Sociétaire du FC Antwerp depuis le début de la saison, Hussein Abdulrahman (19 ans) n'est plus, aujourd'hui, le seul footballeur qatari parmi notre élite footballistique. Depuis peu, le médian droit du Great Old a été rejoint en Belgique, et à l'AEC Mons plus particulièrement, par son compagnon d'âge Bilal Abdulaman lors du récent mercato d'hiver. Le premier a été cédé par Manchester United sur base locative aux Anversois, dans le cadre de l'accord de coopération qui lie les deux clubs, le second a abouti dans des conditions somme toute analogues au stade Tondreau. A cette nuance près que c'est le PSG, qui a fait office de prêteur, comme il en avait déjà été auparavant, au cours de cette même campagne, avec deux autres joueurs qui militent chez les Rouge et Blanc: Rabiu Baita et Keith Kelly.
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Sociétaire du FC Antwerp depuis le début de la saison, Hussein Abdulrahman (19 ans) n'est plus, aujourd'hui, le seul footballeur qatari parmi notre élite footballistique. Depuis peu, le médian droit du Great Old a été rejoint en Belgique, et à l'AEC Mons plus particulièrement, par son compagnon d'âge Bilal Abdulaman lors du récent mercato d'hiver. Le premier a été cédé par Manchester United sur base locative aux Anversois, dans le cadre de l'accord de coopération qui lie les deux clubs, le second a abouti dans des conditions somme toute analogues au stade Tondreau. A cette nuance près que c'est le PSG, qui a fait office de prêteur, comme il en avait déjà été auparavant, au cours de cette même campagne, avec deux autres joueurs qui militent chez les Rouge et Blanc: Rabiu Baita et Keith Kelly. "Au total, nous sommes trois jeunes garçons, originaires du Golfe Persique, à avoir tenté l'aventure professionnelle en Europe, puisqu'un autre Qatari, Mishal Budawood, milite actuellement à Feyenoord", observe la dernière recrue de l' Albert. "Ce n'est pas un hasard si nous avons abouti respectivement en Angleterre, aux Pays-Bas, et en France. Il en va là, tout bonnement, des pays d'origine ou des lieux de travail de ceux qui nous ont encadrés jadis. Il y a une dizaine d'années, mes copains de promotion et moi-même avons été confiés pour la toute première fois à un coach étranger. C'était le réputé Wiel Coerver, ex-façonneur de grands talents à l'Ajax. A son initiative, Hussein Abdulrahman fut le premier à être convié à un test. Son point de chute, comme bien l'on pense, fut Amsterdam. Mais il s'y fit gentiment éconduire, sous prétexte qu'il était trop petit et fluet. Le successeur de l'entraîneur néerlandais, son compatriote René Meulensteen, avait à la fois ses entrées en Hollande et en Angleterre, puisqu'en tant que technicien étranger, il occupa à un moment donné un poste de Development Coach chez les Red Devils Grâce à sa double casquette, c'est lui qui fut à l'origine du passage de mes deux compères à Old Trafford et au Kuip. En ce qui concerne ma propre trajectoire, celle-ci a ni plus ni moins été orientée par les deux mentors qui ont pris la relève du duo précité: Alex Dupont, l'ancien homme fort de Sedan et responsable de la sélection olympique qatarie aujourd'hui, et Pierre Lechantre, un Français lui aussi, qui dirige actuellement la sélection nationale de mon pays. C'est par leur intermédiaire que j'ai abouti au PSG et il n'est pas interdit de penser qu'un autre espoir suivra sous peu le mouvement: Wissam Rizq, le capitaine de cette formation, qui est courtisé momentanément par le Racing Lens". Abedi Pelé, le précurseurNé dans la capitale, Doha, le 14 novembre 1983, Bilal Abdulaman est le plus jeune enfant d'une famille résolument portée sur le sport. Son père et son oncle excipent tous deux d'un passé de footballeur, fût-ce à un modeste échelon. Quant à ses trois frères, ils le précédèrent dans les rangs d'Alsaad, le club-phare du pays, vainqueur notamment de la Coupe d'Asie des Clubs Champions et multiple récipiendaire de la Coupe de l'Emir, la plus importante compétition locale qui réunit chaque année les dix formations les plus huppées du pays. Inscrit dès l'âge de six ans, le cadet de la famille fit toutes ses classes là-bas avant de débuter en Première une demi-douzaine d'années plus tard. En même temps, il collectionna tour à tour les sélections en équipes d'âge, chez les Olympiques ainsi qu'en formation représentative A où il totalise 14 sélections jusqu'ici."Sous l'impulsion des coaches étrangers qui se sont relayés aussi bien à la tête des jeunes que des seniors, le football qatari a pris une toute nouvelle dimension", précise le néo-Montois. "Auparavant, cette discipline, à l'image de toutes les autres activités sportives, était essentiellement pratiquée et vécue en vase clos. C'est la raison pour laquelle, dans des compétitions d'envergure, les représentants de mon pays ne faisaient pour ainsi dire jamais le poids face à d'autres nations très proches, comme l'Arabie Saoudite et le Koweït, qui n'hésitaient pas, de leur côté, à multiplier les stages à l'étranger et à attirer des spécialistes afin de se bonifier. Au moment de la prise de pouvoir de l'Emir Sheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani, au début des années '90, le nouveau souverain s'empressa d'imiter cet exemple, en faisant appel lui aussi