Le fils de l'ancien gardien légendaire Peter Schmeichel a dû se faire un prénom. Cela n'a pas été facile, au départ, pour Kasper. Mais aujourd'hui, on peut dire qu'il a réussi. Après avoir commencé sa carrière à Manchester City, Kasper Schmeichel a atterri à Leicester City il y a dix ans, après plusieurs locations. Ce club a été promu de Championship en Premier League en 2014. La première saison, les Foxes sont parvenus sur le fil à se maintenir, et la saison suivante, ils ont réalisé l'une des plus grandes surprises de l'histoire du football en devenant champions d'Angleterre. Cette saison, le club a ajouté une première FA Cup à son palmarès, grâce à un but de Youri Tielemans.
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Le fils de l'ancien gardien légendaire Peter Schmeichel a dû se faire un prénom. Cela n'a pas été facile, au départ, pour Kasper. Mais aujourd'hui, on peut dire qu'il a réussi. Après avoir commencé sa carrière à Manchester City, Kasper Schmeichel a atterri à Leicester City il y a dix ans, après plusieurs locations. Ce club a été promu de Championship en Premier League en 2014. La première saison, les Foxes sont parvenus sur le fil à se maintenir, et la saison suivante, ils ont réalisé l'une des plus grandes surprises de l'histoire du football en devenant champions d'Angleterre. Cette saison, le club a ajouté une première FA Cup à son palmarès, grâce à un but de Youri Tielemans. Schmeichel ne tarit pas d'éloges à propos du jeune Bruxellois, mais également à propos de Timothy Castagne et Dennis Praet, les deux autres Belges de Leicester. Mais, avant de parler d'eux, nous avons évoqué le prochain EURO et les chances du Danemark. Schmeichel n'en est pas à son premier rêve footballistique, et aujourd'hui, il pourrait égaler son père avec l'équipe nationale. Celui-ci a été champion d'Europe en 1992, à la surprise générale. Au sein de l'équipe, a-t-on le sentiment que le Danemark peut aller loin dans ce tournoi? KASPER SCHMEICHEL: Je ne m'étais pas vraiment posé cette question-là lorsque je suis arrivé en équipe nationale pour entamer la préparation à l'EURO. Mais nous avons certainement une bonne équipe. Ces dernières années, nous avons joué à un niveau très élevé. Nous sommes bien entraînés et ce groupe joue ensemble depuis longtemps. Cela donne beaucoup de confiance. Donc, ce serait stupide de penser que nous ne puissions pas aller loin. Vous jouerez vos trois matches de poule à domicile, à Copenhague. Cela fait quoi d'avoir l'avantage du terrain pour une phase finale d'un grand tournoi, ce qui n'était jamais arrivé à une équipe danoise dans le passé? SCHMEICHEL: C'est fantastique. Il y a un an, on rêvait tous de jouer dans un Parken Stadion plein à ras bords. Ce ne sera pas possible cette année, mais il y aura quand même des spectateurs présents dans le stade. C'est beau qu'un petit pays comme le nôtre puisse avoir l'honneur de co-organiser un tournoi d'une telle envergure. Nous, les joueurs, en sommes très heureux, et je pense que la plupart des Danois le sont également, car nous n'avons encore jamais vécu un tel événement dans le pays. Lors du deuxième match, vous serez opposé à la Belgique. En avez-vous déjà parlé avec vos trois équipiers belges de Leicester? SCHMEICHEL: Non, nous n'avons pas vraiment évoqué la sujet. Nos deux pays se sont déjà affrontés à deux reprises en Nations League, et les Belges nous ont battus deux fois. Peut-être auront-ils le sentiment qu'ils n'auront qu'à paraître pour vaincre (il rit) . Nous savons à quoi nous attendre contre la Belgique. Ce n'est pas pour rien si les Diables Rouges sont les numéros un mondiaux. Youri, Dennis et Timothy sont des joueurs de grande classe, ils le montrent tous les jours à l'entraînement. Lorsqu'on les voit à l'oeuvre, on se rend compte que ce sont vraiment des quality players. Mais lorsqu'on regarde l'équipe belge, on pourrait dire la même chose de tous les joueurs, à toutes les positions. Tielemans s'est rendu inoubliable à Leicester en inscrivant un but sublime en finale de la Cup contre Chelsea. Qu'avez-vous pensé, lorsqu'il a marqué d'aussi loin? SCHMEICHEL: J'ai d'abord cru que le but ne serait pas accordé. J'ai pensé que le VAR sanctionnerait Ayoze Pérez ( pour une éventuelle faute de main, ndlr). Je n'ai donc pas directement célébré ce but. Mais lorsque j'ai eu la certitude qu'il était accordé, j'étais évidemment très heureux. Ce but démontre de quoi Youri est capable, et il est la preuve du niveau qu'il atteint lors de chaque match. Il est l'homme des grands moments, il réussit toujours ce genre de geste lorsque nous en avons besoin ou lorsque nous sommes sous pression. Ce but n'aurait évidemment fait tache nulle part, mais il a encore plus de valeur lorsqu'il est inscrit en finale de la Cup. Que demander de plus? Lequel des trois Belges vous a-t-il le plus impressionné, cette saison? SCHMEICHEL: Honnêtement, tous les trois. Chacun à leur manière. Youri est évidemment au-dessus du lot, à cause de son importance pour l'équipe. Il est le joueur qui fait en sorte que tout fonctionne bien. Celui qui fait jouer les autres. Et, lorsqu'il est au meilleur de sa forme, c'est toute l'équipe qui s'en ressent. C'est incroyable, la maturité dont il fait déjà preuve à son âge. Son jeu est celui d'un joueur expérimenté. Il a