"C'est Robin van Persie", a bredouillé Glen Kamara, alors âgé de seize ans, quand il a signé son premier contrat à Arsenal, en 2012. Il semblait réaliser son rêve: jouer au plus haut niveau et en plus sous le maillot de son club favori.
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"C'est Robin van Persie", a bredouillé Glen Kamara, alors âgé de seize ans, quand il a signé son premier contrat à Arsenal, en 2012. Il semblait réaliser son rêve: jouer au plus haut niveau et en plus sous le maillot de son club favori. Au début des années '90, les parents de Kamara ont fui la guerre civile qui ravageait la Sierra Leone et se sont installés en Finlande. Leur fils Glen est né en 1995 à Tampere, la deuxième plus grande ville finlandaise. Suite au déménagement de la famille, Glen a grandi à Esppo. Il a commencé à jouer au football en faveur du club local, Olarin Tarmo, à sept ans. Il était le seul noir. "Il était timide mais il s'épanouissait sur le terrain", se remémore son premier entraîneur, Teemu Vihervirta, pour The Athletic. Kamara sortait nettement du lot. Il était même meilleur que beaucoup de footballeurs plus âgés. Southend United, une formation de quatrième niveau en Angleterre, l'a découvert grâce à un intermédiaire. "Je l'ai immédiatement fait jouer lors d'un match amical", raconte l'entraîneur de l'époque, Ricky Duncan. "C'était trop facile pour lui. Sa touche de balle, son jeu de position, la manière dont il gagnait du temps ont fait la différence." On lui propose immédiatement un contrat scolaire et Glenny accomplit ainsi le rêve de sa mère: vivre à Londres. Petit, il était supporter d'Arsenal et il copiait d'ailleurs le style de jeu à la Wenger, qui avait valu quelques succès au club du Nord de Londres au début du siècle. Southend disputait régulièrement des matches amicaux contre les Gunners. "Il convenait à leur style de jeu", selon Duncan. Liam Brady, le responsable de Hale End , l'école des jeunes d'Arsenal, le remarque: "Il était au moins aussi bon que nos joueurs. Je devais donc tenter ma chance." Son passage au club de ses rêves ne se déroule toutefois pas comme il l'avait escompté. Il n'amasse guère de temps de jeu et est loué pour six mois à Southend, en janvier 2016, puis un semestre à Colchester United, qui se produisait alors en League Two. Il a été convoqué en équipe nationale finlandaise dès 2015 mais n'a effectué ses débuts qu'en 2017, après avoir rallié Dundee United, en Ecosse. L'agence OYS Sports Management s'est employée pendant trois semaines à convaincre Kamara qu'un transfert en Ecosse pourrait relancer sa carrière. L'entraîneur Neil McCann a fait la connaissance de Kamara grâce à ce bureau. "J'ai demandé un médian et on m'a proposé Glen. Il ne m'a pas fallu dix minutes pour savoir que je devais lui offrir un contrat." Dundee a évité les play-offs pour le maintien avec six points d'avance, grâce à Kamara. "Il n'est pas imposant mais il relance bien le jeu, même quand il est sous pression. Il a un corps en acier", raconte McCann. Il a été élu joueur de l'année pour le club et après une saison et demie, les Rangers de Steven Gerrard l'ont engagé. "Je n'ai pas dû y réfléchir à deux fois. Tout est naturel, avec lui", a déclaré l'Anglais à propos de son nouveau footballeur. Etant donné que son contrat arrivait à terme, le Finlandais pouvait partir gratuitement. Gerrard le voulait toutefois dès le mois de janvier et les Rangers ont versé 55.000 livres pour l'attirer à l'Ibrox Stadium. Depuis, il est un titulaire incontournable des Gers, avec lesquels il vient d'enlever le 55e titre du club. Il est aussi un joueur-clef de l'entrejeu scandinave. "Je suis convaincu qu'il peut viser plus haut que les Rangers", déclare son ancien coéquipier Roarie Deacon.