" Léquipe de France est évidemment favorite pour cet Euro", écrit So Foot. " Tous les pays nous les envient", titre en Une L' Équipe en référence au trio d'attaquants Mbappé - Griezmann - Benzema. "Je pense qu'on a la meilleure équipe du monde", déclare également, avec beaucoup d'assurance, Corentin Tolisso. Plus l'EURO approche, plus les discours sont élogieux. Journalistes, politiques, joueurs: tout l'Hexagone bombe le torse à l'approche de la grand-messe européenne dont le premier verset sera lu le 11 juin à Rome. Comme si le silence de cathédrale qui régnait au Stade de France le 10 juillet 2016 n'avait jamais existé. Pourtant, c'est l'une des nombreuses fois où les Bleus, archi-favoris, sont passés à côté de leur sujet.
...

" Léquipe de France est évidemment favorite pour cet Euro", écrit So Foot. " Tous les pays nous les envient", titre en Une L' Équipe en référence au trio d'attaquants Mbappé - Griezmann - Benzema. "Je pense qu'on a la meilleure équipe du monde", déclare également, avec beaucoup d'assurance, Corentin Tolisso. Plus l'EURO approche, plus les discours sont élogieux. Journalistes, politiques, joueurs: tout l'Hexagone bombe le torse à l'approche de la grand-messe européenne dont le premier verset sera lu le 11 juin à Rome. Comme si le silence de cathédrale qui régnait au Stade de France le 10 juillet 2016 n'avait jamais existé. Pourtant, c'est l'une des nombreuses fois où les Bleus, archi-favoris, sont passés à côté de leur sujet. Ce jour-là, sans Cristiano Ronaldo à partir de la 25e minute, la Seleçao renverse un navire français qui coule sous les larmes d'une nation qui s'attendait à tout, sauf à ça. Si le gain du Mondial 2018 fut une formidable réussite pour nos voisins, s'en servir comme unique repère parait très dangereux. Au moment d'entamer sa campagne en Russie, la bande à Didier Deschamps ne semblait pas armée pour aller au bout. Du moins, pas tout de suite. Un statut qui tombait à pic pour une équipe taillée sur mesure pour le costume d'outsider. A défaut d'être entreprenants, les Tricolores avaient été efficaces, allant au bout de leur rêve. Mais cette année, le contexte est différent. Avec son effectif de luxe, la France ne peut plus se cacher. Si elle assume pleinement son statut hors du terrain, il n'en a pas toujours été de même sur la pelouse. La preuve avec le Mondial 2002, quand Henry & Co débarquent sur le sol coréen en tant que grandissimes favoris. "Jamais deux sans trois", crie-t-on un peu partout. Puis Zinédine Zidane se blesse, l'équipe manque de chance avec cinq tirs sur les montants. Résultat: pas de but inscrit et un seul point marqué. Ridicule, la sélection de Roger Lemerre quitte l'Asie par la petite porte. Quelques années plus tard, l'Euro 2008 est organisé en tandem par l'Autriche et la Suisse. Victime sortante d'une finale de Coupe du Monde qui s'est terminée en eau de boudin, la boulette est interdite pour l'équipe coachée par Raymond Domenech. En tête de tous les sondages, elle est la grande favorite pour brandir la Coupe Henri Delaunay au soir du 29 juin. Mais d'ici le concert final dans l'opéra viennois, la France doit d'abord sortir vivante d'une tournée dans le groupe de la mort où l'attendent les Pays-Bas, l'Italie et la Roumanie, à l'époque très difficiles à manier. Dernière de son groupe, l'équipe française arrive au bout d'un cycle en or. Lilian Thuram et Claude Makélélé prennent leur retraite internationale. Cette année encore, malgré leur présence dans le groupe de mort aux côtés de l'Allemagne et du Portugal, les champions du monde en titre sont cités comme l'ogre du tournoi. Mais si en plus d'assumer cette étiquette de favori ils la revendiquent, les expériences passées ont montré que les Bleus sont loin d'affectionner ce rôle quand celui-ci s'impose à eux. Face à la Bulgarie, Benzema a même quitté la pelouse légèrement blessé. Même si on a craint que les vieux démons de 2002 refassent surface, l'attaquant du Real s'en est finalement tiré avec une grosse frayeur.