Ces dernières semaines, le club romain connaît quelques difficultés, mais précédemment, on ne tarissait pas d'éloges à propos de Paulo Fonseca (46 ans). Le nouveau capitaine de l'AS Rome, Lorenzo Pellegrini, le considérait tout simplement comme l'un des meilleurs entraîneurs du monde. Comme joueur, Fonseca n'a évolué qu'au Portugal, et comme entraîneur, il s'est fait un nom en Ukraine ces dernières années. Il a gagné le respect en pratiquant un football audacieux et en développant un grand sens de la communication.
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Ces dernières semaines, le club romain connaît quelques difficultés, mais précédemment, on ne tarissait pas d'éloges à propos de Paulo Fonseca (46 ans). Le nouveau capitaine de l'AS Rome, Lorenzo Pellegrini, le considérait tout simplement comme l'un des meilleurs entraîneurs du monde. Comme joueur, Fonseca n'a évolué qu'au Portugal, et comme entraîneur, il s'est fait un nom en Ukraine ces dernières années. Il a gagné le respect en pratiquant un football audacieux et en développant un grand sens de la communication. Est-il exact qu'après une victoire, vous ne changez pas de chaussettes ? Paulo Fonseca : Oui, c'est exact. De nombreux entraîneurs sont superstitieux. Certains ne changent pas de vêtements aussi longtemps qu'ils gagnent. Moi, je me limite aux chaussettes. Vous êtes né au Mozambique, le pays dont est originaire l'un des plus grands footballeurs que cette planète ait connu : Eusebio. Fonseca : Je n'avais qu'un an lorsque la guerre a contraint ma famille à émigrer au Portugal. J'aimerais retourner au Mozambique, avec mes parents, qui évoquent toujours cette période avec beaucoup de nostalgie. Je pourrais alors réellement me rendre compte à quoi ressemble le pays où je suis né. Jusqu'à présent, j'ai dû me contenter de photos. Vous avez émigré au Portugal pendant la fameuse révolution des oeillets qui a mis fin à la dictature en 1974. Avez-vous également un esprit révolutionnaire ? Fonseca : Oui. J'ai l'esprit ouvert. Au Portugal, après la dictature, j'ai grandi dans un pays libre. La liberté d'expression était largement répandue. Mes parents ont encore connu la dictature et me parlent souvent des difficultés qu'ils rencontraient à l'époque. A la suite d'un pari, vous vous êtes déguisé en Zorro après une victoire contre Manchester City. Pour quelle raison ? Fonseca : Le personnage de Zorro m'a toujours fasciné, car il combat l'injustice. Je proviens d'une famille modeste, même si je n'ai jamais manqué de rien. Mon père était ouvrier dans la métallurgie, ma mère était femme de ménage. Lorsque j'étais jeune, je portais le chapeau de Zorro et un masque. J'étais aussi passionné de chevaux, et voir cet homme enfourcher un cheval noir a fait travailler mon imagination. Quel genre de footballeur étiez-vous ? Et quel genre d'homme ? On dit que vos équipiers pouvaient toujours compter sur vous en cas de problème ? Fonseca : J'ai toujours aimé rigoler et mettre l'ambiance, mais l'éducation que j'ai reçue de mes parents m'a conduit à enfiler le brassard de capitaine dans toutes les catégories d'âge, car j'avais un sens prononcé des responsabilités. Mais j'aimerais préciser que l'entraîneur Fonseca est bien meilleur que ne l'était le footballeur Fonseca. Quelle était votre idole, comme joueur ? Fonseca : Je ne dis pas cela parce que je travaille en Italie, mais j'ai toujours beaucoup apprécié Paolo Maldini et, dans une moindre mesure le Brésilien Ricardo Gomes et le Portugais Fernando Couto. Et quel est votre modèle comme entraîneur ? Fonseca : Avant mes 27 ans, je n'ai jamais pensé devenir entraîneur. C'est alors que je me suis intéressé à la profession. Je me suis demandé pourquoi nous