Alors que Mbaye Niang, un jeune de 16 ans épate à Caen, que reste-t-il de cet esprit bleu, blanc, beur qui avait poussé la France vers le titre mondial en 1998? Rien. Tout un pays avait puisé dans ses diversités et ses couleurs pour monter sur la plus haute marche du podium. Ce capital a été dilapidé par des échecs, des cartes rouges, des disputes, des histoires de quotas dans les centres de formation, le problème de la double nationalité, des propos et autres gros mots qui salissent l'image d'un football français qui, en fait, veut changer de cap et se rapprocher du jeu pratiqué en Espagne.

Pendant ce temps-là, comme l'affirmait le journal l'Equipe, Niang "file comme le vent" avec ses atouts et ses "handicaps": grand, jeune et... noir. Noir comme Thuram, d'origine étrangère (parents sénégalais) comme Zidane ou Platini et Kopa avant lui. Un jour, Niang, international français en équipes de jeunes, pourra opter pour le Sénégal ou pour les Bleus. Ce n'est pas lui qui a inventé ce règlement. Alors s'il n'est pas assez bon pour les Bleus, pourquoi ne pourrait-il pas opter pour le Sénégal?

Liberté, égalité... football? Pour beaucoup de petits émigrés, le football est la planche de salut, la chance de trouver leur place dans la société française même s'il y a peu d'élus. Ont-ils assez servi?

Un journaliste français, Didier Braun, évoque Sammy Davis Junior qui "était noir, borgne et juif". Ses talents lui ont permis de tout surmonter. Et Braun d'ajouter que Niang, comme Sammy Davis Junior, est un phénomène, "un attaquant hors norme: il n'y a pas de quotas pour le talent". Pourquoi y avait-il plus de Didier Braun en 1998 qu'en 2011?

Pierre Bilic

Alors que Mbaye Niang, un jeune de 16 ans épate à Caen, que reste-t-il de cet esprit bleu, blanc, beur qui avait poussé la France vers le titre mondial en 1998? Rien. Tout un pays avait puisé dans ses diversités et ses couleurs pour monter sur la plus haute marche du podium. Ce capital a été dilapidé par des échecs, des cartes rouges, des disputes, des histoires de quotas dans les centres de formation, le problème de la double nationalité, des propos et autres gros mots qui salissent l'image d'un football français qui, en fait, veut changer de cap et se rapprocher du jeu pratiqué en Espagne. Pendant ce temps-là, comme l'affirmait le journal l'Equipe, Niang "file comme le vent" avec ses atouts et ses "handicaps": grand, jeune et... noir. Noir comme Thuram, d'origine étrangère (parents sénégalais) comme Zidane ou Platini et Kopa avant lui. Un jour, Niang, international français en équipes de jeunes, pourra opter pour le Sénégal ou pour les Bleus. Ce n'est pas lui qui a inventé ce règlement. Alors s'il n'est pas assez bon pour les Bleus, pourquoi ne pourrait-il pas opter pour le Sénégal? Liberté, égalité... football? Pour beaucoup de petits émigrés, le football est la planche de salut, la chance de trouver leur place dans la société française même s'il y a peu d'élus. Ont-ils assez servi?Un journaliste français, Didier Braun, évoque Sammy Davis Junior qui "était noir, borgne et juif". Ses talents lui ont permis de tout surmonter. Et Braun d'ajouter que Niang, comme Sammy Davis Junior, est un phénomène, "un attaquant hors norme: il n'y a pas de quotas pour le talent". Pourquoi y avait-il plus de Didier Braun en 1998 qu'en 2011?Pierre Bilic