A l'instar de l'Euro, la 47e édition de la Copa América a été reportée d'un an. Pour la première fois, la compétition devait être co-organisée par deux nations: la Colombie et l'Argentine. L'extra-sportif en aura décidé autrement, les deux pays ayant décidé de se retirer purement et simplement de l'organisation. Des retraits qui symbolisent les tracas d'un continent proche du chaos.
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A l'instar de l'Euro, la 47e édition de la Copa América a été reportée d'un an. Pour la première fois, la compétition devait être co-organisée par deux nations: la Colombie et l'Argentine. L'extra-sportif en aura décidé autrement, les deux pays ayant décidé de se retirer purement et simplement de l'organisation. Des retraits qui symbolisent les tracas d'un continent proche du chaos. Fin mai, après une demande du report de la compétition refusée par la Confédération sud-américaine de football, la Colombie annonce que la Copa América ne s'arrêtera pas sur son territoire. Frappé par une nouvelle vague de coronavirus, le pays voit sa situation sanitaire se dégrader, ce qui ne lui permet pas d'organiser l'évènement en toute sécurité. Une occasion en or pour le gouvernement de passer sous silence un climat social périlleux, véritable cause de la décision du Locombia. Les dernières rencontres de Copa Libertadores, maintenues malgré la fronde sociale qui gronde au sein du pays, sont le témoin d'une situation civile intenable où les morts ne se comptent plus sur les doigts d'une main. Dans ces conditions, difficile d'imaginer un quelconque évènement sportif se tenir sur le sol colombien. Si, rapidement, l'Argentine se porte volontaire pour assumer seule le poids de l'organisation, elle va vite déchanter. D'ordinaire symbole de légèreté pour la population, la Copa América 2021 est un fardeau. La situation épidémiologique aura eu raison des engagements argentins envers la Conmebol. Au coeur de la période la plus critique de la pandémie, même les habitants, passionnés à l'extrême, tournent le dos à leur sport adoré. La balance sanitaire fait pencher la population argentine du côté de la raison. Sans domicile fixe moins de deux semaines avant son coup d'envoi, la Copa América trouve finalement refuge au Brésil. La superficie et les infrastructures que possèdent le pays sont mises en avant par la Conmebol pour justifier ce choix. De son côté, à Brasilia, le secrétaire du gouvernement, Luiz Eduardo Ramos, a d'ores et déjà énoncé les modalités qui seraient mises en place: des délégations restreintes et vaccinées ainsi qu'un huis clos total. Devant l'avancée des opérations, une autre interrogation fait surface: après la Coupe du monde 2014, les J.O. 2016 et la Copa América 2019, où le Brésil trouvera-t-il les ressources pour ne pas couler face à cet imprévu? Si la délocalisation en pays auriverde pose question, le maintien pur et simple de la compétition est un réel débat de société. Certains membres de l'opposition évoquent même la possibilité de saisir la cour suprême pour éviter que le tournoi ait lieu. A l'heure où le peuple craint une 3e vague de contamination, le gouvernement est qualifié d'assassin. Il n'y a pas que les autorités qui manifestent leur indignation quant au maintien du tournoi. Des joueurs, et pas n'importe lesquels, ont également pris la parole. Luis Suárez se dit " frappé par le fait que la Copa América se joue malgré la situation actuelle", tandis que son compatriote uruguayen, Edinson Cavani, juge totalement irresponsable de jouer au football dans ces conditions. Dans le cas où rien ne change, la 47e Copa América se déroulera au Brésil du 13 juin au 10 juillet. Et ce, pour la sixième fois de l'histoire. Lors des 5 précédentes éditions sur son territoire (1919, 1922, 1949, 1989 et 2019), la sélection auriverde a systématiquement été couronnée. Si le verdict est connu d'avance, ne serait-ce pas une raison de plus pour ne pas jouer?