C'est un véritable pavé dans la mare que le quotidien français L'Equipe a lancé en dévoilant des preuves de dopage contre l'Américain Lance Armstrong, victorieux du Tour de France à sept reprises. Les faits incriminés datent de 1999, lors du premier succès de l'Américain. Depuis décembre 2004, le laboratoire national de dépistage du dopage de Châtenay-Malabry, effectue une étude approfondie et rétroactive sur des échantillons d'urine datant de 1999 et 1998 et congelés depuis lors. A l'époque, l'EPO n'était pas encore détectable. Lors de cette étude, douze échantillons prélevés lors du Tour de France 1999, présentent des traces d'EPO, une hormone de synthèse qui permet une meilleure oxygénation musculaire et une amélioration des performances. Après une enquête minutieuse, L'Equipe a réussi à prouver - en comparant les numéros présents sur les échantillons et ceux des procès verbaux de c...

C'est un véritable pavé dans la mare que le quotidien français L'Equipe a lancé en dévoilant des preuves de dopage contre l'Américain Lance Armstrong, victorieux du Tour de France à sept reprises. Les faits incriminés datent de 1999, lors du premier succès de l'Américain. Depuis décembre 2004, le laboratoire national de dépistage du dopage de Châtenay-Malabry, effectue une étude approfondie et rétroactive sur des échantillons d'urine datant de 1999 et 1998 et congelés depuis lors. A l'époque, l'EPO n'était pas encore détectable. Lors de cette étude, douze échantillons prélevés lors du Tour de France 1999, présentent des traces d'EPO, une hormone de synthèse qui permet une meilleure oxygénation musculaire et une amélioration des performances. Après une enquête minutieuse, L'Equipe a réussi à prouver - en comparant les numéros présents sur les échantillons et ceux des procès verbaux de contrôle de Lance Armstrong - que six des échantillons incriminés, prélevés lors de six étapes différentes de cette édition 1999, appartenaient au septuple vainqueur de la Grande Boucle. Pourtant cette découverte pose énormément de questions. En 1999, le test EPO n'existait pas et les coureurs n'avaient aucune raison de masquer cette prise d'hormone. Il leur suffisait d'éviter les erreurs de l'affaire Festina qui avait éclaté un an auparavant et de ne pas se faire prendre en flagrant délit de possession de produits dopants. L'EPO ne fut détectable qu'à partir des Jeux Olympiques de Sydney. Lors de sa première victoire, Armstrong n'avait été inquiété qu'à une reprise, le 4 juillet, lorsqu'il avait été déclaré positif aux corticoïdes. A l'époque, le Texan et son équipe s'en étaient sortis en expliquant qu'Armstrong avait utilisé de la Cemalyt, une pommade soignante. " Les corticoïdes sont décelables chez les chevaux depuis 1985. Je sais de source sûre que le laboratoire équin avait analysé les urines des participants du Tour 1997 et que l'on trouvait à la fin de l'épreuve près de 80 % des coureurs positifs aux corticoïdes mais cette étude, contrairement à celle qui vient d'être effectuée sur l'EPO, n'a jamais été rendue publique et personne ne fut sanctionné ", dit le Dr Jean-Pierre De Mondenard, spécialisé dans la question du dopage. D'après le directeur du centre de Châtenay-Malabry, Jacques de Ceaurriz, la validité ne fait aucun doute : " Dans un tel échantillon, soit l'EPO se dégrade et devient indétectable, soit la protéine reste en état ". Certains médecins n'ont pas hésité à abonder dans le même sens en expliquant qu'il existait pourtant certaines lointaines possibilités de fausse interprétation. " Dans certaines urines, vraisemblablement à cause de la présence en abondance de bactéries, l'EPO physiologique subit une modification, qui, lors du test peut conduire à une erreur d'interprétation. Il est possible d'imaginer qu'à la suite d'une mauvaise conservation, de telles bactéries présentes dans l'urine prolifèrent et modifient l'EPO physiologique. Mais une conservation à - 20 ° rend peu probable la prolifération de tels organismes ", analysait dans plusieurs quotidiens français Michel Audran, professeur spécialiste dans les questions de dopage. " En 2000, l'UCI a inscrit dans son règlement que le congélateur devenait une arme pour lutter contre le dopage et qu'un troisième flacon devait être prélevé pour le congélateur et pour effectuer des contrôles rétroactifs. Il ne faut donc pas s'étonner qu'enfin, on utilise cette technique ", renchérit De Mondenard. Ces tests ont été effectués dans le cadre d'une analyse. L'année 1998 est également concernée (40 échantillons seraient positifs pour ce Tour). Le caractère expérimental et le fait qu'il n'existe aucune possibilité de contre-expertise puisque les échantillons B ont été descellés plaident en faveur de l'Américain. De plus, l'Agence Mondiale Antidopage (AMA) ne peut poursuivre le coureur car, en 1999, elle n'existait pas encore. Cependant, quatre autres organes peuvent saisir la justice : l'UCI, la fédération américaine de cyclisme, l'USADA (agence américaine antidopage) et le ministère français des Sports, même si Jean-François Lamour, a déjà fait savoir que ce serait difficile de confirmer les propos de l'Equipe. La presse américaine s'est montrée très timide. Lance Armstrong a, pour sa part, réagi en déclarant sur son site " la chasse aux sorcières continue. Et l'article n'est rien d'autre que du journalisme à scandale ". Le champion américain base sa défense sur le fait que durant six ans, aucun échantillon A et B n'a recelé quelconque trace d'EPO. Un sondage effectué par la chaîne ESPN indique que 72 % des Américains ne croient pas leur champion coupable. Stéphane Vande Velde" 72 % des Américains NE CROIENT PAS leur champion COUPABLE "