Par John BAETE

Maintenant que la compétition belge est terminée, il est de plus en plus difficile de trouver des gens anti-playoffs dans les clubs. Le temps a fait son oeuvre et les émotions sont retombées. L'humeur n'est plus à expliquer les insuffisances sportives (et donc d'assistance) par un championnat relooké, ce qui fut souvent le cas. Et ce, même si on s'attend à ce que Dennis van Wijk s'en prenne au nouveau championnat si Roulers était condamné à la D2. Dans les jours qui viennent, la Ligue pro va effectuer son analyse la plus froide possible et proposer une nouvelle formule qui ne devrait que très peu changer.

Le Standard a dû réfléchir longuement au succès du Racing Genk de Frankie Vercauteren. Le club était complètement à la rue quand le Bruxellois reprit l'équipe en main à la place de Hein Vanhaezebrouck début décembre. Le Standard était sixième (et toujours qualifié potentiellement pour les play-offs), tandis que les Limbourgeois étaient douzièmes... Puis, les Rouches se sont progressivement enlisés dans la compétition nationale, perdant apparemment toute ambition une fois éteints les spots de la coupe d'Europe.

Ils alignaient des parties d'équipes expérimentales, comme s'ils préparaient déjà la saison prochaine, alors qu'ils avaient encore une chance de se qualifier pour l'Europa League! Versés dans les play-offs II avec Genk précisément, ils furent très vite largués alors que le Racing allait s'en sortir et finalement arracher le dernier ticket européen au terme d'un barrage limbourgeois contre Saint-Trond (2-1 et 3-2). Ce double derby se termina dans les larmes de Canaris alors que leur seul but avoué en début de saison était de demeurer en D1.

Un beau moment de sport, de par son intensité et le plaisir de voir en action deux des plus belles révélations de la saison, le gardien trudonnaire Simon Mignolet et le milieu genkois Kevin De Bruyne, 40 ans à deux. La manière dont Vercauteren a replacé De Bruyne dans le jeu de Genk (en le positionnant là où il jouait jadis) fut d'ailleurs exemplaire d'une renaissance de l'ex-Diable Rouge, montrant un appétit constructif et offensif rare chez lui. Vercauteren préparant son équipe pour marquer beaucoup de buts, c'est aussi une victoire sur le passé.

Mais revenons au Standard, dont on a dit et écrit qu'il n'était pas intéressé de débuter son parcours européen le 15 juillet, ce que fera Genk. Et pourquoi pas, alors que le championnat ne commence que deux semaines plus tard? Cela fait-il une si grosse différence?

On est un peu inquiet pour ces Rouches qui ne peuvent se permettre de vendanger à nouveau leur compétition domestique. La saison passée, on a eu l'impression qu'ils ne voulaient pas être prêts trop tôt dans la saison, avec comme conséquence qu'ils n'ont jamais été en prise sur le championnat. Pendant des semaines, Laszlo Bölöni a dit que son club ne perdait que la moitié des points... Echaudé, le Standard a-t-il voulu passer d'une saison où il ne préparait pas le championnat mais seulement la Coupe d'Europe à une saison où seul le championnat allait compter? Si c'est vrai, il a aujourd'hui tiré la ligne de manière radicale: même pas d'Europa League!

On va de plus en plus vers une reconstruction totale de l'équipe. Exit Milan Jovanovic et Igor de Camargo. Et bientôt Momo Sarr? La moyenne d'âge plonge, même si le milieu français Franck Berrier a 26 ans. D'où la question de l'encadrement technique qui devra pouvoir gérer le paramètre neuf d'une équipe ne manquant sans doute pas de classe, mais de maturité. Sclessin garderait-il le duo Dominique D'Onofrio-Jean François de Sart en place dans ces conditions? Et ces idées de tenter le coup avec Marc Wilmots ou de rappeler un Michel Preud'homme qui continue de jalonner sa jeune carrière de succès probants?

