Par John BAETE

Plus que jamais, les coaches de la Coupe du Monde seront médiatisés. Outre leurs interviews retransmises urbi et orbi, on a souvent l'impression qu'en match les caméras se figent un peu trop sur leurs mimiques. Comme s'ils étaient devenus les vraies vedettes de leurs équipes.

C'est une évolution à mettre sur le compte d'un intérêt accru des fans pour les explications tactiques et sur la disponibilité des coaches à l'égard des médias. Alors que les joueurs se cachent le plus possible, les entraîneurs sont plus disponibles, plus proches, plus humains.

Mais s'ils font l'objet de manifestations d'idolâtrie en cas de succès, ils sont aussi la cible de la vindicte populaire en cas de défaites et de déceptions. Un coach peut être la meilleure et la pire des choses pour des fans qui, c'est certain, n'aiment inconditionnellement que leurs joueurs. S'ils jouent bien c'est éventuellement grâce à l'entraîneur; s'ils jouent mal, c'est certainement à cause de lui. Demi-dieu ou paratonnerre, drôle de destin.

Le 11 juillet prochain, après la finale, le coach des vainqueurs aura réinventé le football. Pour l'heure, les 32 sélectionneurs jouent aux oracles, aux architectes, aux psychologues. Ce sont eux qu'on écoute avant tout, parce que contrairement aux joueurs, ils donnent l'impression de savoir où ils vont.

Voilà pourquoi dans le Sport/Foot Magazine de cette semaine consacré au Mondial, les interviews des 32 coaches en lice ont valeur de document. Ils sont au début d'une aventure personnelle intense, même si on les sent solitaires. En fin de tournoi, vous pourrez comparer leurs espoirs actuels avec la dure réalité.

Tout tendus vers l'absolu de la victoire finale, il y a ceux qu'on trouve bien comme le toujours discret Marcello Lippi, ceux qu'on aime détester comme un Raymond Domemech au sourire de commande, ceux qui intriguent comme le froid Fabio Cappello, etc.

Et puis il y a les deux cas particuliers: l'Argentin Diego Maradona et le Brésilien Dunga, champions du monde comme joueur (respectivement en 1986 et 1994) et qui vont tenter de soulever le trophée comme coach, un exploit que seules deux légendes ont réussi, le Brésilien Mario Zagallo (demi offensif en 1958 et 1962 et coach en 1970 et 1994) et l'Allemand Franz Beckenbauer (libero en 1974 et coach en 1990).

Un quatuor dont les routes se sont déjà croisées au Mondial: Zagallo a été le coach de Dunga, Beckenbauer avait perdu la finale comme coach contre l'Argentine de Maradona en 86 avant de la gagner quatre ans plus tard contre le même.

Et si Dunga venait à gagner cette année, ce serait aussi la sixième étoile pour le Brésil. Mais si Lippi confirmait le titre de 2006, ce serait aussi la cinquième pour l'Italie. Dans cet agenda très chargé en spéculations, le Mondial de Maradona est déjà écrit en deux versions. S'il gagnait, ce sera plus beau et plus intense que pour les autres coaches. S'il perdait, ce sera pire. Dire que le peuple argentin et tous les spécialistes comprennent sa nomination est inexact, certes, mais l'important est que ses joueurs l'écoutent... et que son coaching ressemble à quelque chose. Finalement, Maradona est-il la bouée de secours de l'Argentine ou est-ce l'inverse?

Ceux qui l'aiment pour ce qu'il a apporté au foot comme joueur, quand il tenait l'équipe d'Argentine debout, sont inquiets. Avec le
Pibe de oro, ça a toujours été le meilleur ou le pire. Cette fois, soit il ira courir tout nu autour de l'Obélisque de Buenos Aires, soit il va se faire virer en plein Mondial.

A côté de ses gestes d'extraterrestre et de ses intuitions artistiques, il s'est aussi fait mal voir comme joueur à la Coupe du Monde. 1982: carton rouge pour avoir shooté dans le bas-ventre du Brésilien Joao Batista. 1986: main de Dieu contre l'Angleterre. 1990: "Hijos de puta!" aux Italiens qui sifflent l'hymne. 1994: exclu du tournoi sur contrôle antidopage positif. On croise les doigts pour toi Diego...

