La Coupe de France. Terre d'exploits et d'histoire. Une représentation parfaite de la beauté du foot. Une compétition où le petit peut bousculer le grand, où un club professionnel arrosé aux millions d'euros peut perdre face à des amateurs. Les exemples de performances complètement inattendues ne manquent pas. Cette année, les amateurs d'exploits vibrent au gré des performances du GFA Rumilly Vallières dans une saison décidemment pas comme les autres.
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La Coupe de France. Terre d'exploits et d'histoire. Une représentation parfaite de la beauté du foot. Une compétition où le petit peut bousculer le grand, où un club professionnel arrosé aux millions d'euros peut perdre face à des amateurs. Les exemples de performances complètement inattendues ne manquent pas. Cette année, les amateurs d'exploits vibrent au gré des performances du GFA Rumilly Vallières dans une saison décidemment pas comme les autres. L'histoire du GFA Rumilly Vallières est très récente. Né en 2018 de la fusion de deux clubs voisins, le Football Club Sportif Rumilly et l'ES Vallières évolue en quatrième division et est entraîné par un certain Fatsah Amghar. Avec la crise sanitaire, le début de la compétition est retardé à février. Le GFA s'en sort très bien au départ en se qualifiant pour les huitièmes de finale grâce à trois séances de tirs au but en quatre matches dont une face à Annecy, équipe du troisième échelon français. En huitièmes de finale, les Savoyards ont la chance d'affronter Le Puy Foot, club de National 2 comme eux. La victoire des Bleus est sans appel: 4-0. Les choses sérieuses commencent en quarts en accueillant Toulouse, encore en Ligue 1 la saison passée et bien sûr archi favori. Les supporters encouragent leur équipe avant la rencontre, dans la mesure du possible, l'exploit semble envisageable - pourquoi pas? Dans le vestiaire, le coach montre une citation de l'immense Rafael Nadal qu'il a affichée: "On gagne plus avec le coeur, avec la volonté qu'autre chose". Imparable. Amghar embraie en expliquant que c'est la Coupe de France, que tout est dit dans cette citation. Il se dit fier de son équipe, mais veut en être encore plus fier au coup de sifflet final. Les joueurs rentrent sur la pelouse, prêts à offrir un tournant inattendu à la rencontre. À la 19e minute, le capitaine Peuget place un coup franc millimétré sur la tête de son partenaire d'entrejeu, Guillaud. Le GFA mène 1-0 à la pause. Incroyable, même si ça ne suffit pas, qu'il faut encore tenir trois quarts d'heure au minimum. Dans les vestiaires, l'entraîneur encourage son équipe et l'incite à continuer "à résister et à souffrir". L'exploit est en marche. À moins de dix minutes de la fin du match, le GFA double son avance. Les rares spectateurs présents dans la tribune peuvent exulter. L'histoire est en train de s'écrire. Quelques minutes plus tard, c'est fait. Rumilly Vallières élimine Toulouse et se qualifie pour les demi-finales de la Coupe de France, évidemment pour la première fois de son histoire. Les joueurs sont à terre, les dirigeants pleurent, le staff est aux anges, personne n'aurait pu rêver un tel scénario. Au coup de sifflet final, Luc Chabert, l'un des co-présidents, a du mal à réaliser: "Il n'y a que le football qui peut nous amener dans des situations comme ça, ce sont des événements extraordinaires. On a remercié le dieu du foot." Le dieu du foot, rien de moins! Tous euphoriques d'avoir réalisé un tel exploit, les joueurs se mettent tous à chanter une comptine: "Les petits oiseaux, points. Ils ont des plumes, point-virgule. Et ils sautillent de branche en branches. Point à la ligne, on recommence!" Alors que le club n'a pu jouer que neuf matches de championnat en raison de la situation sanitaire, le GFA réalise un exploit majuscule qui restera gravé dans les annales. Reste à voir si le club pourra faire pareil contre Monaco pour rester, à jamais, dans la légende du football français.