Par John BAETEMaintenant que la compétition belge est terminée, il est de plus en plus difficile de trouver des gens anti-playoffs dans les clubs. Le temps a fait son oeuvre et les émotions sont retombées. L'humeur n'est plus à expliquer les insuffisances sportives (et donc d'assistance) par un championnat relooké, ce qui fut souvent le cas. Et ce, même si on s'attend à ce que Dennis van Wijk s'en prenne au nouveau championnat si Roulers était condamné à la D2. Dans les jours qui viennent, la Ligue pro va effectuer son analyse la plus froide possible et proposer une nouvelle formule qui ne devrait que très peu changer. Le Standard a dû réfléchir longuement au succès du Racing Genk de Frankie Vercauteren. Le club était complètement à la rue quand le Bruxellois reprit l'équipe en main à la place de Hein Vanhaezebrouck début décembre. Le Standard était sixième (et toujours qualifié potentiellement pour les play-offs), tandis que les Limbourgeois étaient douzièmes... Puis, les Rouches se sont progressivement enlisés dans la compétition nationale, perdant apparemment toute ambition une fois éteints les spots de la coupe d'Europe. Ils alignaient des parties d'équipes expérimentales, comme s'ils préparaient déjà la saison prochaine, alors qu'ils avaient encore une chance de se qualifier pour l'Europa League! Versés dans les play-offs II avec Genk précisément, ils furent très vite largués alors que le Racing allait s'en sortir et finalement arracher le dernier ticket européen au terme d'un barrage limbourgeois contre Saint-Trond (2-1 et 3-2). Ce double derby se termina dans les larmes de Canaris alors que leur seul but avoué en début de saison était de demeurer en D1. Un beau moment de sport, de par son intensité et le plaisir de voir en action deux des plus belles révélations de la saison, le gardien trudonnaire Simon Mignolet et le milieu genkois Kevin De Bruyne, 40 ans à deux. La manière dont Vercauteren a replacé De Bruyne dans le jeu de Genk (en le positionnant là où il jouait jadis) fut d'ailleurs exemplaire d'une renaissance de l'ex-Diable Rouge, montrant un appétit constructif et offensif rare chez lui. Vercauteren préparant son équipe pour marquer beaucoup de buts, c'est aussi une victoire sur le passé. Mais revenons au Standard, dont on a dit et écrit qu'il n'était pas intéressé de débuter son parcours européen le 15 juillet, ce que fera Genk. Et pourquoi pas, alors que le championnat ne commence que deux semaines plus tard? Cela fait-il une si grosse différence? On est un peu inquiet pour ces Rouches qui ne peuvent se permettre de vendanger à nouveau leur compétition domestique. La saison passée, on a eu l'impression qu'ils ne voulaient pas être prêts trop tôt dans la saison, avec comme conséquence qu'ils n'ont jamais été en prise sur le championnat. Pendant des semaines, Laszlo Bölöni a dit que son club ne perdait que la moitié des points... Echaudé, le Standard a-t-il voulu passer d'une saison où il ne préparait pas le championnat mais seulement la Coupe d'Europe à une saison où seul le championnat allait compter? Si c'est vrai, il a aujourd'hui tiré la ligne de manière radicale: même pas d'Europa League! On va de plus en plus vers une reconstruction totale de l'équipe. Exit Milan Jovanovic et Igor de Camargo. Et bientôt Momo Sarr? La moyenne d'âge plonge, même si le milieu français Franck Berrier a 26 ans. D'où la question de l'encadrement technique qui devra pouvoir gérer le paramètre neuf d'une équipe ne manquant sans doute pas de classe, mais de maturité. Sclessin garderait-il le duo Dominique D'Onofrio-Jean François de Sart en place dans ces conditions? Et ces idées de tenter le coup avec Marc Wilmots ou de rappeler un Michel Preud'homme qui continue de jalonner sa jeune carrière de succès probants?