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L'ancien sélectionneur de l'Albiceleste n'a jamais joué au football à un niveau professionnel mais cela ne l'a pas empêché de devenir l'un des coaches les plus connus du continent sud-américain, tant pour ses succès que pour ses échecs. En 1996, méconnu du public, Jorge Sampaoli est à la tête du club régional Club Atlético Belgrano de Arequito dans sa province natale de Santa Fe. Exclu, l'excentrique Argentin décide de grimper dans un arbre pour visionner le match et donner ses consignes. La photo paraît dans les journaux provinciaux. Ce geste traduit un certain grain de folie mais surtout la passion du jeune coach. Cela ne laisse pas de marbre les plus grands clubs de la région. Le président de Newell's Old Boys appelle Sampaoli pour lui offrir le poste d'entraîneur d'Argentino (D3). Il découvre l'élite quelques années plus tard au Pérou et glane son premier trophée en Équateur, du côté d'Emelec. Son aventure dans le pays andin débute avec le club d'O'Higgins avant de rejoindre la grande Universidad de Chile. La cerise sur le gâteau arrive en 2012 : l'Argentin est nommé à la tête de l'équipe nationale chilienne dans l'objectif de se qualifier pour la Coupe du Monde 2014. Il veut faire aussi bien, voire mieux que son illustre prédécesseur et modèle, Marcelo Bielsa. Objectif atteint, les coéquipiers d' Arturo Vidal sont même à quelques centimètres d'éliminer le Brésil mais une fichue transversale et la séance de tirs au but mettent fin aux espoirs chiliens, en huitièmes. La belle histoire aura finalement lieu douze mois plus tard. Le Chili organise la Copa América et affronte l'Argentine, vice-championne du monde, en finale. Cette fois, les tirs au but sourient à la Roja. Le tacticien gâche la fête de ses compatriotes mais offre le tout premier titre de l'histoire de l'équipe nationale chilienne. Cet exploit ouvre les portes de l'Europe à Sampaoli. Après un départ compliqué avec Séville, il trouve son rythme de croisière et atteint la deuxième place du championnat après quelques mois. Si les choses tournent bien pour lui, le panorama est bien différent en Argentine où l'équipe nationale, dirigée par Edgardo Bauza, peine à se qualifier pour le Mondial russe. L'homme décide alors de prendre un énorme risque : quitter le calme du club andalou pour atterrir dans le chaos dont est victime le foot argentin. Il réussit son pari et qualifie son pays, in extremis, mais la suite est ratée. Lors de son match d'ouverture, l'Albiceleste réalise un triste nul face à l'Islande avant de s'écrouler contre la Croatie. Son vestiaire ne comprend pas ses choix tactiques et le lâche. La légende raconte que Mascherano fait la sélection pour le match décisif qui les oppose au Nigeria. L'Argentine se qualifie miraculeusement mais redescend sur terre face à la France. Après beaucoup de polémiques et un Mondial gâché, Sampaoli quitte son poste. Après l'échec argentin et les portes de l'Europe fermées, le club brésilien de Santos prend le risque de l'engager dans la foulée. Mais les résultats ne sont pas à la hauteur de son salaire. Il démissionne après un an mais reste au Brésil et s'engage du côté de l'Atlético Mineiro. Il remporte le Campeonato Mineiro en 2020 avant de jeter l'éponge en début d'année. L'Argentin va relever un défi de taille pour sa deuxième expérience sur le Vieux Continent : remettre l'OM sur les bons rails. Les Phocéens rêvent de voir la version chilienne de l'excentrique tacticien, au détriment du triste visage montré lors du Mondial russe. Par Mariano Spitzer