Le Britannique s'est imposé à l'issue du 1000e Grand Prix de l'histoire devant son équipier le Finlandais Valtteri Bottas, 2e à 6.552 secondes, et l'Allemand Sebastian Vettel (Ferrari), 3e à 13.744 secondes. Le meilleur tour en course a été réalisé par le Français Pierre Gasly (Red Bull-Honda) en 1:34.742

75ème victoire de sa carrière

Hamilton décroche sa 75e victoire en carrière (en 232 courses), la 2e de la saison après celle à Barheïn, et offre à Mercedes son 90e succès. Le champion 2008, 2014, 2015, 2017 et 2018 prend la tête du championnat. Après ce 6e succès en carrière Chine, il possède 68 points et dépasse Bottas, lauréat en Australie, qui se retrouve deuxième avec 62 unités.

Les autres pilotes qui ont marqué des points sont dans l'ordre le Néerlandais Max Verstappen (Red Bull-Honda), 4e, le Monégasque Charles Leclerc (Ferrari), a qui a dû laisser passer Vettel en début de course, 5e, le Français Pierre Gasly (Red Bull-Honda), 6e, l'Australien Daniel Ricciardo (Renault), 7e, le Mexicain Sergio Pérez (Racing Point-Mercedes), 8e, le Finlandais Kimi Räikkönen (Alfa Romeo-Ferrari), 9e, et le Thaïlandais Alexander Albon (Toro Rosso-Honda), 10e.

La 4e manche se déroulera 28 avril à Bakou à l'occasion du Grand Prix d'Azerbaïdjan.

Encore un doublé pour Mercedes, Ferrari interroge

Trois doublés en autant de courses depuis le début de la saison de F1 ! Gagnante avec Lewis Hamilton devant Valtteri Bottas, Mercedes a réussi dimanche au Grand Prix de Chine une performance inédite depuis Williams en 1992. Ferrari s'est fait remarquer par une stratégie polémique que n'a visiblement pas apprécié le Monégasque Charles Leclerc privé de céder le passage à son équipier l'Allemand Sebastian Vettel.

"Ça aurait pu être beaucoup plus compliqué", a reconnu Hamilton, en difficulté lors des essais libres comparé à Bottas, vainqueur de la manche inaugurale de la saison et autrement plus compétitif que l'an dernier.

"Au début du week-end, j'étais loin du rythme de Valtteri. J'aurais pu me qualifier troisième ou quatrième. Heureusement, j'ai trouvé du rythme au bon moment en qualifications, puis j'ai pris un bon départ qui a fait la différence", a-t-il poursuivi.

Pas de mystère ici: l'exercice du départ, dans lequel il a été régulièrement surclassé ces derniers temps, le quintuple champion du monde l'a énormément travaillé ces dernières semaines.

Au classement des constructeurs, l'écart ne cesse de se creuser entre les Flèches d'argent et la Scuderia, pourtant largement favorite après les essais hivernaux: il se porte désormais à 57 unités.

"Nous avons essayé de les suivre mais nous ne le pouvions tout simplement pas. Dès le départ, ils étaient trop rapides", a reconnu Vettel. "Nous ne pouvions espérer faire mieux que troisième et quatrième", soit leurs positions sur la grille.

Sauf que Leclerc n'a franchi la ligne d'arrivée que cinquième, pénalisé par une stratégie discutable.

La Scuderia ne le cache pas: elle place plus d'espoirs en son quadruple champion du monde qu'en sa recrue de 21 ans et une saison seulement d'expérience parmi l'élite avec Sauber en 2018.

Or, le Monégasque, que seule une panne a empêché de s'imposer à Bahreïn il y a quinze jours, est plus rapide que son équipier allemand depuis le début de la saison. Au départ en Chine, il a pris le meilleur sur Vettel pour le gain de la troisième place, mais son équipe lui a très vite demandé de laisser passer l'Allemand, qui revendiquait un meilleur rythme.

Derrière cela, Red Bull a joué la carte de l'audace en rappelant Verstappen aux stands avant les Ferrari, contraignant la Scuderia à sacrifier la quatrième place de Leclerc pour préserver le podium de son aîné.

Interrogée sur cette consigne immédiatement critiquée sur le paddock, sa victime a préféré ne pas "commenter" face aux médias. "Il faut que j'en discute avant (avec l'équipe), que je regarde l'image générale de la course", a-t-il lâché. "Du cockpit, c'est un peu difficile à digérer mais parfois on ne voit pas la même chose que de la murette", où sont prises les décisions stratégiques.

"On devait essayer car je me sentais plus rapide que lui", a pour sa part justifié Vettel. "Je pense que nous avons bien joué pour l'équipe."

"Si Charles est contrarié, il en a le droit et nous devons l'accepter", a clos le patron de Ferrari Mattia Binotto. "Je comprends ce sentiment mais, à ce moment de la course, les Mercedes étaient plus rapides et nous avons essayé de donner à Seb la meilleure chance possible. Il ne s'agissait pas de favoriser un pilote (au détriment de l'autre)."