Face à l'image désastreuse laissée par les psychodrames de l'équipe de France au Mondial, Nicolas Sarkozy s'est saisi de la question du football français, bousculant son agenda pour recevoir jeudi le joueur vedette Thierry Henry, une intervention inédite du pouvoir dans le monde sportif.

Fan de foot, le président français a suivi de près la débâcle sportive de l'équipe de France, marquée par une fronde historique des joueurs contre leur encadrement après l'exclusion du groupe du turbulent attaquant Nicolas Anelka qui a insulté son sélectionneur Raymond Domenech.

En pleine journée de grève et de manifestation contre sa réforme des retraites, il n'a pas hésité à changer son programme pour recevoir Thierry Henry jeudi, et ce à la place d'ONG de développement qu'il devait rencontrer avant le sommet du G20 au Canada en fin de semaine. Ni à envoyer un véhicule et son escorte de motards pour venir chercher le joueur à l'aéroport et l'emmener au palais présidentiel. Le tout en direct sous les caméras des motards des chaînes de télévision en continu.

Selon l'Elysée, la rencontre était demandée par Thierry Henry, cadre de l'équipe et détenteur d'un des plus beaux palmarès de l'histoire du foot français, mais qui s'est bien gardé de s'exprimer publiquement sur la crise des Bleus. Mais pour le quotidien sportif L'Equipe, "le président a choisi de se montrer avec le seul interlocuteur dont l'image n'a pas encore été trop abîmée par le scandale" sud-africain.

Des mesures au sommet de l'Etat français

Mercredi, Nicolas Sarkozy a frappé un premier coup en réclamant des états généraux sur la gouvernance du football en octobre et en demandant "à ce que les responsables tirent rapidement les conséquences de ce désastre". Plus directement, jeudi, la ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot a jugé "inéluctable" le départ du président de la fédération française de football Jean-Pierre Escalettes.

Cette intervention du pouvoir politique au plus haut niveau dans les affaires d'une fédération sportive est exceptionnelle. Même si la classe politique française a, comme presque partout ailleurs, toujours tenté de tirer profit de la popularité du football. "Que le président s'en occupe, ce n'est pas une situation normale, mais nous ne sommes pas dans une situation normale. Et le foot, c'est aussi l'image d'un pays. Redresser cette image est le devoir d'un chef de l'Etat", a justifié le député du parti majoritaire UMP Thierry Mariani.

Depuis le début de crise, les hommes politiques tirent à boulets rouges sur l'équipe de France et ses responsables. Devant l'Assemblée nationale, Roselyne Bachelot a parlé mercredi "d'une équipe de France où des caïds immatures commandent à des gamins apeurés". Des députés de droite ont même demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire.

Pour l'ancien international Dominique Rocheteau, attaquant vedette des années 80, "cela n'est pas anormal que les politiques tentent de reprendre les affaires en main sur un événement planétaire hyper-médiatisé".

Dans cette surenchère, quelques voix reprochent cependant au gouvernement d'en faire trop. Elles l'accusent de vouloir faire diversion alors qu'il est attaqué par l'opposition sur sa politique économique et sociale et que plusieurs de ses ministres sont fragilisés par des polémiques sur leur train de vie et leur intégrité. "Le président de la République est là pour s'occuper des problèmes des Français. Ce n'est tout de même pas à lui de faire le ménage dans la Fédération française de football", s'est agacé l'eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit.

"Pour le président de la République, recevoir un footballeur est plus important que la situation des trois milliards de pauvres des pays en développement", s'est indigné le président du collectif d'ONG qui aurait dû être reçu jeudi matin à l'Elysée, Jean-Louis Vielajus.

Sportmagazine.be, avec Belga

Face à l'image désastreuse laissée par les psychodrames de l'équipe de France au Mondial, Nicolas Sarkozy s'est saisi de la question du football français, bousculant son agenda pour recevoir jeudi le joueur vedette Thierry Henry, une intervention inédite du pouvoir dans le monde sportif. Fan de foot, le président français a suivi de près la débâcle sportive de l'équipe de France, marquée par une fronde historique des joueurs contre leur encadrement après l'exclusion du groupe du turbulent attaquant Nicolas Anelka qui a insulté son sélectionneur Raymond Domenech. En pleine journée de grève et de manifestation contre sa réforme des retraites, il n'a pas hésité à changer son programme pour recevoir Thierry Henry jeudi, et ce à la place d'ONG de développement qu'il devait rencontrer avant le sommet du G20 au Canada en fin de semaine. Ni à envoyer un véhicule et son escorte de motards pour venir chercher le joueur à l'aéroport et l'emmener au palais présidentiel. Le tout en direct sous les caméras des motards des chaînes de télévision en continu. Selon l'Elysée, la rencontre était demandée par Thierry Henry, cadre de l'équipe et détenteur d'un des plus beaux palmarès de l'histoire du foot français, mais qui s'est bien gardé de s'exprimer publiquement sur la crise des Bleus. Mais pour le quotidien sportif L'Equipe, "le président a choisi de se montrer avec le seul interlocuteur dont l'image n'a pas encore été trop abîmée par le scandale" sud-africain. Des mesures au sommet de l'Etat françaisMercredi, Nicolas Sarkozy a frappé un premier coup en réclamant des états généraux sur la gouvernance du football en octobre et en demandant "à ce que les responsables tirent rapidement les conséquences de ce désastre". Plus directement, jeudi, la ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot a jugé "inéluctable" le départ du président de la fédération française de football Jean-Pierre Escalettes. Cette intervention du pouvoir politique au plus haut niveau dans les affaires d'une fédération sportive est exceptionnelle. Même si la classe politique française a, comme presque partout ailleurs, toujours tenté de tirer profit de la popularité du football. "Que le président s'en occupe, ce n'est pas une situation normale, mais nous ne sommes pas dans une situation normale. Et le foot, c'est aussi l'image d'un pays. Redresser cette image est le devoir d'un chef de l'Etat", a justifié le député du parti majoritaire UMP Thierry Mariani. Depuis le début de crise, les hommes politiques tirent à boulets rouges sur l'équipe de France et ses responsables. Devant l'Assemblée nationale, Roselyne Bachelot a parlé mercredi "d'une équipe de France où des caïds immatures commandent à des gamins apeurés". Des députés de droite ont même demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire. Pour l'ancien international Dominique Rocheteau, attaquant vedette des années 80, "cela n'est pas anormal que les politiques tentent de reprendre les affaires en main sur un événement planétaire hyper-médiatisé". Dans cette surenchère, quelques voix reprochent cependant au gouvernement d'en faire trop. Elles l'accusent de vouloir faire diversion alors qu'il est attaqué par l'opposition sur sa politique économique et sociale et que plusieurs de ses ministres sont fragilisés par des polémiques sur leur train de vie et leur intégrité. "Le président de la République est là pour s'occuper des problèmes des Français. Ce n'est tout de même pas à lui de faire le ménage dans la Fédération française de football", s'est agacé l'eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit. "Pour le président de la République, recevoir un footballeur est plus important que la situation des trois milliards de pauvres des pays en développement", s'est indigné le président du collectif d'ONG qui aurait dû être reçu jeudi matin à l'Elysée, Jean-Louis Vielajus.Sportmagazine.be, avec Belga