faisions certaines choses. Nous, les Portugais, avons été fortement influencés par José Mourinho. Il a été un modèle pour la plupart de mes compatriotes et, avec le professeur Vitor Frade, il était une référence pour les jeunes entraîneurs portugais. Pour le reste, tous les entraîneurs avec lesquels j'ai travaillé m'ont appris quelque chose, et plus particulièrement Jorge Jesus qui entraîne aujourd'hui Flamengo. Je citerais aussi Jean Paul, qui a découvert Ricardo Quaresma et Cristiano Ronaldo dans les jeunes du Sporting Lisbonne. Vous êtes arrivé à l'AS Rome dans une période délicate, après le départ de monuments comme Francesco Totti et Daniele De Rossi, alors que le propriétaire américain du club n'a plus mis les pieds à Rome depuis près de deux ans. Avez-vous ressenti ces choses-là ? Fonseca : J'ai surtout ressenti la passion des supporters. De Rossi était un joueur fantastisque, qui aurait fait merveille dans le football que je préconise s'il avait été au sommet de son art. Il est exact que James Pallotta n'est pas physiquement présent, mais je suis quotidiennement en contact avec lui. Aujourd'hui, il existe de nombreux clubs de football dont le propriétaire n'est pas physiquement présent. Ce n'est pas un problème. J'entends beaucoup de choses sur la vente du club, mais je ne suis pas du genre à imaginer tous les scénarios imaginables. On prétend que vous vous êtes montré très convaincant dans vos discussions au téléphone avec des joueurs susceptibles de venir renforcer l'AS Rome. Avez-vous également contacté un joueur qui n'est pas venu ? Fonseca : Non. Tous les joueurs que j'ai contacté sont venus. Je trouve très important d'informer les joueurs de ce que l'entraîneur pense d'eux, et de la manière dont il entend les intégrer à l'équipe. Et moi, j'aime savoir qu'un joueur est motivé à l'idée de travailler avec moi. Que manque-t-il à l'AS Rome pour lutter pour le titre ? Fonseca : Il ne faut pas aller trop vite en besogne. Nous venons à peine de commencer un nouveau projet. Je suis nouveau comme entraîneur, il y a un nouveau directeur sportif, de nombreux joueurs sont partis et beaucoup d'autres sont arrivés. Je suis content de ce que nous avons montré jusqu'à present, il ne faut pas créer une pression inutile. Avez-vous revu vos ambitions à la hausse, ces derniers mois ? Fonseca : Non. L'objectif reste de terminer parmi les quatre premiers, et donc de se qualifier pour la Ligue des Champions. Puis, moyennant les renforts nécessaires, d'essayer de gagner un trophée d'ici la fin de mon contrat ( qui court jusqu'en 2021, avec option pour une saison supplémentaire, ndlr). Vous êtes, paraît-il, un très bon batteur. Donnerez-vous un concert, le jour où l'AS Rome remportera un trophée ? Fonseca : Je me débrouille à la batterie mais de là à dire que je suis un crack, il y a de la marge. J'ai reçu une batterie du président du Shakhtar Donetsk et j'ai appris à en jouer en suivant des cours sur YouTube. Rien de plus. Peut-être, alors, un nouveau déguisement de Zorro ? Fonseca : Non, je préfère encore jouer de la batterie. Je me verrais bien jouer un morceau de U2, mais je devrais beaucoup m'entraîner pour réussir. La vie à Rome vous plaît-elle ? Fonseca : Je suis tombé amoureux de cette ville, et lorsqu'on est amoureux, on ne voit que les côtés positifs. J'aime sortir, et je n'habite pas loin de la Basilique Saint-Pierre et du Vatican. J'aime habiter dans le centre de la ville où je travaille, afin de mieux en ressentir l'ambiance. Allez-vous rester longtemps dans ce club ? Fonseca : Au-delà de l'amour que je porte à la ville, j'aimerais effectivement rester longtemps dans un club où je me sens bien, mais en football, ce sont les résultats qui décident.