Un succès du cheval cabré sur ses terres, l'Italie n'en a plus connu depuis celui de l'Espagnol Fernando Alonso en 2010.

Qui de mieux pour rompre le sort qu'un discret mais charismatique jeune homme de 21 ans qui assure que, s'il n'était pas Monégasque, il choisirait d'être Italien ?

Sa fraîcheur et son parcours, de la filière de jeunes pilotes de la Scuderia à la F1, de la cruelle panne qui l'a privé du triomphe à Bahreïn à son succès à Spa-Francorchamps, ont forgé l'image de Leclerc.

S'il a encore reçu moins d'applaudissements que son équipier Sebastian Vettel de la part des 10.000 fans réunis à Milan mercredi soir pour célébrer les 90 ans de Ferrari, le jeune homme est d'ores et déjà l'élu de la presse italienne.

Ainsi, pour le Corriere dello Sport, "après 13 GP, Ferrari s'est rendu compte que Charles Leclerc est le prédestiné qui doit recevoir l'héritage vainqueur de Maranello."

"A la perfection"

En Belgique, sa pole position conquise avec pas moins de 7/10es d'avance puis sa résistance en fin de course devant le quintuple champion du monde Lewis Hamilton (Mercedes) ont impressionné.

Mais l'on retiendra surtout sa force de caractère au lendemain de l'accident mortel, sur le tracé ardennais, du pilote français de Formule 2 Anthoine Hubert, son "ami" depuis leurs débuts en karting, auquel il a dédié sa victoire.

Le circuit de Monza, comme celui de Spa, valorise la vitesse en ligne droite, rare avantage dont la Scuderia peut se prévaloir cette saison face à Mercedes et Red Bull.

Le Monégasque bénéficiera qui plus est, comme Vettel, d'une version améliorée du moteur Ferrari, ce qui devrait sur le papier accroître leur avantage.

Alors que l'équipe a commis cette saison - et les précédentes - des erreurs qui l'ont privée du succès, "nous avons vu en Belgique que, pour gagner, nous devons tout exécuter à la perfection et c'est ce que nous visons également à Monza", martèle le patron Mattia Binotto.

"Si les Ferrari sont très performantes sur les circuits rapides le samedi (en qualifications, ndlr), elles ne le sont pas autant le dimanche (en course)", rappelle pour sa part Toto Wolff, son homologue chez Mercedes. "Nous ne sommes pas favoris mais nous ferons tout pour défier les Rouges."

Un second succès de l'écurie italienne ne remettrait toutefois pas en question l'issue quasi-inéluctable du Championnat: un sixième sacre consécutif pour Mercedes chez les pilotes et les constructeurs.

Sursaut d'orgueil

A huit courses du terme, Hamilton compte 65 points d'avance sur son équipier finlandais Valtteri Bottas, 87 sur le Néerlandais Max Verstappen (Red Bull), 99 sur Vettel et 111 sur Leclerc. Chez les constructeurs, les Flèches d'argent ont 145 longueurs d'avance sur Ferrari et 217 sur Red Bull.

La lutte pour la troisième place chez les pilotes s'annonce tout de même intéressante entre Verstappen, contraint à l'abandon dès le premier tour en Belgique à la suite d'un accrochage et pénalisé sur la grille ce week-end pour un changement de moteur au-delà du quota autorisé par saison, et les deux équipiers chez Ferrari.

D'autant qu'au sein de la Scuderia, l'équilibre des forces penche de plus en plus nettement en faveur du jeune premier face au quadruple champion du monde, dominé une victoire à zéro et trois pole positions à une.

Faut-il s'attendre à un sursaut d'orgueil de l'Allemand, qui n'a plus gagné depuis la Belgique l'an dernier et a accepté de se sacrifier dimanche pour assurer la victoire à Leclerc ? Et si oui, sous quelle forme ?

On sait Vettel imprévisible quand il est agacé ou sous pression, à l'image de son GP d'Italie 2018. Contrarié d'avoir été battu en qualifications par son équipier d'alors Kimi Räikkönen, il avait accroché Hamilton dans le premier tour pour partir en tête-à-queue, se condamnant à remonter de l'arrière du peloton à la 4e place finale.

Le temps, qui s'annonce à l'averse, pourrait aussi jouer les arbitres entre tous ceux-là.