A 24 ans, le grand Hennuyer (1,93 m) trace son sillon sans se soucier des louanges ou des critiques. Ancien attaquant, Gonzague Vandooren s'est reconverti en arrière comme tant d'autres le firent avant lui, que ce soit au Standard ou ailleurs : Jean Thissen, LéonJeck, Nicolas Dewalque, Eric Gerets, Daniel Van Buyten, Gilbert Van Binst,.
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A 24 ans, le grand Hennuyer (1,93 m) trace son sillon sans se soucier des louanges ou des critiques. Ancien attaquant, Gonzague Vandooren s'est reconverti en arrière comme tant d'autres le firent avant lui, que ce soit au Standard ou ailleurs : Jean Thissen, LéonJeck, Nicolas Dewalque, Eric Gerets, Daniel Van Buyten, Gilbert Van Binst,. Personne ne sait si le Standardman rejoindra un jour ce prestigieux cortège. Ce n'est de toute façon pas son principal souci. Il se donne à fond, gomme ses imperfections techniques par un désir de monter au feu de la première à la dernière minute de jeu. Dominique D'Onofrio ne se passe quasiment jamais de lui, de sa hargne, de sa rage, de ses ruées dans le camp adverse et de sa présence dans le trafic aérien. C'est un titulaire à part entière. " Voilà ce qui compte ", dit-il avec ce sourire, un peu amusé, souvent narquois, qui lui permet de prendre de la distance par rapport aux événements. " Ceux qui nous regardent, ou nous cotent, ne savent pas ce que le coach exige de ses joueurs. Je peux avoir parfaitement accompli ma tâche même si on ne m'a beaucoup vu sur la pelouse. Si l'entraîneur est satisfait, cela m'importe plus que les autres regards ". Chaque match est un dictionnaire avec ses définitions, ses recherches, ses noms propres, ses graphiques, ses illustrations. Gonzague Van Dooren a calligraphié l'alphabet d'un bon Standard-Anderlecht (1-1), qu'il quitta à la mi-temps suite à une commotion cérébrale. " L'Ivoirien est évidemment le pion essentiel des Bruxellois. Il allie la puissance, la technique, l'imagination. Cette plaque tournante est au-dessus du lot tant son talent est étincelant mais ce n'est pas un buteur né. Homme contre homme, l'Anderlechtois est irrésistible et il convient de le contenir en attendant de l'aide. Il avait trouvé ses marques avec Nenad Jestrovic et Ivica Mornar. Maintenant, c'est à Oleg Iachtchouk de se profiler à ses côtés. De toute façon, Anderlecht trouve toujours une solution dans un compartiment offensif assez abondant quoi qu'on en dise depuis le départ d'Ivica Mornar. Aruna a marqué un but chanceux à Sclessin. A mon avis, il n'a cependant pas signé un match parfait ". " Il fut mon coach durant trois ans à Mouscron et j'en garde un bon souvenir malgré ses critiques. Hugo Broos est d'abord l'homme d'une occupation de terrain : le 4-4-2. Quand le système et les hommes sont en place, il ne change plus jamais. Cela crée des automatismes qui donnent une forme de robustesse tactique à l'équipe. Intéressant car tout est stable et le reste par tous les temps, que cela tourne bien ou pas. Mais c'est au Lierse, sous la direction de Walter Meeuws, que j'ai appris à varier les coups, à modifier l'occupation de terrain en fonction des problèmes présentés par l'adversaire. A Sclessin, les Mauves ont finalement présenté leur traditionnel 4-4-2 et sont restés dans leur schéma de la première à la dernière minute de jeu. Or, après ma sortie, il y avait moyen de diversifier leurs pressions offensives concentrées sur la gauche ". " La qualité de son apport est évidente. L'Uruguayen est avant tout un joueur collectif qui se consacre aux mécanismes tactiques. Juan Ramon Curbelo fait indiscutablement penser à Fredrik Söderström. Il aide Roberto Bisconti dans le travail de balayage et place son action sous le signe de l'efficacité. Sa dernière passe est précise et il sait être concret à la finition. Il a abattu beaucoup de travail contre les leaders du championnat ". " Notre coach, Dominique D'Onofrio, supporte une lourde pression dans un club comme le Standard. Ici, le coach est toujours le premier visé par la critique. Il a mis au point un système tactique qui convient aux potentialités de notre noyau. Même si cela rigole moins pour le moment, on ne peut pas oublier la qualité de notre premier tour. C'est la preuve que nous pouvions être performants et surtout très spectaculaires. Dominique D'Onofrio est stable dans sa vision et fait tourner le noyau. C'est le groupe qui compte pour lui, pas l'une ou l'autre personnalité. Au deuxième