Par John BAETEOn peut considérer ces rêves comme des coups de canifs dans les contrats qui les lient avec leur club actuel, mais aussi comme autant de réponses totalement normales et saines. On entend régulièrement tomber les noms de clubs mythiques ou de grands championnats : - Moi je suis plutôt Liga que Bundesliga. ou La Premier League me fait fantasmer. Je regarde toujours Match of the Day sur la BBC... même si je ne comprends pas tout, surtout quand c'est l'Ecossais qui parle.

Ils ont raison de vouloir s'améliorer et de participer aux meilleures compétitions possibles. C'est un réflexe totalement sportif, déclaré en toute ingénuité, même si on peut comprendre les supporters purs et durs de leurs clubs qui se sentent un peu cocufiés quand ces joueurs parlent d'autres couleurs. Mais au moins, tout est transparent. Clairement déclaré.

Aucun joueur ne dira ouvertement : -Moi, je ne rêve que d'une chose : aller jouer en Russie, dans n'importe quel club pour gagner plein d'argent. Personne ne fait son coming out en hurlant I love Russia. L' Eldorarouble reste un lieu trouble ; il vaut mieux ne pas trop évoquer un championnat souvent aux mains de drôles de présidents qui promènent leurs tigres en laisse, entretiennent un noyau de 38 gardes du corps armés jusqu'aux dents et jonglent avec les Ferrari. Par contre, dès qu'un joueur se voit présenter un contrat venant de ces latitudes, il hésite rarement. Une fois le document signé, le joueur lâche : -Comment pouvais-je refuser ? Je met toute ma famille à l'abri du coup.

Pour des générations et des générations, est-on tenté d'ajouter. Ça n'a pas de prix évidemment. Sauf celui de faire une croix sur ses ambitions sportives dans la plupart des cas, même quand on s'appelle Samuel Eto'o. Que va apporter un championnat de Russie (ce n'est pas une certitude, en plus) à un palmarès qui compte trois Ligue des Champions, une médaille d'or olympique et plein de titres et coupes nationaux glanés en Espagne et Italie ? Quand il se tire de l'Inter Milan, ce dernier s'écroule mais ce n'est pas pour autant que son club d'Anzhi va être métamorphosé.

En ce qui concerne Boussoufa et Joao Carlos, on aurait tendance à penser qu'ils sont à leur place vu leur âge, n'ayant jamais prouvé qu'ils méritaient de jouer dans les plus grands clubs européens. Et Roberto Carlos, qui a tout gagné dans sa vie (trois CL, un Mondial, la Copa America, des titres nationaux, etc.) déroule à 37 ans en devenant un des footballeurs les plus riches de l'histoire. Mais que dire de Jonathan Legear et Mehdi Carcela ? C'est certain qu'ils peuvent envisager mieux - à terme - qu'Anzhi et Grozny sur le plan sportif. Mais en choisissant l'argent, ne se sont-ils pas définitivement bloqués dans leur progression ?

Un des gros problèmes du championnat russe, à sept ans de la Coupe du Monde, est le manque de qualité des joueurs locaux. S'il n'était pas obligatoire d'en aligner cinq par match, il n'y en aurait quasi pas. Parce que la formation est nulle. Comment Jona et Mehdi vont-ils évoluer ? En piquant quelques trucs à gauche ou à droite de vedettes dont la seule motivation est d'être champion pour recevoir un bolide de sport ?

Le cas de Nicolas Lombaerts est différent. Parti à 22 ans au Zenit St. Pétersbourg, il était autant jeune pro, étudiant en droit qu'aventurier et il a eu du bol. Il est tombé dans un club ayant un vrai projet sportif, autre que celui d'enrôler des artistes bling-bling. En quatre ans, il a gagné la coupe et une supercoupe de l'UEFA plus deux titres, une coupe et une supercoupe russes. Et même s'il fait sa floche régulière avec les Diables, il a quand même progressé comme joueur...

