Dans le monde du football, il est fréquent d'affaiblir un rival en lui prenant ses meilleurs joueurs ou son entraîneur. Le Bayern Munich applique cette recette avec succès depuis des années. Il s'est servi à Schalke 04, au Borussia Dortmund, à Hoffenheim et, dernièrement, au Red Bull Leipzig.
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Dans le monde du football, il est fréquent d'affaiblir un rival en lui prenant ses meilleurs joueurs ou son entraîneur. Le Bayern Munich applique cette recette avec succès depuis des années. Il s'est servi à Schalke 04, au Borussia Dortmund, à Hoffenheim et, dernièrement, au Red Bull Leipzig. En février, les Young Boys de Berne, entraînés par Gerardo Seoane, éliminaient le Bayer Leverkusen en seizièmes de finale de la Ligue des Champions. La différence de buts en disait long et impressionnait Rudi Völler. Le manager contactait sans tarder l'ex-international U21 suisse et lui offrait un contrat de trois ans, n'hésitant pas à verser une indemnité de rupture d'un million au club de la capitale, où Seoane était encore sous contrat jusqu'en 2023. "Le parcours de Gerardo à Berne est impressionnant", disait l'ex-attaquant dans Kicker. "Je suis convaincu qu'il va apporter quelque chose à la Bundesliga." Les Young Boys de Berne viennent d'être sacrés champions de Suisse pour la quatrième fois d'affilée. D'abord avec Adi Hütter (qui va quitter Francfort pour le Borussia Mönchengladbach) puis trois fois avec Seoane, un entraîneur d'origine espagnole qui parle allemand, anglais, italien, français et portugais sans accent. Un véritable polyglotte. Sa mission est simple: gagner des matches tout en conservant le football spectaculaire prôné par le Hollandais Peter Bosz, limogé en mars après une série de défaites. "Cela fait un bout de temps que nous jouons de façon offensive, dominatrice et très technique", dit le directeur sportif, Simon Rolfes. Seoane, qui a également remporté la Coupe de Suisse en 2020, a de la chance: financièrement, le Bayer Leverkusen n'a pas été trop affecté par la pandémie. En terminant sixième, il a décroché un ticket pour la phase de poules de l'Europa League mais il vise bien plus haut: il veut terminer parmi les quatre premiers et se qualifier pour la Ligue des Champions. HannesWolf, lui, retourne travailler à la fédération allemande, où il occupe le rôle de sélectionneur des U18 depuis octobre 2020. Fin mars, Leverkusen avait loué l'ex-entraîneur de Stuttgart et de Hambourg pour huit matches de championnat. Wolf a opté pour un 3-4-2-1 qu'il a transformé à deux reprises en 4-2-3-1 et une fois (contre Dortmund) en 4-4-2, avec deux médians défensifs. Il a stabilisé l'équipe et a pris 12 points sur 24 (10 buts inscrits, 8 encaissés). Ce bulletin de 50% des points démontre que l'équipe peut faire mieux. Les moments magiques du premier tiers de la saison, qui avait vu Leverkusen occuper la tête du classement, ont complètement disparu. C'est pourquoi le club a décidé de changer. Seoane doit désormais veiller à exploiter avec régularité l'énorme potentiel d'un noyau dont fait partie Leon Bailey (ex-Genk, 9 buts et 9 assists en 30 matches, sous contrat jusqu'en2023). Avec la fin de carrière des jumeaux Lars et Sven Bender, qui quittent le monde du football professionnel après 15 ans et un total commun de 865 matches de Bundesliga, le nouveau coach perd cependant deux garants de la culture du club, des gars qui n'hésitaient pas à retrousser leurs manches. Seoane a la réputation de vouloir tout contrôler, c'est un sanguin qui lit beaucoup et suit des cours de people management. Il accorde beaucoup d'importance à la communication directe, à l'attitude et à l'interaction sociale. Aux Young Boys de Berne, il jouait toujours en 4-4-2.