tour, il nous a manqué plusieurs fois un zeste de chance pour garder un succès. Le coach n'est pas responsable de cette fatalité. A la longue, cela pèse et plusieurs joueurs n'ont plus le même rendement qu'avant. Les pions étaient très bien répartis face aux Bruxellois avec l'obligation pour le Standard de se passer de Fabian Carini et Lalo Sorondo ". " Pour moi, c'est la pierre angulaire de la défense du Standard. Le Nigérian est constant, rapide, décidé, fort de la tête, bien placé. Il ne commet guère de bourdes et répare les erreurs des autres. Joseph Enakarhire s'entend tout aussi bien avec Lalo Sorondo qu'avec Ivica Dragutinovic. A mon avis, ces deux derniers se ressemblent et l'axe central est plus harmonieux quand on unit un des deux à Joseph. Enakarhire a été malheureusement impliqué dans le but d'Aruna mais il fut probablement un des meilleurs joueurs liégeois, certainement en première mi-temps ". " Il y avait 26.000 spectateurs à Sclessin pour le match au sommet. A l'exception d'un match contre Genk, je n'avais jamais vu cela. Quand le stade s'habille ainsi, de rouge et de blanc, c'est unique en Belgique. C'est évidemment une ambiance digne de ce qu'on voit dans les grands championnats étrangers, en Ligue des Champions. Dans ces conditions, il est impossible de ne pas bien jouer, de ne pas se vider les tripes ". " Ma prestation s'est arrêtée au repos. J'ai percuté Hannu Tihinen de la tête avant la pause et il était inutile de continuer. J'avais tout pris à la tempe, je ne voyais plus rien, c'était le trou noir et on m'a emmené au CHU. Les radios ont évidemment révélé une commotion cérébrale, des problèmes au niveau de la tempe. La Faculté m'a conseillé d'éviter le bruit. Dommage de n'en rester qu'à 45 minutes de jeu face aux Mauves. C'était un des grands virages de la saison. Je n'écoute jamais la critique. A quoi bon ? D'où vient-elle ? Qui les exprime par exemple sur les sites internet consacrés au Standard ? Quand le coach a quelque chose à me dire, il le fait droit dans les yeux, c'est la seule chose qui importe. A gauche, je n'ai pas toujours eu droit à la stabilité. Il m'est arrivé d'avoir Mustapha Oussalah, Papy Kimoto, Aleksandar Mutavdzic, Miljenko Mumlek ou Ivica Dragutinovic devant moi. Il faut s'adapter chaque fois, ce que je fais, mais un peu de stabilité dans cette zone me ferait du bien. Miljenko Mumlek, par exemple, est un excellent médian mais c'est plus une copie de Johan Walem, un joueur d'axe, qu'un véritable flanc gauche. J'étais attaquant au départ. Maintenant, la transition est finie. Je suis devenu pour de bon un arrière gauche ". " Dimitri Habran est un chouette gars qui ne vit que pour son métier. Il a parfaitement remplacé Fabian Carini qui était touché à la main. Je suis franchement heureux pour lui. Le but d'Aruna aurait pu être évité mais par la suite, et surtout en deuxième mi-temps, Dimitri est souvent bien sorti et a écarté des ballons chauds. Le Standard peut compter sur lui ". " Drago, notre capitaine, est une des rares grosses personnalités du groupe. C'est un battant, il ne supporte pas la défaite et, de plus, il se mouille, que ce soit dans le vestiaire ou face à la presse. Ce groupe a besoin de cela car il doit constamment être réveillé. Moi, cela ne me dérange pas quand Drago gueule. C'est son rôle. On ne gagne pas avec des braves mais avec des guerriers. Or, trop chez nous n'élèvent pas le ton de la voix. C'est un bon groupe mais pas nécessairement une vraie équipe. Je l'ai déjà dit : il y a des joueurs que je ne connais pas bien. Tous ne parlent pas français et les échanges, même s'ils sont sympathiques, sont limités. Il y a bien des cours de français mais ce n'est pas assez. C'est un domaine à perfectionner. Drago a glissé vers le centre de la défense. Lui aussi joue un peu partout. Moi, j'aime bien quand il évolue devant moi mais ce n'est pas à moi de faire les choix ". " Jonathan Walasiak est une des révélations de la saison. Personne n'a l'art, comme lui, de surgir et de frapper de la deuxième ligne. Il a bien réagi après avoir dû faire l'impasse sur Allemagne-Belgique. C'est sur un de ses centres que Vincent Kompany a repoussé une balle vers Emile Mpenza qui a ouvert la marque ". " Il me sidère chaque fois par son calme, sa présence et la qualité de sa passe, souvent du plat du pied, à distance. L'Anderlechtois a très normalement prolongé son parcours en équipe nationale. A 17 ans û 18 maintenant û, c'est