La F1 mise sur les jeunes

28/01/19 à 11:55 - Mise à jour à 11:54
Du Sport/Foot Magazine du 23/01/19

Seulement 14% des spectateurs ont moins de 25 ans... C'est un problème.

La F1 mise sur les jeunes

L'âge moyen d'un spectateur de F1 est de 40 ans. © belgaimage

Les courses sont diffusées en streaming, on a lancé les Esport Series il y a deux ans et le Formula One Group n'a jamais été aussi actif sur les réseaux sociaux mais malgré tous ses efforts pour attirer un public plus jeune, l'âge moyen d'un amateur de F1 est de 40 ans. Cette donnée laissait Bernie Ecclestone, l'ancien CEO du Formula One Group, parfaitement indifférent.

" Je ne vois pas pourquoi nous devrions attirer plus de jeunes ", a-t-il déclaré en 2014, rappelant que lors de ses entretiens avec des sponsors potentiels, il insistait toujours sur l'assise financière d'un public plus âgé. " Les jeunes n'ont pas d'argent. Je préfère quelqu'un de 70 ans qui dépense beaucoup. "

C'est qu'un week-end de F1 coûte très cher. Forbes vient d'analyser le prix des billets et le nombre de spectateurs présents aux 191 derniers grands prix. Il a calculé que le prix moyen d'un billet de trois jours a augmenté de 9% depuis la reprise de la F1 par Liberty Media en 2017, passant de 385 à 419 euros.

Les revenus issus du sponsoring n'augmentent pas beaucoup alors que c'était le segment le plus prometteur selon le nouveau CEO, Chase Carey. " Nous devons réveiller l'intérêt des sponsors ", a déclaré Matt Roberts, global research director. " Nous pouvons ainsi diffuser les courses en ligne, pour attirer plus de jeunes. "

Mais les amateurs plus âgés veulent suivre les GP à la télévision et pas sur le petit écran de leur smartphone ou de leur iPad. C'est un exercice d'équilibriste car l'audimat a baissé de 5% l'année passée, à cause, d'après Carey, " du choix de conclure un contrat TV avec une chaîne payante en Italie. "

Un problème. Durant la dernière décennie, la F1 a conclu de plus en plus de contrats avec des chaînes payantes. Le nombre de téléspectateurs a chuté de 41,3% pour atteindre 352,3 millions. La Grande-Bretagne est la prochaine à s'y mettre : pour la première fois depuis 1970, on ne pourra pas y suivre les GP sur une chaîne publique.

C'est une décision risquée, sur les terres du champion du monde, qui abritent le siège central de sept des dix écuries et qui ont accueilli la première course de F1 en 1950, à Silverstone. Le grand prix qui s'y déroule le 14 juillet est d'ailleurs le seul qui sera gratuitement accessible aux spectateurs britanniques sur Channel 4. Les vingt autres épreuves seront diffusées moyennant paiement par Sky Sports.

Les observateurs prédisent une nouvelle perte de cinq millions de téléspectateurs mais Roberts affirme que ce sera l'inverse. " Nous avons un contrat avec Channel 4, qui va proposer des résumés. Comme ils seront retransmis en prime time, nous allons générer de nouveaux téléspectateurs. "

Selon Roberts, les enquêtes ont révélé qu'il faut placer l'accent sur la vitesse et le bruit pendant les retransmissions. " C'est certainement un aspect à travailler. Nous devons attirer plus de jeunes sans perdre les spectateurs plus âgés. "