La carrière de Mido a été marquée par de nombreux soubresauts. Ilavait débarqué à Gand en l'an 2000. A 17 ans, il était alors considéré, en Egypte, comme un grand espoir. Son talent avait rapidement conquis le coeur des Buffalos. Un an et onze buts plus tard, il prenait la direction de l'Ajax Amsterdam, où il allait former un duo explosif (sur le terrain et en dehors) avec Zlatan Ibrahimovic. Mais après une énième incartade, l'entraîneur en place, Ronald Koeman, l'écartait du noyau A.
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La carrière de Mido a été marquée par de nombreux soubresauts. Ilavait débarqué à Gand en l'an 2000. A 17 ans, il était alors considéré, en Egypte, comme un grand espoir. Son talent avait rapidement conquis le coeur des Buffalos. Un an et onze buts plus tard, il prenait la direction de l'Ajax Amsterdam, où il allait former un duo explosif (sur le terrain et en dehors) avec Zlatan Ibrahimovic. Mais après une énième incartade, l'entraîneur en place, Ronald Koeman, l'écartait du noyau A. Ce fut, pour lui, le début d'une véritable odyssée à travers l'Europe : Celta Vigo, Marseille, AS Rome, Tottenham, Middlesbrough, Wigan, Zamalek, West Ham, retour à l'Ajax, Barnsley. L'attaquant égyptien ne restait jamais plus de deux ans dans un seul et même club. A trente ans, constatant qu'il n'avait plus le feu sacré, il mettait un terme à sa carrière. Mais après trois ans, Mido sort de sa retraite et revient en Belgique, le pays où sa carrière internationale a commencé et qui doit lui servir de tremplin à une carrière d'entraîneur. Son ami de longue date Maged Samy, président du Lierse, lui a offert une fonction de conseiller technique. Nous sommes mercredi matin et le Lierse est en pleine préparation. Le rendez-vous a été fixé à 11 heures au terrain d'entraînement du Pulderbos et Mido arrive pile à l'heure. Il est plus convivial, plus pragmatique. Moins affûté physiquement, aussi. Il préfère qu'on ne fasse pas de séance photos à l'extérieur et qu'on se contente d'images prises à table pendant l'entretien. Pragmatique ou pas, il a conservé la fierté d'un pharaon. " J'ai toujours suivi ce qui se passait en Belgique mais, honnêtement, je n'aurais jamais imaginé que le football de ce pays puisse atteindre un tel niveau ", dit-il d'emblée. " Peu de pays peuvent se targuer de réunir autant de bons joueurs au sein d'une même génération. Ce n'est plus de la chance, cela signifie que le niveau de la formation et des entraîneurs de jeunes est plus relevé. C'est pour cela que j'estime qu'un retour en Belgique peut faire du bien à ma carrière. Je possède déjà les licences UEFA C et B. L'an prochain, je veux obtenir la A. En attendant, je peux apprendre mon métier ici. " MIDO : Ma tâche pour la télévision arabe consiste à suivre les championnats italien et français. Je vais régulièrement voir des matches au stade, notamment en Ligue des Champions. Les studios sont à Doha, où ma famille habite. Nous sommes très heureux au Qatar, un pays formidable. C'est pourquoi, selon l'accord passé avec Samy, je ne serai que de temps en temps en Belgique, en fonction des périodes. J'y serai notamment pour les premiers matches de championnat. MIDO : Il n'est pas nécessaire d'être toujours présent physiquement pour réaliser de bonnes choses. Maged sera d'ailleurs bien plus souvent là la saison prochaine car il veut vraiment remonter au plus haut niveau. MIDO : Je n'ai pas l'intention de me mêler du coaching. C'est le domaine d'EricVanMeir. Si Maged m'a amené ici, c'est pour mettre certaines structures en place. A Zamalek, je n'étais