Par Bernard JEUNEJEAN

Match de référence jouissive dimanche soir, et c'est un neutre qui vous le dit: mais quand l'équipe qui gagne 5-1 est en même temps celle dont le gardien effectue nombre d'épatants arrêts, y'a pas plus spectaculaire! Par ailleurs, si le triomphe liégeois faisait enfin taire les sceptiques éreintant Dominique D'Onofrio au moindre point perdu, ce serait bénéfique pour tout le monde à Sclessin. Plaidoyer.

Supposons que Do D'O soit coach du Standard, mais en s'appelant Dominique Dury ou Dominique Jacobs. Qu'il ne soit pas le frère de Luciano, mais ait effectivement coaché en championnat, par intervalles et depuis 2002, 156 matches rouches dans le contexte que l'on sait, passionnel et chahuté: 156 matches pour en gagner une bonne moitié (84), et pour faire draw une bonne moitié de l'autre moitié (39). Les supporters (et pas rien qu'eux) jugeraient là qu'il s'agit d'un parcours en valant bien d'autres, et n'émettraient nul grief quant au fait que l'homme n'ait pas derrière lui une carrière de joueur en D1. Il aurait une légitimité similaire à celle de Francky Dury ou Ariel Jacobs, et méritée comme la leur: non pas articulée sur une réputation d'ex-joueur du top, mais sur une longévité appréciable de coaching en D1, après avoir vécu les divisions inférieures et appris par elles.

Supposons maintenant que Dominique soit coach du Standard avec ces mêmes résultats, en s'appelant D'Onofrio comme Lucien, parce qu'ils ont le même papa et la même maman, mais qu'avant d'être coach, DD ait eu une carrière de joueur similaire à celle d'un Jacky Mathijssen ou d'un Glen De Boeck. Personne ne prétendrait, pas même Benjamin Nicaise, que le manitou du Standard a manqué de sérieux en choisissant son frangin comme coach.

Double supposition pour démontrer quoi? D'abord pour rappeler que, dans ce foot où la compétence intrinsèque d'un coach est rudement compliquée à objectiver, les entraîneurs en prennent tous plein la gueule dès le moment où les résultats ne suivent pas, et que c'est la loi du genre, fût-elle ridicule. Mais surtout pour ajouter qu'en pareil cas, Dominique D'Onofrio en prend plein la gueule deux fois plus que les autres. Et ça, c'est injuste, il a simplement la malchance d'un cumul: n'avoir pas joué au niveau où il entraîne ET être le frère de l'autre. C'est la raison de la motte de mai 2006, triste et imméritée.

Ceci dit sans réfuter l'affirmation suivante, fréquemment médisante: vers 2001, s'il n'avait pas été le frère de Lucien et avec son modeste curriculum d'alors, Dominique n'aurait jamais intégré le staff de Sclessin, et n'aurait dès lors pas pu, ensuite, franchir les échelons: au départ, il y eut donc népotisme! Nez quoi? Du calme. Ça vient du latin nepos qui veut dire neveu, et ça remonte à plusieurs siècles: au temps où le pape, en quelque sorte le président du club des catholiques, magouillait fréquemment pour que lui succède un de ses neveux (vu qu'il n'avait pas de fils officiel). Aujourd'hui, le dico définit ça comme le favoritisme d'une personne en place à l'égard de ses parents ou de ses amis: une sorte de piston trop flagrant pour être masqué...

OK. Le monde idéal, celui vers lequel il faut tendre sans cesse, sera monde sans pistonnés: quand s'amèneront les candidats à un poste vacant, le décideur choisira toujours le meilleur (et le meilleur rapport qualité/prix) sans faire de fleur à qui que soit. En attendant, y'a aussi le monde réel des pauvres pécheurs que nous sommes. Là, je l'admets, le décideur est méprisable quand il choisit le plus nul des postulants, ou quand il refile le poste à un nul tout court, sans avoir réfléchi ou prospecté: seulement parce que c'est son fils, son frère, son pote ou le fils de son pote...

Mais lorsque plusieurs candidatures se valent et que le décideur privilégie le frère ou le fils du pote, il n'est qu'un animal humain juge et partie, arrimé à ses sentiments... et nous le sommes tous parfois! Dans le foot pas plus que partout, faut bien admettre que des tas de gens ont débuté leur boulot, pour ensuite le faire réglo, via pareil coup de pouce. Alors, stop au haro récurrent sur Dominique D'Onofrio. Que celui qui n'a jamais népoté lui shoote la première pierre.