Par John BAETEOn peut considérer ces rêves comme des coups de canifs dans les contrats qui les lient avec leur club actuel, mais aussi comme autant de réponses totalement normales et saines. On entend régulièrement tomber les noms de clubs mythiques ou de grands championnats : - Moi je suis plutôt Liga que Bundesliga. ou La Premier League me fait fantasmer. Je regarde toujours Match of the Day sur la BBC... même si je ne comprends pas tout, surtout quand c'est l'Ecossais qui parle. Ils ont raison de vouloir s'améliorer et de participer aux meilleures compétitions possibles. C'est un réflexe totalement sportif, déclaré en toute ingénuité, même si on peut comprendre les supporters purs et durs de leurs clubs qui se sentent un peu cocufiés quand ces joueurs parlent d'autres couleurs. Mais au moins, tout est transparent. Clairement déclaré. Aucun joueur ne dira ouvertement : -Moi, je ne rêve que d'une chose : aller jouer en Russie, dans n'importe quel club pour gagner plein d'argent. Personne ne fait son coming out en hurlant I love Russia. L' Eldorarouble reste un lieu trouble ; il vaut mieux ne pas trop évoquer un championnat souvent aux mains de drôles de présidents qui promènent leurs tigres en laisse, entretiennent un noyau de 38 gardes du corps armés jusqu'aux dents et jonglent avec les Ferrari. Par contre, dès qu'un joueur se voit présenter un contrat venant de ces latitudes, il hésite rarement. Une fois le document signé, le joueur lâche : -Comment pouvais-je refuser ? Je met toute ma famille à l'abri du coup. Pour des générations et des générations, est-on tenté d'ajouter. Ça n'a pas de prix évidemment. Sauf celui de faire une croix sur ses ambitions sportives dans la plupart des cas, même quand on s'appelle Samuel Eto'o. Que va apporter un championnat de Russie (ce n'est pas une certitude, en plus) à un palmarès qui compte trois Ligue des Champions, une médaille d'or olympique et plein de titres et coupes nationaux glanés en Espagne et Italie ? Quand il se tire de l'Inter Milan, ce dernier s'écroule mais ce n'est pas pour autant que son club d'Anzhi va être métamorphosé. En ce qui concerne Boussoufa et Joao Carlos, on aurait tendance à penser qu'ils sont à leur place vu leur âge, n'ayant jamais prouvé qu'ils méritaient de jouer dans les plus grands clubs européens. Et Roberto Carlos, qui a tout gagné dans sa vie (trois CL, un Mondial, la Copa America, des titres nationaux, etc.) déroule à 37 ans en devenant un des footballeurs les plus riches de l'histoire. Mais que dire de Jonathan Legear et Mehdi Carcela ? C'est certain qu'ils peuvent envisager mieux - à terme - qu'Anzhi et Grozny sur le plan sportif. Mais en choisissant l'argent, ne se sont-ils pas définitivement bloqués dans leur progression ? Un des gros problèmes du championnat russe, à sept ans de la Coupe du Monde, est le manque de qualité des joueurs locaux. S'il n'était pas obligatoire d'en aligner cinq par match, il n'y en aurait quasi pas. Parce que la formation est nulle. Comment Jona et Mehdi vont-ils évoluer ? En piquant quelques trucs à gauche ou à droite de vedettes dont la seule motivation est d'être champion pour recevoir un bolide de sport ? Le cas de Nicolas Lombaerts est différent. Parti à 22 ans au Zenit St. Pétersbourg, il était autant jeune pro, étudiant en droit qu'aventurier et il a eu du bol. Il est tombé dans un club ayant un vrai projet sportif, autre que celui d'enrôler des artistes bling-bling. En quatre ans, il a gagné la coupe et une supercoupe de l'UEFA plus deux titres, une coupe et une supercoupe russes. Et même s'il fait sa floche régulière avec les Diables, il a quand même progressé comme joueur...