Après la démonstration des Flèches d'argent à Barcelone il y a deux semaines, la tâche semble difficile pour Sebastian Vettel et Charles Leclerc et leurs Ferrari et encore plus pour Max Verstappen et sa Red Bull.

Mercedes compte déjà 96 points d'avance au championnat du monde des constructeurs sur Ferrari et Lewis Hamilton 46 sur Max Verstappen (3e) et 48 sur Vettel (4e) au classement pilotes. Seul Bottas reste tout près de lui à seulement 7 points. Il reste certes encore 16 épreuves mais à moins d'un retournement spectaculaire, les jeux semblent faits et l'intérêt du championnat déjà très amoindri.

"Nous essayons de faire du mieux que nous pouvons et de repousser les limites en essayant sans cesse de nous améliorer, chaque jour et chaque année (...) mais si je retire ma casquette Mercedes, bien entendu les fans aimeraient voir plus de changements, plus d'imprévisibilité", reconnait Toto Wolff, le patron de l'écurie Mercedes, maintenant orpheline de Niki Lauda, son président non-exécutif.

Depuis l'introduction en 2014 du règlement imposant des moteurs V6 turbo-compressés hybrides, la marque allemande a remporté le championnat du monde pilote et constructeur chaque année.

Si les essais d'avant-saison avaient laissé entrevoir un renouveau des Ferrari, leur début de saison est mauvais et leurs pilotes n'ont même pas pu monter sur le podium à Barcelone, laissant cet honneur à Verstappen et sa Red Bull Honda.

"La saison est encore longue et notre approche est de ne jamais renoncer", a tenté de se rassurer le patron de l'écurie italienne Mattia Binotto après le GP d'Espagne. La pilule était d'autant plus amère que Ferrari y étrennait un moteur plus puissant.

"Nous sommes bien au niveau de la puissance mais il y a des faiblesses au niveau de la voiture qui ont été mises en évidence", a-t-il constaté après la course, allant jusqu'à évoquer indirectement l'éventualité d'un problème avec la conception de la monoplace.

Leclerc chez lui

S'y ajoute une rivalité larvée entre Vettel et Leclerc, le quadruple champion du monde allemand ne voyant pas d'un très bon oeil le jeune monégasque venir lui mordiller les chevilles.

Sur la piste tortueuse de la principauté, Charles Leclerc sera chez lui et voudra briller, une raison supplémentaire de ne pas faire de cadeau à son ainé.

"Cela ne va pas être un weekend facile pour nous", a-t-il toutefois estimé mercredi.

L'an dernier, Monaco a réussi à Red Bull avec la victoire de Daniel Ricciardo, depuis passé chez Renault qui était le motoriste de l'équipe autrichienne l'an dernier. Celle-ci est maintenant propulsée par un Honda qui se révèle fiable sinon puissant et a permis à Verstappen de monter déjà deux fois sur la 3e marche du podium cette année.

Mais le Néerlandais concède que ce tracé piégeux ne lui a pas toujours été favorable. Il avait envoyé l'an dernier sa Red Bull dans les rails de sécurité lors des derniers essais libres et n'avait pas pu prendre part aux qualifications, s'élançant de la dernière ligne pour terminer 9e. "Il est peut-être temps de renverser la tendance", espère-t-il avant cette course où son coéquipier, le Français Pierre Gasly, essaiera de confirmer ses progrès affichés en Espagne.

Derrière, c'est toujours la lutte pour être "le meilleur du reste" entre les McLaren, les Racing Point, les Haas, les Alfa Romeo et les Renault qui se tiennent en dix points mais pour qui un podium relèverait du miracle.

Monaco réserve pourtant des surprises: N'est-ce pas ici que les Français Jean-Pierre Beltoise (1972) et Olivier Panis (1996) puis l'Italien Jarno Trulli (2004) ont remporté la seule victoire de leur carrière, déjouant tous les pronostics ?