pas qu'un coach, j'étais également responsable du centre de formation. Grâce à mes contacts et à mon réseau, je peux mettre en place des collaborations qui serviront au Lierse. Avec Gand, par exemple, car j'entretiens encore de très bonnes relations avec MichelLouwagie. Je suis très heureux de constater que le club se porte bien car Michel a toujours fourni de l'excellent travail. Et il est possible que, grâce à mon transfert à l'Ajax, j'aie un peu contribué au revival du club (il rit). MIDO : Non, il n'en a jamais été question. Mais j'ai été heureux qu'il m'approche pour cette fonction. Le Lierse doit non seulement retrouver la D1 dès la saison prochaine, il doit également pouvoir y jouer un rôle significatif. Nous sommes sur le bon chemin, notre noyau était constitué à 95 % au moment de la reprise, ce qui est un atout. La saison dernière, le Lierse avait de bons joueurs mais manquait d'expérience. Dans cette série, il faut de vrais hommes. Si j'ai progressé à Gand, à l'époque, c'est parce que j'étais entouré de Frédéric Herpoel, Vital Borkelmans, Jacky Peeters, Gunther Schepens... MIDO : Croyez-moi, j'écoutais tout le monde. Surtout lorsque j'avais l'impression de pouvoir apprendre quelque chose. Mais évidemment, j'avais mon caractère, je voulais jouer comme je pensais qu'il fallait le faire. Beaucoup d'entraîneurs commettent cette erreur également : ils veulent mettre tous les joueurs sur le même pied ou les traiter de la même façon mais chacun est différent. Il faut permettre aux jeunes d'affirmer leur personnalité. Ils doivent pouvoir commettre des erreurs ou dire leur façon de penser. Ce n'est que comme ça qu'ils apprennent à gérer la pression. Car de la pression, il y en a : quand on est blessé, quand on est écarté, quand on ne répond pas à l'attente. On ne peut pas traiter un ado venu d'Egypte de la même façon qu'un gamin qui a grandi en Belgique. MIDO : Tout à fait. Tout était différent pour moi. Si j'ai survécu, c'est parce que j'avais du caractère. Un peu trop, même, parfois. MIDO : C'est tout à fait exact. A 16 ans, je jouais devant 50.000 personnes. Pourtant, je n'étais jamais stressé, je ne ressentais aucune pression. On me considérait comme une star mais, quand je suis arrivé ici, on m'a traité comme un nobody. Surtout à l'Ajax. A cet âge, c'était très difficile à comprendre. Mais ne vous y trompez pas, j'étais très motivé. Si je ne m'étais pas accroché, je serais rapidement retourné en Egypte. MIDO : Les championnats belge et hollandais sont les meilleurs pour permettre à un jeune d'évoluer. Ici, on vous laisse une chance, on vous apprend les bases. Ce n'est pas toujours le cas dans d'autres pays. Par contre, en ce qui concerne l'intensité, rien ne vaut l'Angleterre : les stades, l'ambiance... MIDO : Oui, parce que je n'y avais pas encore joué (il rit). Sur le plan footballistique, ce fut une très belle expérience. J'ai joué à l'AS Rome, un bon club, et j'étais entouré par de grands joueurs. Mais en dehors du terrain, tout était très politisé et j'étais encore un peu jeune pour gérer tout cela. MIDO : Francesco Totti, un joueur et un capitaine fantastiques. Sa mentalité de gagneur, sa vista, son sens du but... Phénoménal. MIDO : Ronald Koeman, Luciano Spalletti, Martin Jol... Tous étaient très différents mais ils m'ont tous appris quelque chose. MIDO : Ça a en effet souvent pété entre nous mais c'était dû à ce que je vous ai raconté tout à l'heure : il voulait me traiter comme les Hollandais. Cela ne fonctionnait pas. J'étais encore jeune mais Koeman n'avait pas autant d'expérience que maintenant non