En été 2010, quand le Real et Mourinho ont conclu un pacte de collaboration, les supporters avaient l'impression d'assister à l'ouverture de portes magiques. Ils pensaient que le Real allait prendre un nouveau départ. L'arrivée de Mourinho était la promesse d'un avenir royal. Le président Florentino Perez avait promis de mettre fin aux "humiliations" qu'infligeait Barcelone au Real depuis quelque temps.

Naturellement, nul à Madrid n'ignorait le comportement de Mourinho. En onze ans de carrière, le Portugais a collectionné 800.000 euros d'amendes, généralement pour avoir insulté des arbitres et des adversaires, parfois aussi pour avoir émis le soupçon que le referee avait été acheté. En d'autres termes, embaucher Mourinho a son prix et pas seulement sur le plan financier.

Les critiques pleuvent En mai dernier, Perez a confié à son entraîneur toutes les compétences sportives du club. Mais répondre aux attentes d'un homme aussi fanatique est risqué. Le Real s'en est rendu compte en fin de saison, quand il a affronté le Barça, dans le match décisif. Mourinho a alors éveillé l'impression que la victoire justifiait tous les moyens. Il a mué chaque duel en véritable combat. Depuis, l'entraîneur est sous le feu des critiques. Le commentaire le plus impitoyable est venu d'Alfredo di Stefano, le fameux meneur de jeu du Real dans les années 50 et 60, qui est aussi à l'origine du mythe du Real. Après le match contre Barcelone (en avril), il a jugé que l'équipe de Mourinho avait joué "comme des souris mortes de peur face à un lion".

Mourinho est désormais critiqué au sein même du club. Fin septembre, les socios ont profité de leur réunion pour faire part de leur irritation. "Mourinho n'est pas le meilleur ambassadeur du Real", s'est exclamé quelqu'un dans la salle, épinglant dans la foulée le manque d'autocritique de l'entraîneur. Un autre a déploré "l'image qu'il donne du Real car il n'est pas un Madridista mais un Mourinhista", quelqu'un qui se profile au lieu de se placer au service de l'équipe.

La paix est synonyme de capitulation

L'équipe commence aussi à présenter quelques fissures. Alors que jadis, ce qui se passait dans le complexe d'entraînement de Valdebebas était impénétrable, des détails croustillants ont fait surface, généralement dans les colonnes du quotidien El País, qui possède un informateur au sein de l'équipe.

Même Iker Casillas, l'emblématique gardien du Real, a été confronté, cet été, aux côtés mesquins de Mourinho. Lors d'un match amical, il a dû prendre place sur le banc parce que, quelques jours plus tôt, il avait téléphoné à Xavi, avec lequel il a noué une profonde amitié en équipe nationale. Xavi est le vice-capitaine de Barcelone et l'objectif de ce coup de fil aurait été d'apaiser les esprits. Or, conclure une trêve avec les Catalans est la dernière chose que souhaite Mourinho. Pour lui, la paix est synonyme de capitulation.

Retrouvez l'intégralité de l'article consacré à José Mourinho dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine.

Juan Moreno

En été 2010, quand le Real et Mourinho ont conclu un pacte de collaboration, les supporters avaient l'impression d'assister à l'ouverture de portes magiques. Ils pensaient que le Real allait prendre un nouveau départ. L'arrivée de Mourinho était la promesse d'un avenir royal. Le président Florentino Perez avait promis de mettre fin aux "humiliations" qu'infligeait Barcelone au Real depuis quelque temps. Naturellement, nul à Madrid n'ignorait le comportement de Mourinho. En onze ans de carrière, le Portugais a collectionné 800.000 euros d'amendes, généralement pour avoir insulté des arbitres et des adversaires, parfois aussi pour avoir émis le soupçon que le referee avait été acheté. En d'autres termes, embaucher Mourinho a son prix et pas seulement sur le plan financier. Les critiques pleuvent En mai dernier, Perez a confié à son entraîneur toutes les compétences sportives du club. Mais répondre aux attentes d'un homme aussi fanatique est risqué. Le Real s'en est rendu compte en fin de saison, quand il a affronté le Barça, dans le match décisif. Mourinho a alors éveillé l'impression que la victoire justifiait tous les moyens. Il a mué chaque duel en véritable combat. Depuis, l'entraîneur est sous le feu des critiques. Le commentaire le plus impitoyable est venu d'Alfredo di Stefano, le fameux meneur de jeu du Real dans les années 50 et 60, qui est aussi à l'origine du mythe du Real. Après le match contre Barcelone (en avril), il a jugé que l'équipe de Mourinho avait joué "comme des souris mortes de peur face à un lion". Mourinho est désormais critiqué au sein même du club. Fin septembre, les socios ont profité de leur réunion pour faire part de leur irritation. "Mourinho n'est pas le meilleur ambassadeur du Real", s'est exclamé quelqu'un dans la salle, épinglant dans la foulée le manque d'autocritique de l'entraîneur. Un autre a déploré "l'image qu'il donne du Real car il n'est pas un Madridista mais un Mourinhista", quelqu'un qui se profile au lieu de se placer au service de l'équipe. La paix est synonyme de capitulation L'équipe commence aussi à présenter quelques fissures. Alors que jadis, ce qui se passait dans le complexe d'entraînement de Valdebebas était impénétrable, des détails croustillants ont fait surface, généralement dans les colonnes du quotidien El País, qui possède un informateur au sein de l'équipe. Même Iker Casillas, l'emblématique gardien du Real, a été confronté, cet été, aux côtés mesquins de Mourinho. Lors d'un match amical, il a dû prendre place sur le banc parce que, quelques jours plus tôt, il avait téléphoné à Xavi, avec lequel il a noué une profonde amitié en équipe nationale. Xavi est le vice-capitaine de Barcelone et l'objectif de ce coup de fil aurait été d'apaiser les esprits. Or, conclure une trêve avec les Catalans est la dernière chose que souhaite Mourinho. Pour lui, la paix est synonyme de capitulation. Retrouvez l'intégralité de l'article consacré à José Mourinho dans votre Sport/Foot Magazine de cette semaine. Juan Moreno