Par Bernard JEUNEJEANMatch de référence jouissive dimanche soir, et c'est un neutre qui vous le dit: mais quand l'équipe qui gagne 5-1 est en même temps celle dont le gardien effectue nombre d'épatants arrêts, y'a pas plus spectaculaire! Par ailleurs, si le triomphe liégeois faisait enfin taire les sceptiques éreintant Dominique D'Onofrio au moindre point perdu, ce serait bénéfique pour tout le monde à Sclessin. Plaidoyer. Supposons que Do D'O soit coach du Standard, mais en s'appelant Dominique Dury ou Dominique Jacobs. Qu'il ne soit pas le frère de Luciano, mais ait effectivement coaché en championnat, par intervalles et depuis 2002, 156 matches rouches dans le contexte que l'on sait, passionnel et chahuté: 156 matches pour en gagner une bonne moitié (84), et pour faire draw une bonne moitié de l'autre moitié (39). Les supporters (et pas rien qu'eux) jugeraient là qu'il s'agit d'un parcours en valant bien d'autres, et n'émettraient nul grief quant au fait que l'homme n'ait pas derrière lui une carrière de joueur en D1. Il aurait une légitimité similaire à celle de Francky Dury ou Ariel Jacobs, et méritée comme la leur: non pas articulée sur une réputation d'ex-joueur du top, mais sur une longévité appréciable de coaching en D1, après avoir vécu les divisions inférieures et appris par elles. Supposons maintenant que Dominique soit coach du Standard avec ces mêmes résultats, en s'appelant D'Onofrio comme Lucien, parce qu'ils ont le même papa et la même maman, mais qu'avant d'être coach, DD ait eu une carrière de joueur similaire à celle d'un Jacky Mathijssen ou d'un Glen De Boeck. Personne ne prétendrait, pas même Benjamin Nicaise, que le manitou du Standard a manqué de sérieux en choisissant son frangin comme coach. Double supposition pour démontrer quoi? D'abord pour rappeler que, dans ce foot où la compétence intrinsèque d'un coach est rudement compliquée à objectiver, les entraîneurs en prennent tous plein la gueule dès le moment où les résultats ne suivent pas, et que c'est la loi du genre, fût-elle ridicule. Mais surtout pour ajouter qu'en pareil cas, Dominique D'Onofrio en prend plein la gueule deux fois plus que les autres. Et ça, c'est injuste, il a simplement la malchance d'un cumul: n'avoir pas joué au niveau où il entraîne ET être le frère de l'autre. C'est la raison de la motte de mai 2006, triste et imméritée. Ceci dit sans réfuter l'affirmation suivante, fréquemment médisante: vers 2001, s'il n'avait pas été le frère de Lucien et avec son modeste curriculum d'alors, Dominique n'aurait jamais intégré le staff de Sclessin, et n'aurait dès lors pas pu, ensuite, franchir les échelons: au départ, il y eut donc népotisme! Nez quoi? Du calme. Ça vient du latin nepos qui veut dire neveu, et ça remonte à plusieurs siècles: au temps où le pape, en quelque sorte le président du club des catholiques, magouillait fréquemment pour que lui succède un de ses neveux (vu qu'il n'avait pas de fils officiel). Aujourd'hui, le dico définit ça comme le favoritisme d'une personne en place à l'égard de ses parents ou de ses amis: une sorte de piston trop flagrant pour être masqué... OK. Le monde idéal, celui vers lequel il faut tendre sans cesse, sera monde sans pistonnés: quand s'amèneront les candidats à un poste vacant, le décideur choisira toujours le meilleur (et le meilleur rapport qualité/prix) sans faire de fleur à qui que soit. En attendant, y'a aussi le monde réel des pauvres pécheurs que nous sommes. Là, je l'admets, le décideur est méprisable quand il choisit le plus nul des postulants, ou quand il refile le poste à un nul tout court, sans avoir réfléchi ou prospecté: seulement parce que c'est son fils, son frère, son pote ou le fils de son pote... Mais lorsque plusieurs candidatures se valent et que le décideur privilégie le frère ou le fils du pote, il n'est qu'un animal humain juge et partie, arrimé à ses sentiments... et nous le sommes tous parfois! Dans le foot pas plus que partout, faut bien admettre que des tas de gens ont débuté leur boulot, pour ensuite le faire réglo, via pareil coup de pouce. Alors, stop au haro récurrent sur Dominique D'Onofrio. Que celui qui n'a jamais népoté lui shoote la première pierre.