déjà joué dans plusieurs championnats européens et il est le leader de l'axe central. Timothy est un joueur très énergique, qui court énormément. Il est très bon avec le ballon, il est toujours bien positionné et il sait aussi se montrer dangereux devant le but. Dennis a eu la malchance de se blesser aux adducteurs, juste au moment où il commençait à trouver son rythme de croisière. Avant cette blessure, j'ai eu l'occasion d'apprécier quel genre de joueur il était. A l'entraînement, il montre beaucoup de belles choses. Leicester a de la chance de pouvoir compter sur trois joueurs aussi intéressants. Le fait qu'avec Leicester, vous ayez réussi des exploits incroyables sans jamais avoir été cités parmi les favoris, vous donne-t-il une motivation supplémentaire avec le Danemark dans l'optique de l'EURO? SCHMEICHEL: Si on regarde les résultats des quatre dernières années, on constate que nous formons un groupe très structuré et une équipe qui ne manque pas de talent. Nous sommes très difficiles à battre. Si nous parvenons à prendre l'avance, il est très rare que nous nous fassions remonter. En parlant de favori: lors du match contre la Belgique, celui qui le sera me paraît évident. Les Diables Rouges ont tellement de bons joueurs, et ils ont réalisé de tels résultats ces dernières années. Mais nous savons que nous avons aussi une très bonne équipe. Nous jouerons match par match. C'est un cliché, bien sûr, mais cela reste la meilleure manière d'aborder une rencontre. C'est aussi de cette manière que nous avions procédé lorsque nous avons remporté la Premier League avec Leicester. Nous n'avons jamais regardé plus loin que le match suivant. Sinon, on aurait commis trop d'erreurs. Mais, avec votre expérience, vous pourriez peut-être convaincre vos coéquipiers que tout est possible? SCHMEICHEL: Oui, mais avant le tournoi, je ne me lancerai pas dans des prévisions, qu'elles soient favorables ou défavorables, car cela irait à l'encontre des expériences que j'ai accumulées jusqu'ici et qui m'ont souvent conduit au succès. Je pense qu'il est très important de vivre au jour. Il ne faut pas anticiper les choses et crier sur tous les toits qu'on va gagner le prochain match, ou même le tournoi. Au sein de l'équipe, nous nous sommes certes fixé des objectifs, mais cela reste de la cuisine interne. Cela ne sert qu'à faire perdre la concentration. Si on se met à penser "OK, d'abord la Finlande, puis la Belgique et enfin la Russie", c'est la meilleure façon de commettre des erreurs, car on a déjà la tête sur un match à venir. Si on perd le premier match, on sait qu'il est très difficile de rétablir la situation. Le premier objectif, c'est donc le prochain match. C'est valable pour toutes les compétitions auxquelles on participe. Prenez cette saison avec Leicester. Au sein de l'équipe, nous nous étions fixé comme objectif de remporter la Cup. Mais nous ne pouvions pas aborder le cinquième tour en nous demandant de quel adversaire nous allions hériter au tour suivant. Il fallait d'abord de se qualifier au cinquième tour. Avec le Danemark, nous portons toute notre attention sur le prochain match, il ne sert à rien de tirer des plans sur la comète. Si vous passez la phase de poules, vous pourriez peut-être regarder plus loin malgré tout? SCHMEICHEL: Non, certainement pas. Ne changeons pas notre manière de procéder. Lorsqu'on écoute les joueurs des grandes équipes, on constate qu'ils raisonnent exactement de la même manière. Il faut appréhender le moment présent, et je pense que les joueurs de l'équipe danoise en sont conscients. Nous avons la tête sur les épaules et nous savons comment nous devons procéder pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. Votre père a remporté l'EURO avec le Danemark en 1992. Vous a-t-il transmis certaines expériences qui pourraient vous être utiles cette année? SCHMEICHEL: J'ai 34 ans et j'ai joué près de 700 matches durant ma carrière. J'ai aussi de l'expérience en tournoi, donc je ne pense pas qu'il puisse encore me parler de beaucoup de choses dont je n'ai pas déjà connaissance. Nous avons aussi, tous les deux, participé à une Coupe du Monde. Mais nous abordons rarement ce genre de sujet. Etiez-vous pendu aux lèvres de votre père quand il parlait de l'EURO 1992? SCHMEICHEL: Pour être franc, mon père n'est pas du genre à beaucoup parler du passé. Mes souvenirs sont davantage liés à d'autres choses. Ce que j'ai vu sur vidéo, par exemple. Chaque fois que le Danemark se qualifie pour un grand tournoi, on rediffuse ces images, évidemment. Et elles me restent en mémoire, davantage que les récits de mon père. Pour terminer: en plus des trois Belges que vous côtoyez aujourd'hui à Leicester, vous avez longtemps joué avec un autre de nos compatriotes, Ritchie De Laet. Quel souvenir en avez-vous gardé? SCHMEICHEL: Il est incroyablement rapide. Je pense que Ritchie est l'un des joueurs les plus rapides que j'aie jamais vus à l'oeuvre. En plus, c'est un chouette mec. Il était très apprécié au sein de l'équipe. Je sais que beaucoup de garçons vont boire une petite bière avec lui quand ils se rendent en Belgique. Nous nous suivons sur Instagram et nous nous voyons de temps en temps, mais actuellement c'est devenu difficile avec le corona. Mais c'est vraiment un chouette gars et un très bon footballeur.