Avant de se mesurer, avec une audace qui promet un avenir intéressant, aux cow-boys du Texas belge, surnom du coin des Flandres où se niche le stade Arc-en-ciel, Luka Peruzovic a eu les mots justes à propos de la belle campagne de Zulte-Waregem : " Ce club effectue un travail de toute beauté avec un budget limité : chapeau, c'est un exemple pour tout le football belge. " Un homme se trouve à la base de ce remarquable parcours : Francky Dury, pas à l'aise durant son séjour à Gand ou à la direction technique des Diables Rouges mais tellement brillant quand il a les pieds dans le Gaverbeek. L'ancien policier n'a pas un parcours à la Yannick Ferrera ou d'anciennes stars de l'élite qui ont entamé leur carrière de coach en D1, sans rodage dans les séries inférieures. Dury, lui, a sorti sa caisse à outi...

Avant de se mesurer, avec une audace qui promet un avenir intéressant, aux cow-boys du Texas belge, surnom du coin des Flandres où se niche le stade Arc-en-ciel, Luka Peruzovic a eu les mots justes à propos de la belle campagne de Zulte-Waregem : " Ce club effectue un travail de toute beauté avec un budget limité : chapeau, c'est un exemple pour tout le football belge. " Un homme se trouve à la base de ce remarquable parcours : Francky Dury, pas à l'aise durant son séjour à Gand ou à la direction technique des Diables Rouges mais tellement brillant quand il a les pieds dans le Gaverbeek. L'ancien policier n'a pas un parcours à la Yannick Ferrera ou d'anciennes stars de l'élite qui ont entamé leur carrière de coach en D1, sans rodage dans les séries inférieures. Dury, lui, a sorti sa caisse à outils dans des clubs du football d'en bas. Et cela lui a offert huit titres de la P3 à la D2, avec Beveren Leie, Renaix, Zultse, RCH Gand et Zulte Waregem bien sûr. Une seule couronne manque à sa collection ; Anderlecht, en baisse de régime, sait désormais de laquelle il s'agit. Durant son ascension vers le top, Dury a appris à bosser avec les produits des terroirs flandriens. Alors que tant de clubs se contentent de vivre d'import-export, le chef coq de Zulte Waregem privilégie les circuits courts où il déniche régulièrement de bons produits frais. Ainsi, sa ligne arrière, la plus imperméable de la D1, est composée de gars d'ici qui se retroussent les manches, n'ont aucun problème de communication : Sammy Bossut, Davy De Fauw, Karel D'Haene, Steve Colpaert et Bryan Verboom ou Bruno Godeau. L'éclosion de Junior Malanda et de ThorganHazard aurait-elle été aussi éclatante dans un autre club ? Pas sûr. La pression est forcément moins grande à Zulte Waregem que dans les cercles plus huppés mais cela ne grève en rien les mérites de cette équipe à ne pas quitter du regard jusqu'en fin de saison ; donc durant les PO1. Zulte Waregem, c'est tout simplement " belgobon " et, en expert, Dury a ajouté à ses recettes ce qu'il faut d'ingrédients étrangers et de piments exotiques pour plaire à tous les palais : Olafur Skulason, Mbaye Leye, Franck Berrier, Ibrahima Conte, Aleksandar Trajkovski, Ivan Lendric, etc. Cela ne suffit hélas pas à effacer les craintes de certains observateurs minés par le syndrome du " petit champion ". Il suffit de relire les livres d'histoire pour noter des remarques désobligeantes dès qu'un sans grade franchit la ligne d'arrivée en vainqueur. C'est le cas pour Genk en 1999 quand ce club s'empare du titre sous la direction d'Aimé Anthuenis, triomphe confirmé en 2002 (coach : Sef Vergoossen) et en 2011, du temps de Frankie Vercauteren. Depuis lors, le club limbourgeois, dernier représentant belge sur la scène européenne, et qui vient d'obtenir son billet pour la prochaine finale de Coupe de Belgique, revendique à juste titre l'étiquette de " quatrième grand " de la D1. D'autres petits poucets ont décroché la timbale : RWDM (1975), Beveren (1979, 1984), Malines (1989), Lierse (1997) et il en aurait probablement été de même pour Mouscron en 1997 si l'Union Belge ne lui avait pas scandaleusement " piqué " son coach, Georges Leekens. La suite ne fut pas toujours glorieuse pour ces clubs, loin de là, mais le RWDM et Beveren ont réussi de bonnes campagnes européennes tandis que Malines a remporté la CE2 en 1988. Manquer de respect pour les " petits clubs surprises " relève de l'injustice. A Charleroi, dimanche passé, Zulte Waregem a complété dans la difficulté sa série en cours de matches sans défaites (17) et, au classement général, n'est plus qu'à trois points d'Anderlecht, assommé par sa défaite contre les Dury's boys en championnat et son élimination en demi-finale de la Coupe de Belgique à Genk. Et si c'était la saison " Château Petrus " pour les gars du Gaverbeek ? Petrus, comme le nom d'un de leurs sponsors, une bière brassée dans la région. Comme les joueurs de Dury... ?PAR PIERRE BILICManquer de respect pour les " petits clubs surprises " relève de l'injustice.