranquillement de se (ré)engouffrer en D3 : de même que les clubs de D3 redoutent le gouffre de la Promotion, et ainsi de suite jusqu'à la dernière Provinciale. La plus belle pyramide du monde ne peut donner que ce qu'elle a. Les médias n'ont pas le pouvoir de faire du ramdam à tous les niveaux... et notre D2 n'est plus notre deuxième niveau, c'est bien là le changement ! Jadis, outre l'équipe de notre bled, nous suivions passionnément le top, c'est-à-dire notre D1 nationale. Et nous nous intéressions dans la foulée à son antichambre, même que la RTBF nous filait parfois des résumés de matches de D2 ! Aujourd'hui, les médias nous diffusent tous les matches de l'antichambre... sauf que l'antichambre du top, c'est devenu la D1 ! Une élite de proximité que nous suivons encore par tradition amoureuse (Anderlecht, Bruges, Standard, comment oublier Histoire et atavismes ! ?) : mais une élite de seconde zone que les meilleures individualités rêvent de quitter pour un de ces grands championnats... tout aussi télévisés chez nous, et nous aimons ça ! D'aucuns savourent la Premier League comme du petit lait, ils en connaissent les rebondissements mieux que ceux de la Jupiler League, surtout qu'évoluent là-bas des compatriotes ! Si tu es de Saint-Trond, y'a pas photo entre t'intéresser au Tirlemont voisin plutôt qu'au Sunderland de Simon Mignolet... Et sauf si tu es Carolo, rapport à l'excitation, y'a pas photo entre le Barça et Charleroi ! C'est comme ça, et la tendance va s'accentuer. On ne peut pas tout voir, la D2 est promise à nous intéresser autant que la D3, plus encore en Wallonie où les clubs y sont d'éternité minoritaires et transparents. Depuis 1952-1953, saison où la D2 est redevenue à série unique, les clubs wallons y ont remporté cinq titres seulement sur 59 ! Merci à Verviers (1956), l'Olympic (1974), Seraing (1982 et 1993) et Mons (2006). Gageons toutefois que le sixième titre est imminent, via Eupen ou Charleroi. Faudrait surtout que les Zèbres réintègrent leur D1 : et que le foot fourgue enfin quelque plaisir à Abbas Bayat, qui le mérite (si, si !) pour sa persévérance. L'Iranien mal rasé est énervant de prétention quand il s'érige en censeur tactique ou quand il considère le foot comme une version simplifiée des affaires. Mais quand il descend en flammes la corporation des entraîneurs (remember son - 80 % sont des incapables !), on devrait creuser la provoc au lieu de classer l'Abbas hurluberlu définitif. Bayat a souvent limogé ? Bof, il n'est pas le seul. Mais rappelons-nous ses choix. En ouvrant (trop) grands yeux et oreilles, il a essayé de tout : belges ou étrangers, néophytes ou vieux renards, ex-joueurs du top ou plus obscurs. Aucun n'a propulsé les Zèbres au Septième Ciel. Mais surtout, Oncle Abbas n'a jamais pu déceler de différence, ou de supériorité, selon que le coach en place avait tel profil ou tel autre. Or, faut savoir que ce business-mec a étudié le management à l'Univ' de Columbia, et même choisi comme thèse de doctorat les comportements de leadership ! Alors, lorsque ça foire même en D2, lorsqu'un nom comme Jos Daerden n'arrive pas plus qu'un autre à leadershipper, normal que Bayat frôle la démence et se demande s'il est docteur ou toujours doctorant. Se remettre en question ne pouvait alors être que tenter une expérience inhabituelle, celle d'un T2 qui sera T1 sans en avoir le statut maudit : Bayat décide de garder Tibor Balog tant que ça fonctionne... et ça fonctionne ! Dès lors, l'officialiser maintenant comme T1, ce serait rompre le charme (et l'efficacité) de l'inédit. Superstition ou expérimentation, mieux vaut ne rien bouleverser. En fait, plus bizarre que Balog-T1-Canada Dry, est le fait qu'Abbas vienne de modifier un staff performant en y greffant soudain un Alex Chteline qui n'est pourtant pas docteur en psycho/philo...