Par John BAETEPlus que jamais, les coaches de la Coupe du Monde seront médiatisés. Outre leurs interviews retransmises urbi et orbi, on a souvent l'impression qu'en match les caméras se figent un peu trop sur leurs mimiques. Comme s'ils étaient devenus les vraies vedettes de leurs équipes. C'est une évolution à mettre sur le compte d'un intérêt accru des fans pour les explications tactiques et sur la disponibilité des coaches à l'égard des médias. Alors que les joueurs se cachent le plus possible, les entraîneurs sont plus disponibles, plus proches, plus humains. Mais s'ils font l'objet de manifestations d'idolâtrie en cas de succès, ils sont aussi la cible de la vindicte populaire en cas de défaites et de déceptions. Un coach peut être la meilleure et la pire des choses pour des fans qui, c'est certain, n'aiment inconditionnellement que leurs joueurs. S'ils jouent bien c'est éventuellement grâce à l'entraîneur; s'ils jouent mal, c'est certainement à cause de lui. Demi-dieu ou paratonnerre, drôle de destin. Le 11 juillet prochain, après la finale, le coach des vainqueurs aura réinventé le football. Pour l'heure, les 32 sélectionneurs jouent aux oracles, aux architectes, aux psychologues. Ce sont eux qu'on écoute avant tout, parce que contrairement aux joueurs, ils donnent l'impression de savoir où ils vont. Voilà pourquoi dans le Sport/Foot Magazine de cette semaine consacré au Mondial, les interviews des 32 coaches en lice ont valeur de document. Ils sont au début d'une aventure personnelle intense, même si on les sent solitaires. En fin de tournoi, vous pourrez comparer leurs espoirs actuels avec la dure réalité. Tout tendus vers l'absolu de la victoire finale, il y a ceux qu'on trouve bien comme le toujours discret Marcello Lippi, ceux qu'on aime détester comme un Raymond Domemech au sourire de commande, ceux qui intriguent comme le froid Fabio Cappello, etc. Et puis il y a les deux cas particuliers: l'Argentin Diego Maradona et le Brésilien Dunga, champions du monde comme joueur (respectivement en 1986 et 1994) et qui vont tenter de soulever le trophée comme coach, un exploit que seules deux légendes ont réussi, le Brésilien Mario Zagallo (demi offensif en 1958 et 1962 et coach en 1970 et 1994) et l'Allemand Franz Beckenbauer (libero en 1974 et coach en 1990). Un quatuor dont les routes se sont déjà croisées au Mondial: Zagallo a été le coach de Dunga, Beckenbauer avait perdu la finale comme coach contre l'Argentine de Maradona en 86 avant de la gagner quatre ans plus tard contre le même. Et si Dunga venait à gagner cette année, ce serait aussi la sixième étoile pour le Brésil. Mais si Lippi confirmait le titre de 2006, ce serait aussi la cinquième pour l'Italie. Dans cet agenda très chargé en spéculations, le Mondial de Maradona est déjà écrit en deux versions. S'il gagnait, ce sera plus beau et plus intense que pour les autres coaches. S'il perdait, ce sera pire. Dire que le peuple argentin et tous les spécialistes comprennent sa nomination est inexact, certes, mais l'important est que ses joueurs l'écoutent... et que son coaching ressemble à quelque chose. Finalement, Maradona est-il la bouée de secours de l'Argentine ou est-ce l'inverse? Ceux qui l'aiment pour ce qu'il a apporté au foot comme joueur, quand il tenait l'équipe d'Argentine debout, sont inquiets. Avec le Pibe de oro, ça a toujours été le meilleur ou le pire. Cette fois, soit il ira courir tout nu autour de l'Obélisque de Buenos Aires, soit il va se faire virer en plein Mondial. A côté de ses gestes d'extraterrestre et de ses intuitions artistiques, il s'est aussi fait mal voir comme joueur à la Coupe du Monde. 1982: carton rouge pour avoir shooté dans le bas-ventre du Brésilien Joao Batista. 1986: main de Dieu contre l'Angleterre. 1990: "Hijos de puta!" aux Italiens qui sifflent l'hymne. 1994: exclu du tournoi sur contrôle antidopage positif. On croise les doigts pour toi Diego...