Par Bernard JEUNEJEAN

A la différence qu'hier, ces trois grands étaient quasi fournisseurs exclusifs des Diables : alors qu'aujourd'hui, nous pourrions à peine constituer un onze de Diables/B, voire C, avec ce qu'ils comptent en leurs rangs de Belges postulants. J'ai essayé en 4-2-3-1, vu que c'est le dispositif branché : Proto ; Hoefkens, Ciman, Van Damme et Pocognoli ; Buyens et Odjidja ; Gillet, De Sutter et Meunier ; Vleminckx. Cherchez pas, il n'y a guère mieux. Il y certes de bons joueurs... c'est toutefois loin de constituer le onze national le plus performant.

Mais pourquoi se plaindre ? La mondialisation fait le pressing, et voilà qu'elle nous rend fiers sur deux tableaux : nos meilleurs joueurs font notre gloire et leur fortune dans de grands clubs à l'étranger ; tandis que nos seconds couteaux restés dans la patrie (pas forcément par amour) savent s'entourer d'une flopée d'étrangers (pas vraiment riches lorsqu'ils débarquent) pour tenir leur rang dans le concert européen ! Non, il ne faut plus rêver du top sur base d'un passé glorieux mais révolu. Oui, nos clubs sont à la hauteur : sûrement en 2011-2012, et de mieux en mieux sur ces cinq dernières années si l'on en croit les coefficients/UEFA (Belgique : 12e sur 53) ! L'Europe footballistique compte 750 millions d'habitants, notre pays petit n'en représente donc que 1/75e : mais avec trois qualifiés sur 48 (voir tableau), les clubs belges constituent 1/16e des rescapés au sortir des poules ! Bravo.

Quelque 170 clubs ont disparu : exit tous les Scandinaves, toute l'ex-Yougoslavie, tout ce qui n'est pas anglais dans les Iles ! Ne subsistent que 18 fédérations sur les 53 que compte l'UEFA, et seules sept d'entre elles ont fait mieux que l'URBSFA : nous n'allons quand même pas jalouser les quatre caïds continentaux ! Ni la Russie qui va bientôt bouffer la France ! Ni la France six fois plus grande, même si nous la caissâmes fréquemment jadis ! Ni la Suisse et Chypre, qui sont les chançards de service cette saison en CL, mais ne feront que passer ! J'admets, on reste à la remorque des Bataves (16 millions d'âmes, quand même !) mais on s'y est fait, c'est rédhibitoire. Et il reste le Portugal, fort énervant : même démographie, mais plus fortiche que nous quoi- qu'économiquement plus pauvre... Ne me faites pas dire que c'est la faute à Luciano D'Onofrio.

Nos clubs sont à leur place. Alors, pourquoi pas notre équipe nationale, planquée dans le ventre mou du dernier ranking (Belgique : 24e européen sur 53), malgré nos stars expatriées, qui brillent dans leur club mais pas pour leur patrie ? Pourquoi traînons-nous derrière la Suède ou la Suisse ? Et même derrière de moins peuplés comme le Danemark, l'Irlande, la Norvège ? Et pire encore derrière de petits pauvres comme la Croatie, la Bosnie, la Serbie ? Tous des pays bien plus nuls que notre Belgique via leurs clubs ! Y'a pas trente-six explications, y'a quand même deux axes pour voir plus clair.

Soit les clubs de tous ces pays réussissent moins en coupes européennes parce que leurs seconds couteaux autochtones sont moins bons que les nôtres, ou parce que les joueurs importés y sont moins valables ou moins nombreux. Soit l'équipe nationale de ces pays réussit mieux parce que leurs expatriés dans les championnats friqués, quoique nous les connaissions moins, sont plus nombreux ou plus balèzes que les nôtres. Et ne me filez pas un troisième axe, à savoir que ce serait la faute à Georges Leekens ! Pour moi, Long Couteau reste la plus belle fille du monde : qui ne peut donner que ce qu'elle a.