à de la main d'oeuvre étrangère. Dans le domaine du football, le génial Ghanéen Abedi Pelé fut la première vedette à débarquer chez nous. D'autres noms prestigieux ont suivi le mouvement depuis lors, les derniers en date étant l'actuel Lensois John Utaka et le Franco-Algérien Ali Benarbia qui, avant de se lier à Manchester City, fit un détour par Doha lui aussi. Au niveau du blé en herbe, nous avons multiplié les séjours en Europe durant cette même période. Personnellement, j'ai effectué en l'espace d'une dizaine d'années pas moins de 20 stages à l'étranger, dont 13 en France. Voilà pourquoi, au moment de débarquer en Belgique, des mots comme bonjour, bonsoir et merci m'étaient déjà familiers (il rit). A présent que l'immersion sera totale, j'augmenterai sans doute de manière sensible mon vocabulaire. Pour le moment, ma seule bouée de sauvetage est l'anglais, qui est la deuxième langue nationale après l'arabe. Je me tire d'autant plus facilement d'affaire à Mons que pas mal de gens comprennent et parlent anglais. Il est vrai que le SHAPE n'est pas loin". Pur gaucher, et pourvu d'une belle technique, Bilal Abdulaman a toujours joué à la place de milieu offensif, sur ce flanc, ou comme attaquant en retrait. Davantage pourvoyeur de bons ballons que véritable finisseur, il n'en présente pas moins cette rare particularité de toujours scorer dans les grandes circonstances. Son meilleur souvenir remonte à la Coupe du Monde des moins de 17 ans, en 1999. Versé dans une poule avec le Paraguay, le Burkina Faso et la Jamaïque, il inscrivit un but d'anthologie face aux Reggae Boyz, emmenés d'ailleurs par un certain Keith Kelly qu'il retrouve aujourd'hui, comme par enchantement, chez les Dragons. Eliminé en quarts par l'Australie, futur finaliste de l'épreuve face au Brésil, le numéro 11 du Qatar eut droit à une magnifique consolation en étant sacré meilleur jeune joueur asiatique de l'année. Sa plus belle récompense individuelle jusqu'ici. Jeux asiatiques en 2006"Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu devenir joueur professionnel", dit-il. "A force de multiplier les camps d'entraînement en France, il va sans dire que le modèle à suivre, pour moi, est précisément un footballeur de ce pays: Zinedine Zidane. Je suis tellement dingue de lui qu'au Qatar, tout le monde m'a d'ores et déjà surnommé Zizou. Là s'arrêtent les comparaisons, évidemment, car par rapport à ce génie du football, j'ai encore tout à apprendre. J'en ai d'ailleurs eu un petit aperçu récemment, puisque avant de prendre la direction de Mons, j'ai eu l'occasion de m'entraîner à deux reprises avec le noyau du PSG. J'ai été vraiment édifié en ces circonstances, car je me suis rendu compte que je n'étais rien en regard d'un joueur comme Ronaldinho par exemple. Ce qu'il est capable de faire avec un ballon frise l'inimaginable! Tout ne fut cependant pas négatif pour moi au Camp des Loges. En voyant le petit Brésilien à l'oeuvre, j'ai réalisé qu'il y avait quand même de l'avenir, dans le monde du football, pour des pocket-players comme lui et moi -NDLA- il mesure 1m68. Car c'était là ma hantise au pays: vu mon petit gabarit et mon poids plume, je me suis souvent demandé s'il y avait un avenir pour moi sur un terrain. Alex Dupont et Pierre Lechantre auront été les premiers à dissiper les doutes, arguant qu'un Javier Saviola n'est pas un monstre non plus, ce qui ne l'empêche pas d'être l'une des figures de proue du FC Barcelone. Et autrefois, il en était déjà allé de la même manière pour une autre figure légendaire du Barça: Romario. Je veux m'inspirer de leur exemple pour tenter de faire carrière moi aussi". Loué jusqu'à la fin de cette saison par le club sangermanois à l' Albert, Bilal Abdulaman espère obtenir le plus de temps de jeu possible sur un flanc où ses rivaux directs ont pour noms Dieudonné Londo et le revenant Olivier Baudry. En fonction de ses états de service et de sa progression, son employeur décidera ou non de le faire mûrir une saison supplémentaire, voire davantage encore à Mons. Une chose est sûre: le nouveau venu est à la fois satisfait de son nouveau port d'attache et heureux aussi de pouvoir s'étoffer au contact du football belge. Il mesure fort bien que le jeu anglais, diffusé régulièrement par la fameuse chaîne Al Jazeera, implantée au Qatar , n'est pas vraiment faite pour lui. Et dans ce même ordre d'idées, le garçon n'est pas mécontent non plus d'avoir loupé un premier test à Bochum, dans une Bundesliga beaucoup trop physique pour lui aussi. "Le championnat de Belgique me paraît un terrain d'expression idéal", estime-t-il. "Hussein Abdulrahman m'en avait déjà avisé avant mon arrivée et, pour avoir vu aussi bien mes partenaires à l'oeuvre que le match GBA-Antwerp, en coupe, je pense que le choix du PSG fut judicieux. Il m'incombe de me bonifier à présent afin d'être bon pour le service dans trois ans. C'est en 2006 qu'auront lieu pour la première fois, au Qatar, les Jeux Asiatiques. Et en tant que pays organisateur, l'objectif sera d'y remporter le plus de médailles possibles. Notamment, à l'occasion du tournoi de football organisé dans le cadre de cette compétition. Je sais ce qu'il me reste à faire pour y parvenir".Bruno Govers"La Belgique me semble un terrain d'expression idéal"