vraiment exceptionnel et je suppose que la pression des grands clubs étrangers sera de plus en plus importante. Il doit cependant déjà savoir que la deuxième saison est la plus délicate. Si on lui pardonne encore certaines erreurs, mises sur le compte de l'apprentissage de son métier, ce ne sera plus le cas la saison prochaine. Or, il n'aura qu'un an de plus ". " Le problème dû à son absence a été bien résolu contre Anderlecht. Joseph et Drago se connaissent bien. Lalo Sorondo est une tour, un vrai professionnel, un joueur sérieux, sobre et stable ". " Il a pesé sur la défense d'Anderlecht, surtout avant le repos. Si nous avions pu doubler la marque, Anderlecht ne serait pas revenu. Emile fait peur à toutes les défenses. Je l'ai parfois trouvé un peu seul, c'est vrai, mais c'était un choix, comme à Beveren, et il ne faut pas oublier que le Standard génère pas mal de mouvements sur les ailes et au départ de la deuxième ligne ". " Jestrovic était suspendu et n'a pas pu prendre part à ce match au sommet. A mon avis, malgré ses indiscutables qualités, cela n'aurait pas changé grand-chose au débat. Jestrogoal n'a pas encore retrouvé la forme après sa blessure. Oleg Iachtchouk a bien rempli son rôle ". " Deschacht est un arrière gauche très solide, ferme. Il n'a pas souvent mis le nez à la fenêtre au Standard. En général, il ne le fait pas. C'est un arrière sobre, qui surveille sa zone et ne fait pas de chichis ". " Le gardien anderlechtois s'installe, me semble-t-il, à la place de Daniel Zitka. Il dégage une impression de sécurité. Tristan Peersman vit un peu la même chose que Dimitri Habran. Il a dû attendre longtemps avant d'avoir sa chance. Il a finalement vécu un match relativement tranquille à Sclessin ". " Standard-Anderlecht fut un bon match mais pas un spectacle total comme je l'ai lu ou entendu. Pour atteindre les sommets, il aurait fallu deux ou trois buts de plus au marquoir. Il n'y a pas eu assez de situations dangereuses en zone de vérité ". " C'était le pion qui manquait dans la ligne médiane. Il nous a fait un bien fou en récupérant beaucoup de ballons. Roberto Bisconti a évidemment ratissé face à Anderlecht mais les Bruxellois ont aussi mis la pression sur lui. A la relance, Roberto fut, cette fois, plus imprécis. Il a déjà beaucoup donné et continuera à le faire ". " Moi, il m'a impressionné. Techniquement, Seol est très fort. On ne sait jamais comment le Coréen s'y prendra pour déborder ou rentrer dans le jeu ". " Un salaud. Non, je le dis en riant car il m'a pété la tête. Le Finlandais est le patron de la défense bruxelloise. Les jeunes ont besoin de lui et ce rôle lui va comme un gant ". " Ce match nul constitue finalement une mauvaise affaire pour nous. Maintenant, il y a urgence et nous devons tout gagner jusqu'à la fin de la saison ". " Anthony Vanden Borre est entré dans ce match avec l'insouciance de ses 16 ans. C'est assez sensationnel vu le décor de ce match. Kompany avait déjà vécu cela en Ligue des Champions, lui pas. Je me suis demandé si Anthony Vanden Borre avait vraiment 16 ans. Si Kompany est élégant, Vandenborre se distingue par une puissance qui lui permet de tenter des raids dans le camp adverse. A 16 ans... " " Baseggio a signé un bon match à Sclessin. Il a bien distribué le jeu et quand on le laisse faire, c'est un cadeau pour lui. Il faut bien le dire : nous n'avons pas exercé suffisamment de pression sur lui et il a joué dans un fauteuil. Mieux : nous avons installé Walter dans un fauteuil au lieu de le presser sans cesse ". " Chaque équipe a finalement pris une mi-temps à son compte. Le Standard a tiré ses cartouches avant le repos. Anderlecht a dicté la conduite du match après la pause. La conclusion était logique : match nul ". " Mohamed El Yamani est monté au jeu à la place de Jonathan Walasiak en fin de match. Il n'a pas changé le cours des choses mais c'est aussi une victoire personnelle. L'Egyptien n'a que 23 ans et était considéré comme un grand espoir. Un accident de la circulation arrêta sa progression. Ces quelques minutes de présence contre Anderlecht lui feront probablement du bien ". " Zut, c'est raté. Nous devions prendre la mesure d'Anderlecht. Le Standard a mis les petits plats dans les grands. L'ambition était au rendez-vous. Ce match nul logique ne faut pas notre affaire. J'aurais aimé offrir autre chose à notre public ".n Pierre Bilic" Quand le stade s'habille ainsi, de rouge et de blanc, c'est UNIQUE EN BELGIQUE "