plus. Il appréhenderait sans doute la situation d'une autre façon aujourd'hui. MIDO : Probablement pas (il rit de bon coeur). Je ne regrette jamais le passé. Je me dis que j'aurais sans doute pu avoir une plus belle carrière car j'avais du talent mais je suis aussi très heureux d'avoir pu découvrir autant de pays et de cultures différentes. Cela m'a rendu meilleur et m'a enrichi sur le plan humain. J'ai trois enfants, je suis devenu entraîneur, j'ai de l'ambition et on m'apprécie comme consultant. Tout cela, c'est grâce aux différentes expériences que j'ai vécues. MIDO : Les gens ont une mauvaise image de moi. Je vivais réellement pour le sport, je ne pense pas avoir fait un jour quelque chose qui nuise à mes prestations. Je trouve qu'à ce sujet, on n'a pas toujours été correct avec moi. Quand on a du caractère comme moi, comme Zlatan Ibrahimovic ou comme JoséMourinho, on ne se fait pas que des amis. C'est la vie. MIDO : (il sourit) Oui, oui. Tous les joueurs de La Gantoise s'y rendaient après le match. Mais je n'y allais que quand nous en avions l'autorisation. MIDO : On ne pouvait pas vraiment nous comparer. J'étais un véritable numéro 9, un buteur. J'avais également mûri plus vite que lui. Il pointait seulement le bout du nez. Mais il a travaillé dur. S'il est arrivé aussi loin, c'est parce qu'il n'a autorisé personne à changer sa personnalité. Il n'en a jamais fait qu'à sa tête. MIDO : C'est vrai que, quand il se disputait avec quelqu'un, il était capable de laisser retomber le soufflé. Moi pas. Je fonçais et j'en remettais une couche. Je ne crois pas que les gens puissent changer du tout au tout mais je pense tout de même me comporter autrement à présent, même si je dis toujours ma façon de penser. MIDO : (évasif) Non, on s'aimait bien. Nous sommes d'ailleurs toujours restés en contact. Les gens disent qu'il est arrogant mais il ne l'est pas, il est juste sûr de lui. C'est ce qui lui a permis de faire une aussi belle carrière. MIDO : En 2011, je suis retourné en Egypte pour rendre un souffle nouveau à ma carrière mais malheureusement, c'est à ce moment qu'a éclaté la révolution. Le championnat était à l'arrêt et j'ai choisi de partir à Barnsley parce que ce n'était pas très loin de Londres, où j'ai une maison. Le retour en Europe fut difficile et j'ai été blessé. J'aurais pu continuer à jouer dans des divisions inférieures mais je n'en avais pas envie. Et puis, je pensais de plus en plus à ma reconversion. Deux ans avant d'arrêter, je faisais déjà des analyses pour la télévision. Je m'étais aussi inscrit au cours d'entraîneur de la fédération égyptienne. Trois ans plus tard, je suis fier de pouvoir dire que j'ai déjà coaché Zamalek, l'un des plus grands clubs d'Afrique et premier vainqueur égyptien d'une coupe. MIDO : (Il regarde par la fenêtre l'équipe du Lierse qui s'entraîne) Si, bien sûr. J'ai gardé une âme d'enfant mais je n'ai eu aucune peine à décider d'arrêter. J'étais prêt. Il ne faut pas oublier que je suis devenu professionnel à l'âge de 16 ans. J'ai toujours su que je ne jouerais pas jusqu'à 35 ans. J'avais toujours dit à ma famille et à mes équipiers que j'arrêterais à 30 ans. Je dois admettre que j'aime beaucoup entraîner. C'est bête à dire mais j'aurais voulu être aussi passionné par le football lorsque j'étais jeune que maintenant. Avant, tout me semblait normal, je ne jouais que sur mon talent. PAR MATTHIAS STOCKMANS - PHOTOS BELGAIMAGE" Grâce à mes relations, je peux établir des accords de collaboration qui seront profitables au Lierse. " MIDO " J'ai pas mal bourlingué mais je ne regrette rien. " MIDO