"Le chemin a été long, et c'est avec beaucoup d'émotion que je réalise enfin que je serai l'an prochain sur la grille parmi les vingt pilotes de Formule 1", a déclaré devant un parterre de journalistes le Polonais, catholique fervent, lors de l'annonce par Claire Williams de sa titularisation, sur le circuit de Yas Marina en marge du GP d'Abou Dhabi, le denier de la saison.

"Robert a montré des qualités de courage et de détermination extraordinaires", a souligné la team principale-adjointe de Williams au sujet de celui qui était depuis un an son pilote de réserve.

Les performances en essais depuis dix-huit mois avec Renault puis Williams n'ont pas forcément été très probantes. Kubica, qui aura 34 ans le 7 décembre, demeure par contre un metteur au point hors pair.

Elles "vont nous servir dans le développement de notre prochaine monoplace", a assuré la fille du fondateur de l'écurie de Grove, Sir Frank Williams.

Hors essais, la dernière apparition du natif de Cracovie remonte au GP... d'Abou Dhabi, en novembre 2010.

Sous les couleurs de Renault, il avait alors terminé 5e.

- Une photo du pape -

Beaucoup de choses ont changé dans la catégorie reine depuis le 6 février 2011, lorsqu'au rallye Ronde di Andora, près de Gênes, Kubica a été victime d'une violente sortie de route.

Celui qui s'engageait sur des rallyes afin de "devenir un pilote plus complet et s'amuser", a failli perdre son bras droit et même la vie.

Son membre décharné, dont il a repris possession au prix d'une très longue rééducation, l'a forcé à changer de style de conduite, notamment en Championnat du monde des rallyes (WRC) en 2014 et 2015.

Ce n'était pas la première fois que le Polonais frôlait la mort.

En 2003, il doit se faire poser dix-huit vis en titane dans ce même bras droit, en miettes après l'accident d'un véhicule dont il était le passager.

En 2007, au Grand Prix du Canada, il percute de biais un muret à plus de 230 km/h. Kubica encaisse 75G. Il s'en sort cette fois avec une entorse de la cheville, grâce diront certains à la photo du pape Jean-Paul II placée dans son casque.

Un an plus tard, il décrochait au même Grand Prix son seul succès à ce jour en F1, et terminait 4e d'une saison 2008 où il se révélait comme un champion du monde en puissance.

Avant le drame du Ronde di Andora, Kubica venait en F1 de réaliser le meilleur temps des essais hivernaux, et un contrat l'attendait chez Ferrari en 2012.

- Ocon sans volant -

La Scuderia lui a d'ailleurs proposé d'être pilote de développement en 2019, mais il a préféré retrouver la piste à plein temps.

Le Polonais aurait pu être nommé chez Williams dès 2018 à la place du Brésilien Felipe Massa mais il a été supplanté par le Russe Sergey Sirotkin, aux sponsors personnels plus généreux (15 millions d'euros la saison contre 10 millions à Kubica).

Le Moscovite, dernier du classement avec un seul point, ayant totalement raté sa saison, et Kubica pouvant désormais compter sur au moins 13 millions d'euros de la part du groupe polonais de raffinage pétrolier PKN Orlen, le choix était devenu aisé.

Son bonheur enterre les infimes espoirs d'Esteban Ocon, qui ne se faisait d'ailleurs plus beaucoup d'illusion sur ses chances d'obtenir un baquet en F1 en 2019, malgré deux années et demi très accomplies.

Le Canadien Lance Stroll va en effet prendre sa place chez Racing Point Force India que son père, le milliardaire Lawrence Stroll, a racheté en août à la tête d'un consortium d'investisseurs.

Ocon deviendra réserviste chez Mercedes et vise désormais un volant en 2020. En espérant que son attente soit moins longue que celle du revenant Kubica.

Robert Kubica: "Je peux le faire"

Robert Kubica, ISOPIX
Robert Kubica © ISOPIX

"Je peux le faire", a assuré jeudi en marge du Grand Prix d'Abou Dhabi le Polonais Robert Kubica, titularisé pour la saison prochaine par l'écurie Williams et qui fera son retour en F1, huit ans après son grave accident de rallye.

Que ressentez-vous au moment d'enfin obtenir un retour en F1 après huit ans d'absence dus à votre grave blessure ?

"Tout d'abord, je tiens à remercier tous ceux qui m'ont aidé au cours de cette période difficile de ma vie, en particulier Claire (Williams) et Sir Frank (Williams). Toutes ces dernières années, cela a été un parcours difficile pour revenir en Formule 1, mais ce qui semblait presque impossible il y a peu commence maintenant à devenir possible. Et je suis excité de pouvoir me dire que je serai sur la grille parmi les vingt meilleurs pilote du monde en 2019. Ce challenge ne sera pas facile, mais avec beaucoup de travail et de dévouement, George (Russell, son futur équipier) et moi travaillerons ensemble pour essayer d'aider l'équipe à revenir dans une meilleure forme et à progresser sur la grille".