Par Bernard JEUNEJEANA la différence qu'hier, ces trois grands étaient quasi fournisseurs exclusifs des Diables : alors qu'aujourd'hui, nous pourrions à peine constituer un onze de Diables/B, voire C, avec ce qu'ils comptent en leurs rangs de Belges postulants. J'ai essayé en 4-2-3-1, vu que c'est le dispositif branché : Proto ; Hoefkens, Ciman, Van Damme et Pocognoli ; Buyens et Odjidja ; Gillet, De Sutter et Meunier ; Vleminckx. Cherchez pas, il n'y a guère mieux. Il y certes de bons joueurs... c'est toutefois loin de constituer le onze national le plus performant. Mais pourquoi se plaindre ? La mondialisation fait le pressing, et voilà qu'elle nous rend fiers sur deux tableaux : nos meilleurs joueurs font notre gloire et leur fortune dans de grands clubs à l'étranger ; tandis que nos seconds couteaux restés dans la patrie (pas forcément par amour) savent s'entourer d'une flopée d'étrangers (pas vraiment riches lorsqu'ils débarquent) pour tenir leur rang dans le concert européen ! Non, il ne faut plus rêver du top sur base d'un passé glorieux mais révolu. Oui, nos clubs sont à la hauteur : sûrement en 2011-2012, et de mieux en mieux sur ces cinq dernières années si l'on en croit les coefficients/UEFA (Belgique : 12e sur 53) ! L'Europe footballistique compte 750 millions d'habitants, notre pays petit n'en représente donc que 1/75e : mais avec trois qualifiés sur 48 (voir tableau), les clubs belges constituent 1/16e des rescapés au sortir des poules ! Bravo. Quelque 170 clubs ont disparu : exit tous les Scandinaves, toute l'ex-Yougoslavie, tout ce qui n'est pas anglais dans les Iles ! Ne subsistent que 18 fédérations sur les 53 que compte l'UEFA, et seules sept d'entre elles ont fait mieux que l'URBSFA : nous n'allons quand même pas jalouser les quatre caïds continentaux ! Ni la Russie qui va bientôt bouffer la France ! Ni la France six fois plus grande, même si nous la caissâmes fréquemment jadis ! Ni la Suisse et Chypre, qui sont les chançards de service cette saison en CL, mais ne feront que passer ! J'admets, on reste à la remorque des Bataves (16 millions d'âmes, quand même !) mais on s'y est fait, c'est rédhibitoire. Et il reste le Portugal, fort énervant : même démographie, mais plus fortiche que nous quoi- qu'économiquement plus pauvre... Ne me faites pas dire que c'est la faute à Luciano D'Onofrio. Nos clubs sont à leur place. Alors, pourquoi pas notre équipe nationale, planquée dans le ventre mou du dernier ranking (Belgique : 24e européen sur 53), malgré nos stars expatriées, qui brillent dans leur club mais pas pour leur patrie ? Pourquoi traînons-nous derrière la Suède ou la Suisse ? Et même derrière de moins peuplés comme le Danemark, l'Irlande, la Norvège ? Et pire encore derrière de petits pauvres comme la Croatie, la Bosnie, la Serbie ? Tous des pays bien plus nuls que notre Belgique via leurs clubs ! Y'a pas trente-six explications, y'a quand même deux axes pour voir plus clair. Soit les clubs de tous ces pays réussissent moins en coupes européennes parce que leurs seconds couteaux autochtones sont moins bons que les nôtres, ou parce que les joueurs importés y sont moins valables ou moins nombreux. Soit l'équipe nationale de ces pays réussit mieux parce que leurs expatriés dans les championnats friqués, quoique nous les connaissions moins, sont plus nombreux ou plus balèzes que les nôtres. Et ne me filez pas un troisième axe, à savoir que ce serait la faute à Georges Leekens ! Pour moi, Long Couteau reste la plus belle fille du monde : qui ne peut donner que ce qu'elle a.