Etienne Lavigne, directeur du Dakar. © ISOPIX

Que peut-on attendre pour ce Dakar-2019 ?

"C'est une édition hors norme. C'est la première fois que le Dakar se déroule dans un seul pays. Ce n'était jamais arrivé. Historiquement, il y a toujours eu plusieurs pays, que ce soit en Afrique ou en Amérique du Sud, avec des kilométrages très élevés, une variété de parcours, de géographies, de paysages... Cette année, il va falloir affronter des terrains difficiles qui exigent une très bonne préparation physique. La dune, le sable, ce sont des environnements très techniques. Il faut savoir les passer, ces dunes. Il faut savoir les appréhender, les traverser, les franchir... et cela nécessite des vraies connaissances techniques de pilotage dans le sable. Et puis il y a la navigation, l'orientation dans ces labyrinthes de sable, ces vallées, ces montagnes de sable où la course se déroule. Il faut trouver son chemin, retrouver les points à atteindre. Ce mélange de trois exigences --un Dakar physique, un Dakar technique, un Dakar difficile-- compose la réalité de l'édition 2019."

Le sable, c'est un retour aux sources ?

"Avec le sable, on plonge au coeur de l'ADN du Dakar, effectivement. A l'origine, la mythologie du Dakar, c'est le Sahara, ses dunes, ses grands cordons de sable... Là, on est au coeur du sujet. La géographie péruvienne, c'est une grande plaine côtière coincée entre le Pacifique et la Cordillère. Un territoire magique de sable et de dunes que les concurrents vont devoir traverser pendant dix jours: cinq pour descendre à frontière chilienne et cinq pour remonter. Ca promet dix jours extrêmement exigeants pour tous les concurrents car ce sera plus court, plus dur. Plus exigeant aussi puisqu'il y a moins de temps pour pour faire la différence. D'habitude, c'est 12-14 étapes. Là, il y en a 10. D'habitude, c'est 5000 km de secteur sélectif. Là, c'est 3000. Donc les concurrents, notamment les "tops", devront faire la différence très vite... Il n'y aura pas beaucoup de temps pour creuser les écarts, surtout dans ces géographies-là. Ca promet des courses très aiguisées, extrêmement redoutables... donc un Dakar extrêmement relevé."

Malgré la défection de Peugeot, Loeb, Peterhansel, Sainz participent. C'est une bonne nouvelle pour le Dakar...

"Les grands ténors de la discipline sont tous là, ceux qui ont fait l'histoire et la réputation du Dakar... Peterhansel, Despres, Sainz, al-Attiyah, de Villiers... ont tous gagné au moins une fois. Ils reviennent pour la victoire sur des véhicules différents. Ce Dakar-2019 sera donc une course de ténors, de spécialistes."

Le Pérou, marchand de sable pour Loeb et compagnie

Un seul pays mais un plateau complet: avec des noms tels que Loeb, Peterhansel, Sainz, al-Attiyah ou Van Beveren... l'édition 2019 du Dakar (6-17 janvier) a fait le plein côté concurrents à défaut d'avoir pu dépasser les frontières sableuses du Pérou.

Car la 41e édition du Dakar, dont le parcours a été dévoilé mardi à Paris, aura lieu pour la première fois de son histoire dans un seul pays. Du fait, entre autres, des politiques d'austérité qui touchent l'Amérique du Sud. Exit donc la Bolivie et l'Argentine (2018), le Paraguay (2017) ou le Chili (2015)... seul le Pérou est resté fidèle au célèbre rallye-raid.

"Ce ne sera pas un Dakar au rabais", promet néanmoins le directeur de la course Etienne Lavigne à l'AFP. "C'est une édition hors norme. (...) Cette année, il va falloir affronter des terrains difficiles qui exigent une très bonne préparation physique. La dune, le sable, ce sont des environnements très techniques", explique-t-il.

Au menu pour les 334 véhicules inscrits, dix étapes, 5000 kilomètres dont 3000 de spéciales pour un rallye 100% Pérou mais, surtout, 100% sable. "Avec le sable, on plonge au coeur de l'ADN du Dakar. A l'origine, la mythologie du Dakar, c'est le Sahara, ses dunes, ses grands cordons de sable... Là, on est au coeur du sujet", assure Lavigne.

"La géographie péruvienne, c'est une grande plaine côtière coincée entre le Pacifique et la Cordillère. Ca promet dix jours extrêmement exigeants pour tous les concurrents car ce sera plus court, plus dur. Plus exigeant aussi puisqu'il y a moins de temps pour faire la différence."

- "Savoir passer les dunes" -

Pour s'imposer à Lima le 17 janvier, il faudra en effet "savoir passer les dunes" mais aussi repousser une concurrence serrée après un programme "très technique".

La plupart des récents vainqueurs seront en effet de la partie: les Espagnols Carlos Sainz (2010, 2018) et Nani Roma (2014), le Qatari Nasser al-Attiyah (2015), le Sud-Africain Giniel de Villiers (2009) ainsi que les Français Stéphane Peterhansel (13 victoires entre 1991 et 2017, 6 en moto et 7 en auto) et Cyril Despres (2005, 2007, 2010, 2012, 2013 en moto) seront au départ.

Tout comme Sébastien Loeb, nonuple champion du monde des rallyes mais jamais sacré au Dakar. En trois participations remarquées, le Français a comme meilleur résultat sa 2e place de 2017. Il aura à coeur de se racheter après son abandon dès la 5e étape l'an dernier, planté dans le désert péruvien.

A la suite du retrait de Peugeot, il revient en tant que pilote privé et avec le rêve de devenir le premier indépendant à s'imposer depuis Jean-Louis Schlesser en 2000.

"Les grands ténors de la discipline sont tous là, ceux qui ont fait l'histoire et la réputation du Dakar... Peterhansel, Despres, Sainz, al-Attiyah, de Villiers... ont tous gagné au moins une fois. Ils reviennent pour la victoire sur des véhicules différents. Ce Dakar-2019 sera donc une course de ténors, de spécialistes", insiste le patron du Dakar.

"Ils apportent une compétition encore plus relevée, encore plus exigeante. Plus il y a de monde, plus c'est fort en termes de compétition et d'incertitude. Ils ont tous des points forts, des points faibles qu'ils vont devoir gérer, qu'ils vont devoir appréhender. Sur dix jours ramassés comme ça, en terme de kilomètres, où il faudra faire rapidement la différence, il y beaucoup de prétendants légitimes à la victoire", se réjouit-il.