La majorité des observateurs estiment que les séquelles de votre accident vous empêcheront de revenir à votre meilleur niveau. Que leur répondez-vous ?

"Que personne n'a jamais cru en moi. Énormément de personnes sont étiquetées à l'avance. Et au quotidien nous croyons que beaucoup de choses sont impossibles par nature. Mais je trouve que c'est juste une façon de penser. Les gens ont dû mal à croire à mon retour. Si j'étais le patron de l'écurie, j'aurais moi-même pas mal de doutes. Mais oui, je peux le faire. Ma limite n'est pas en moi. Je peux même dire que conduire en compétition était le meilleur moyen d'effectuer une rééducation rapide".

Allez-vous changer votre style de pilotage ?

"Non, je n'ai pas à le faire. Le seul effort que j'aurai à produire est de faire en sorte que mon corps récupère au maximum entre les courses. Durant, je n'ai qu'à conduire et c'est une chose naturelle à faire. Je vais faire du bon travail pour l'équipe et je vais attaquer fort. Cette saison en tant que pilote de réserve m'a permis d'en apprendre énormément. Et je vais en apprendre encore plus sur les nouveaux pneus la semaine prochaine lors des essais Pirelli à Abou Dhabi".

"Le chemin a été long, et c'est avec beaucoup d'émotion que je réalise enfin que je serai l'an prochain sur la grille parmi les vingt pilotes de Formule 1", a déclaré devant un parterre de journalistes le Polonais, catholique fervent, lors de l'annonce par Claire Williams de sa titularisation, sur le circuit de Yas Marina en marge du GP d'Abou Dhabi, le denier de la saison."Robert a montré des qualités de courage et de détermination extraordinaires", a souligné la team principale-adjointe de Williams au sujet de celui qui était depuis un an son pilote de réserve.Les performances en essais depuis dix-huit mois avec Renault puis Williams n'ont pas forcément été très probantes. Kubica, qui aura 34 ans le 7 décembre, demeure par contre un metteur au point hors pair.Elles "vont nous servir dans le développement de notre prochaine monoplace", a assuré la fille du fondateur de l'écurie de Grove, Sir Frank Williams.Hors essais, la dernière apparition du natif de Cracovie remonte au GP... d'Abou Dhabi, en novembre 2010.Sous les couleurs de Renault, il avait alors terminé 5e.- Une photo du pape -Beaucoup de choses ont changé dans la catégorie reine depuis le 6 février 2011, lorsqu'au rallye Ronde di Andora, près de Gênes, Kubica a été victime d'une violente sortie de route.Celui qui s'engageait sur des rallyes afin de "devenir un pilote plus complet et s'amuser", a failli perdre son bras droit et même la vie.Son membre décharné, dont il a repris possession au prix d'une très longue rééducation, l'a forcé à changer de style de conduite, notamment en Championnat du monde des rallyes (WRC) en 2014 et 2015.Ce n'était pas la première fois que le Polonais frôlait la mort.En 2003, il doit se faire poser dix-huit vis en titane dans ce même bras droit, en miettes après l'accident d'un véhicule dont il était le passager.En 2007, au Grand Prix du Canada, il percute de biais un muret à plus de 230 km/h. Kubica encaisse 75G. Il s'en sort cette fois avec une entorse de la cheville, grâce diront certains à la photo du pape Jean-Paul II placée dans son casque.Un an plus tard, il décrochait au même Grand Prix son seul succès à ce jour en F1, et terminait 4e d'une saison 2008 où il se révélait comme un champion du monde en puissance.Avant le drame du Ronde di Andora, Kubica venait en F1 de réaliser le meilleur temps des essais hivernaux, et un contrat l'attendait chez Ferrari en 2012.- Ocon sans volant -La Scuderia lui a d'ailleurs proposé d'être pilote de développement en 2019, mais il a préféré retrouver la piste à plein temps.Le Polonais aurait pu être nommé chez Williams dès 2018 à la place du Brésilien Felipe Massa mais il a été supplanté par le Russe Sergey Sirotkin, aux sponsors personnels plus généreux (15 millions d'euros la saison contre 10 millions à Kubica).Le Moscovite, dernier du classement avec un seul point, ayant totalement raté sa saison, et Kubica pouvant désormais compter sur au moins 13 millions d'euros de la part du groupe polonais de raffinage pétrolier PKN Orlen, le choix était devenu aisé.Son bonheur enterre les infimes espoirs d'Esteban Ocon, qui ne se faisait d'ailleurs plus beaucoup d'illusion sur ses chances d'obtenir un baquet en F1 en 2019, malgré deux années et demi très accomplies.Le Canadien Lance Stroll va en effet prendre sa place chez Racing Point Force India que son père, le milliardaire Lawrence Stroll, a racheté en août à la tête d'un consortium d'investisseurs.Ocon deviendra réserviste chez Mercedes et vise désormais un volant en 2020. En espérant que son attente soit moins longue que celle du revenant Kubica.