Ton style ne plaît pas à tout le monde. On peut dire que tu en énerves plus d'un.
Oui, oui (il rit). Que dire ? J'ai toujours joué comme ça, et à 38 ans, je suis toujours sur le terrain. Je suis un exemple pour beaucoup. Je ne plais pas à d'autres. Bon. Il faut accepter la critique. Je vais te dire, la plus belle chose, c'est qu'il s'est passé ce qui s'est passé. Les mots s'envolent, les Ligues des Champions restent. Ce qui reste aussi, c'est ma lutte contre Gerd Müller et Raul. Les dépasser en termes de buts, entrer contre le Real et changer le cours du match avec un doublé à 37 ans. Ça, ça reste.


Une des choses qu'on dit souvent, c'est que tu mets beaucoup de buts moches. Par exemple, contre Lyon, en Ligue des Champions 2005-2006, 87e minute de jeu.

Le goal à 4:53 :


Ah oui, je m'en souviens. Poteau, poteau, but. Personne d'autre que moi ne serait allé vers le ballon. Moi, je savais qu'il allait y avoir poteau, poteau. Tu rigoles, mais c'est vrai. Sinon, je n'aurais pas couru vers la balle. C'est vrai que j'ai marqué des buts que les gens considèrent comme des buts faciles. Mais ces buts-là, je suis le seul à les mettre. À la limite, Trezeguet aussi. Pourquoi ? Parce que nous avons ce que les autres n'ont pas.

Le flair ?
Plus que de flair, je préfère parler de compréhension du jeu et de timing. Ce n'est pas facile de savoir se déplacer sur la ligne du hors-jeu. Croire en certains ballons, ne pas croire en d'autres. Savoir partir au bon moment... Je ne sais pas comment te dire. Tu vois, je n'arrive même pas à l'expliquer, c'est pour ça qu'on ne peut pas l'enseigner. Tu l'as, tu ne l'as pas. Souvent, très souvent, je me suis effrayé tout seul en marquant des buts parce que j'avais déjà tout vu avant que ça n'arrive vraiment. Je me disais : - Le ballon va arriver par là. Et effectivement, c'est ce qu'il se passait.

Ferguson a un jour dit de toi que tu étais né hors-jeu.
(Rires) C'était une blague, qu'il m'a expliquée par la suite. Il voulait dire que je suis un obsédé, et que je suis toujours dans l'attente. L'attente du moment où les défenseurs vont se faire berner, et où je vais pouvoir marquer. Heureusement que cette règle du hors-jeu existe. Sans elle, je n'aurais pas pu exister, tous les défenseurs m'auraient attendu dans la surface... Et je ne suis pas un colosse, je n'aurais pas pu lutter, ni me battre dans les airs.

Tu veux entrer dans l'histoire ?
Non, non, enfin...

Enfin quoi ? Tu veux dire que tu es déjà dans l'histoire ?
Non... Oui... Oui, si. C'est beau, non ? C'est beau parce que je n'avais pas ce qu'avaient Ronaldinho ou Ronaldo et que j'ai marqué plus de buts que tout le monde. C'est une belle leçon.

Retrouvez l'intégralité de l'interview exclusive de Filippo Inzaghi dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine.

Vikash Dhorasoo et Lucas Duvernet-Coppola

Ton style ne plaît pas à tout le monde. On peut dire que tu en énerves plus d'un. Oui, oui (il rit). Que dire ? J'ai toujours joué comme ça, et à 38 ans, je suis toujours sur le terrain. Je suis un exemple pour beaucoup. Je ne plais pas à d'autres. Bon. Il faut accepter la critique. Je vais te dire, la plus belle chose, c'est qu'il s'est passé ce qui s'est passé. Les mots s'envolent, les Ligues des Champions restent. Ce qui reste aussi, c'est ma lutte contre Gerd Müller et Raul. Les dépasser en termes de buts, entrer contre le Real et changer le cours du match avec un doublé à 37 ans. Ça, ça reste. Une des choses qu'on dit souvent, c'est que tu mets beaucoup de buts moches. Par exemple, contre Lyon, en Ligue des Champions 2005-2006, 87e minute de jeu. Le goal à 4:53 : Ah oui, je m'en souviens. Poteau, poteau, but. Personne d'autre que moi ne serait allé vers le ballon. Moi, je savais qu'il allait y avoir poteau, poteau. Tu rigoles, mais c'est vrai. Sinon, je n'aurais pas couru vers la balle. C'est vrai que j'ai marqué des buts que les gens considèrent comme des buts faciles. Mais ces buts-là, je suis le seul à les mettre. À la limite, Trezeguet aussi. Pourquoi ? Parce que nous avons ce que les autres n'ont pas. Le flair ? Plus que de flair, je préfère parler de compréhension du jeu et de timing. Ce n'est pas facile de savoir se déplacer sur la ligne du hors-jeu. Croire en certains ballons, ne pas croire en d'autres. Savoir partir au bon moment... Je ne sais pas comment te dire. Tu vois, je n'arrive même pas à l'expliquer, c'est pour ça qu'on ne peut pas l'enseigner. Tu l'as, tu ne l'as pas. Souvent, très souvent, je me suis effrayé tout seul en marquant des buts parce que j'avais déjà tout vu avant que ça n'arrive vraiment. Je me disais : - Le ballon va arriver par là. Et effectivement, c'est ce qu'il se passait. Ferguson a un jour dit de toi que tu étais né hors-jeu. (Rires) C'était une blague, qu'il m'a expliquée par la suite. Il voulait dire que je suis un obsédé, et que je suis toujours dans l'attente. L'attente du moment où les défenseurs vont se faire berner, et où je vais pouvoir marquer. Heureusement que cette règle du hors-jeu existe. Sans elle, je n'aurais pas pu exister, tous les défenseurs m'auraient attendu dans la surface... Et je ne suis pas un colosse, je n'aurais pas pu lutter, ni me battre dans les airs. Tu veux entrer dans l'histoire ? Non, non, enfin... Enfin quoi ? Tu veux dire que tu es déjà dans l'histoire ? Non... Oui... Oui, si. C'est beau, non ? C'est beau parce que je n'avais pas ce qu'avaient Ronaldinho ou Ronaldo et que j'ai marqué plus de buts que tout le monde. C'est une belle leçon. Retrouvez l'intégralité de l'interview exclusive de Filippo Inzaghi dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine. Vikash Dhorasoo et Lucas Duvernet-Coppola